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Atlas Culinaire · Chine · Asie
L'entrée froide d'apparat de la cuisine benbang — trois juliennes ultrafines de poulet, jambon et pousses de bambou soigneusement disposées dans un moule, cuites vapeur puis démoulées en tour élégante nappée d'un bouillon limpide, exigeant 6 ans d'apprentissage du couteau au format professionnel.
Le Kou San Si (扣三丝) concentre TROIS controverses majeures de la cuisine benbang de Shanghai. ORIGINE ET APPARTENANCE : selon Baidu Baike et le Shanghai Daily, le plat est né dans la cuisine Huaiyang (淮扬菜) du nord du Jiangsu avant d'être adopté et codifié à Shanghai, notamment par les cuisiniers des "Shovel Gangs" (铲刀帮) de Sanlin et Linjiang en Pudong — dont l'héritage constitue l'âme même de la cuisine benbang (本帮菜, 本帮 signifiant "locale/native"). La paternité Shanghai vs Huaiyang est régulièrement débattue : pour le chef Li Borong (李伯荣, Maître du Shanghai Old Restaurant 上海老饭店), le plat est FONDAMENTALEMENT benbang, standardisé par le Dexing Guan (德兴馆, fondé 1883) et perfectionné au Shanghai Old Restaurant dans les années 1980. Pour les puristes jiangsu, il reste un hommage au couteau Huaiyang. TECHNIQUE DU COUTEAU ET NOMBRE DE FILS : la controverse centrale porte sur le standard de découpe. Li Borong a imposé en 1983 (lors du 1er Concours National des Maîtres Cuisiniers, 首届全国烹饪名师技术表演鉴定会) la règle des "横劈36刀, 竖切72刀" — 36 coupes horizontales et 72 coupes verticales par bloc d'ingrédient — donnant exactement 1 999 fils pour une portion. Ce chiffre symbolique (1999 = prospérité, le chiffre pair 2000 étant de mauvais augure) est aujourd'hui l'étalon officiel du Sanlin Benbang Guan (三林本帮馆), où le plat se commande sur autorisation (budget minimum 1 200 RMB). Mais la version domestique se contente de 200 à 500 fils — acceptable pour les puristes modérés, insuffisant pour les gardiens de l'orthodoxie. INGRÉDIENTS ET VARIANTES : la triade classique jambon de Jinhua (金华火腿) / poulet cuit (熟鸡脯) / pousses de bambou d'hiver (冬笋) fait l'unanimité. La controverse porte sur l'ajout ou non de porc effiloché (肉丝) pour "remplir" la tour — indispensable selon les restaurateurs (tenue de la tour), tricherie selon les puristes du minimalisme tricolore. Autre point chaud : certaines versions contemporaines substituent le tofu de soie à la viande de porc (tendance végane Shanghai), ce que rejette catégoriquement la vieille garde du Xingjia Lou (杏花楼) et de l'Old Jesse (老吉士). Sources : Baidu Baike 扣三丝, Shanghai Daily Shine.cn, m.xinminweekly.com.cn, bilibili.com Li Borong 1983, one-dragon-restaurant.com.
Entrée vapeur froide servie en début de banquet formel — accord tradition : thé Longjing de printemps (龙井茶, Hangzhou) dans sa tasse en céramique céladon, dont les notes végétales fraîches et la légère astringence contrastent avec l'umami salin de la tour. Accord festif Shanghai : Shaoxing Hua Diao vieux (绍兴花雕酒) tiédi à 40°C pour les banquets d'apparat. Bière : Snow Beer (雪花啤酒) fraîche pour un déjeuner de famille plus décontracté. À éviter : vins rouges taniques qui écrasent la finesse claire du bouillon.
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Placer la poitrine de poulet dans un panier vapeur avec 3 tranches de gingembre et 15 ml de vin Shaoxing. Cuire à la vapeur à feu vif 15 minutes jusqu'à ce qu'une aiguille piquée au cœur ressorte propre. Simultanément, placer le jambon de Jinhua dans un bol résistant à la vapeur avec 10 ml de vin Shaoxing et 15 ml d'eau. Cuire à la vapeur 20 minutes pour l'attendrir légèrement. Transférer les deux viandes sur une assiette, laisser refroidir à température ambiante 15 minutes, puis réfrigérer 30 minutes minimum — les chairs froides et fermes se couperont proprement en julienne fine.
Porter une casserole d'eau salée à ébullition. Plonger les pousses de bambou entières 5 minutes, puis transférer en eau glacée 5 minutes — ce choc thermique élimine l'amertume résiduelle et raffermit la chair. Égoutter et réfrigérer. Simultanément, réhydrater le champignon shiitake séché dans 150 ml d'eau tiède pendant 30 minutes minimum. Réserver l'eau de réhydratation (parfumée, à incorporer au bouillon). Retirer la tige du champignon réhydraté.
C'est le cœur technique du plat — compter 45 à 60 minutes pour un cuisinier entraîné, le double pour un débutant. Travailler sur une planche propre et sèche avec un couteau à lame rectangulaire bien aiguisé. Pour chaque ingrédient : couper en tranches de 1,5 mm d'épaisseur, puis empiler délicatement 3 à 4 tranches et couper en fils de 1,5 mm de large et 6 à 7 cm de long. Les fils doivent être d'une longueur et d'une épaisseur rigoureusement identiques — un outil de mesure ou un gabarit est bienvenu. Séparer chaque julienne dans trois bols distincts.
Utiliser un moule conique en porcelaine d'environ 8 cm de diamètre et 7 cm de hauteur, percé d'un trou de 3 mm au centre du fond. Placer le champignon shiitake côté foncé vers le bas au fond du moule — c'est le futur chapeau. Avec une pince à sushis ou les doigts, disposer verticalement le long des parois internes du moule, en alternant les couleurs : une rangée de jambon (rouge-orange), une rangée de bambou (ivoire), une rangée de poulet (blanc). Répéter sur toute la hauteur. Tasser le centre avec les fils de porc effiloché en pressant doucement. L'ensemble doit être ferme mais non compressé.
Placer le moule rempli dans un panier vapeur, ajouter 15 ml de bouillon de poulet par-dessus les fils pour pré-humidifier. Cuire à la vapeur à feu moyen (vapeur régulière, non agressive) pendant 10 à 12 minutes. La vapeur va cuire les fils et les souder en une tour cohérente. Pendant ce temps, porter le bouillon filtré à frémissement dans une petite casserole, ajouter l'eau de réhydratation du champignon, ajuster sel et sucre. Filtrer à travers une étamine pour une limpidité parfaite. Conserver chaud.
la tour est révélée — Laisser reposer le moule hors vapeur 2 minutes avant de démouler. Placer un bol de service creux (idéalement transparent ou blanc pour révéler les couleurs) renversé face au dessus du moule. D'un geste ferme et rapide, retourner l'ensemble moule + bol. La tour se dépose dans le bol. Maintenir le moule en position renversée. Verser délicatement 80 à 100 ml de bouillon chaud par le TROU situé désormais en haut — le bouillon descend lentement le long des parois internes du moule, humidifiant les fils de l'intérieur, puis coule autour de la tour dans le bol. Retirer délicatement le moule avec un léger mouvement de rotation.
La tour est maintenant visible dans le bol. Verser délicatement le reste du bouillon chaud autour de la tour (pas dessus) jusqu'à hauteur de 2 cm — la tour doit émerger du bouillon comme une île élégante. Vérifier l'assaisonnement du bouillon : il doit être légèrement salé, umami, avec un parfum discret de vin et de gingembre. Poser une feuille de pak choï (菜心) ou d'épinard blanchi sur le côté pour la touche de couleur verte et une dimension végétale rafraîchissante.
Apporter le bol sur la table immédiatement — le spectacle visuel de la tour colorée dans le bouillon limpide est l'effet recherché. Au service : chaque convive prend délicatement quelques fils de chaque couleur avec ses baguettes, en les trempant dans le bouillon du bol. L'expérience gustative est de contraster les trois textures : la tendresse umami du poulet, la fermeté saline du jambon, le croquant légèrement sucré du bambou. Le champignon chapeau se partage en dernier, à l'honneur du convive principal selon la tradition de table jiangnan.
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Sourcer ou se taire
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