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Atlas Culinaire · Irak · Asie
Pois chiches fondants dans leur bouillon citronné, réconfort hivernal servi brûlant au gobelet dans les ruelles de Bagdad
Maryam Ibraheem, du blog irakien Maryam's Culinary Wonders, insiste sur la simplicité désarmante du lablabi bagdadi, au point qu'une lectrice d'Erbil s'est dite surprise qu'une liste d'ingrédients aussi minimale puisse donner un goût aussi complexe. La confusion règne avec le lablabi tunisien, homonyme mais tout autre plat, servi sur du pain rassis avec harissa et œuf poché comme le rappelle The Mediterranean Dish, là où l'irakien reste un pur bouillon de pois chiches. Le débat local porte sur l'assaisonnement laissé au client, qui compose lui-même son gobelet au citron, au poivre, au sumac ou à la sauce piquante, chaque vendeur ambulant d'Adhamiyah ayant sa version.
Se boit seul, brûlant, au gobelet ; on l'accompagne parfois d'un morceau de samoun pour saucer le bouillon.
Réconfort d'hiver vendu au gobelet par les marchands ambulants dans les rues passantes de Bagdad, notamment le quartier d'Adhamiyah, autrefois pour quelques fils la portion.
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Trempage — Tremper les pois chiches — La veille, couvrez largement les pois chiches d'eau froide avec le bicarbonate et laissez gonfler douze à vingt-quatre heures. Ce trempage long est ce qui permet une cuisson homogène et un cœur fondant plutôt que farineux. Les grains doivent avoir doublé et céder sous une légère pression ; s'ils sont encore ridés et durs, prolongez, car un pois chiche mal réhydraté ne s'attendrira jamais vraiment.
Le pourquoiLe trempage long et le bicarbonate garantissent un cœur fondant.
Cuisson — Cuire et écumer — Égouttez, couvrez d'eau fraîche et portez à ébullition en écumant soigneusement la mousse grise qui remonte. Cette écume ôtée donne un bouillon clair et digeste, tandis que l'ébullition initiale vive amorce l'attendrissement. Le bouillon doit rester frémissant et limpide ; s'il bout trop fort, les pois éclatent et troublent le liquide, baissez alors le feu.
Le pourquoiL'écumage clarifie le bouillon et le rend plus léger.
Cuisson — Mijoter à couvert — Couvrez et laissez frémir à feu doux une bonne heure jusqu'à ce que les pois soient parfaitement fondants. La cuisson lente et longue fait fondre l'intérieur tout en gardant le grain entier dans son bouillon parfumé. Un pois doit s'écraser sans effort entre deux doigts ; s'il résiste encore, poursuivez plutôt que d'augmenter le feu, qui les ferait éclater sans les cuire à cœur.
Le pourquoiLe mijotage doux fond l'intérieur sans défaire le grain.
Assaisonnement — Saler en fin de cuisson — Salez seulement lorsque les pois sont tendres, puis rectifiez le bouillon. Le sel ajouté trop tôt raffermit la peau et rallonge la cuisson, c'est pourquoi on le réserve pour la fin. Goûtez : le bouillon doit être franc et légèrement salé ; s'il est fade, c'est normal, l'essentiel de l'assaisonnement se fera au gobelet par le convive.
Le pourquoiSaler tard évite de durcir la peau des pois chiches.
Service — Servir au gobelet brûlant — Louchez pois et bouillon fumant dans un gobelet ou un bol épais, comme le font les vendeurs ambulants d'Adhamiyah en plein hiver. La chaleur du bouillon est tout l'intérêt du plat, réconfort des matins et des soirs froids de Bagdad. Servez sans attendre, dès la louche ; un lablabi tiédi perd son âme, on le maintient chaud sur le feu jusqu'à la dernière portion.
Le pourquoiLa chaleur intense du bouillon est le cœur du réconfort hivernal.
Finition — Laisser le convive composer — Présentez à côté citron, cumin, poivre, sumac et sauce piquante pour que chacun assaisonne son gobelet à son goût. Ce geste participatif est la signature culturelle du lablabi irakien, où le vendeur laisse le client faire son mélange. Le bouillon doit s'éclairer d'acidité et d'épices à la demande ; sans citron ni cumin, il reste plat, encouragez donc une bonne pressée d'agrume.
Le pourquoiL'assaisonnement à table est la tradition vivante du plat.
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Sourcer ou se taire
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