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Atlas Culinaire · Norvège · Europe
Ragoût rustique de bœuf et légumes-racines mijotés — plat de marins hérité du commerce hanséatique à Bergen (XIVe siècle), cousin du lobscouse de Liverpool.
L'origine du lapskaus fait l'objet d'un débat étymologique international non tranché : Roy Shipperbottom dans l'Oxford Companion to Food (éd. Alan Davidson) affirme que le plat « a presque certainement ses origines dans les ports baltiques, notamment allemands » — filière d'importation via les marchands hanséatiques de Bryggen Bergen vers 1350 (https://www.fjordnorway.com/en/inspiration/the-hanseatic-league-put-bergen-on-the-map). À l'opposé, le philologue allemand Friedrich Kluge a relevé que le mot n'apparaît en allemand qu'en 1878, soit 127 ans après la mention de « lobs-couse » par Tobias Smollett en 1750, plaidant pour une transmission anglaise vers le nord. SNL (Eva Narten Høberg, NIBIO) conclut : « Hvor retten har sin opprinnelse, er vanskelig å dokumentere » (https://snl.no/lapskaus). Un quartier entier de Brooklyn, peuplé de 60 000 émigrés norvégiens au début du XXe siècle, porta le surnom « Lapskaus Boulevard » (Eighth Avenue, Bay Ridge), tandis qu'à Liverpool « lobscouse » abrégé en « scouse » donna son nom à l'accent des habitants de la ville (https://barrypopik.com/blog/lapskaus_boulevard_eighth_avenue_bay_ridge).
Flatbrød (pain plat croustillant au beurre), tyttebærsyltetøy (confiture de lingonberries), bière brune norvégienne
Plat emblématique de la cuisine maritime norvégienne, consommé des côtes de Bergen aux maisons de marin de Stavanger. La forte émigration norvégienne du XIXe siècle l'a exporté jusqu'à Brooklyn — le quartier de Bay Ridge (Eighth Avenue) porta le nom « Lapskaus Boulevard » avec ses 60 000 Norvégiens. À Liverpool, le plat cousin donna son nom aux habitants de la ville : Scousers.
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Sécher les cubes de bœuf avec du papier absorbant — essentiel pour la réaction de Maillard. Chauffer beurre + huile dans une grande cocotte à feu vif. Saisir les cubes de bœuf en 2 ou 3 fournées (ne pas surcharger) 2 à 3 minutes par face jusqu'à croûte brun foncé sur toutes les faces. Saler et poivrer pendant la cuisson. Réserver. La saisie par fournées est la clé de la couleur et de la profondeur aromatique du brun lapskaus.
Dans la même cocotte avec les sucs de cuisson, faire suer l'oignon émincé 3 à 4 minutes à feu moyen jusqu'à translucidité. Saupoudrer 2 c.à.c. de farine si on souhaite une sauce légèrement liée, remuer 1 minute pour cuire la farine crue.
Remettre le bœuf. Verser le bouillon chaud en raclant les sucs de cuisson. Ajouter le thym. Porter à légère ébullition, écumer si nécessaire, puis réduire au minimum : le lapskaus ne doit que « trekke » (frémir très doucement). Couvrir et laisser mijoter 60 minutes. Température cible : une ou deux bulles paresseuses en surface.
Vérifier que la viande commence à s'attendrir (elle doit se piquer facilement à la fourchette mais pas encore se défaire). Ajouter le rutabaga (kålrot), les carottes et le celeri-rave. Mélanger délicatement une seule fois. Couvrir et laisser mijoter 15 minutes.
Ajouter les cubes de pommes de terre farineuses. NE PAS remuer — juste enfoncer délicatement les pommes de terre dans le bouillon. Couvrir et laisser mijoter 20 minutes supplémentaires. Les pommes de terre farineuses vont naturellement se déliter en surface et épaissir le bouillon.
Ajouter les rondelles de poireau. Laisser cuire 5 minutes à découvert. Vérifier l'assaisonnement. La consistance doit être un ragoût épais — ni soupe liquide ni bouillie — avec des morceaux de légumes encore identifiables. Si trop épais, ajouter quelques centilitres de bouillon chaud.
Éteindre le feu et laisser reposer le lapskaus 5 minutes couvercle fermé — les saveurs s'harmonisent. Parsemer de persil plat haché. Servir directement dans la cocotte à table, dans des assiettes creuses ou des grandes tasses, avec du flatbrød beurré à côté.
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