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Atlas Culinaire · Uruguay · Amériques
Le cochon de lait entier rôti au four, mariné à l'ail et au citron, dont la peau laquée au miel craque à chaque tranche
Le lechón navideño est le cochon de lait entier rôti, star de la table de Noël uruguayenne : mariné la veille à l'ail et au citron, cuit lentement puis laqué au miel pour une peau — le cuero — qui craque à chaque tranche. Servi avec l'ensalada rusa et un verre de sidra, il réunit la famille du réveillon autour d'un plat spectaculaire. Sa réussite tient à un adobo qui pénètre la nuit, une cuisson lente qui rend la chair fondante, et un coup de chaleur final qui fait éclater le cuero en croustillant.
Four ou parrilla ? La controverse de Noël.
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Préparation — Préparer l'adobo et masser le cochon — La veille (12 à 24 heures avant), écraser les 12 gousses d'ail au pilon avec le sel gros jusqu'à obtenir une pâte homogène. Incorporer le jus de citron, le jus d'orange, l'orégano, le paprika, le cumin et l'huile d'olive (ou la graisse de porc fondue tiède). La chicha de jora ou la bière brune s'ajoute en dernier pour délier la marinade. Ouvrir le cochon ventre en l'air sur un grand plan de travail : frotter vigoureusement l'intérieur de la cavité avec les deux tiers de l'adobo, en insistant sur les zones épaisses (épaules, jambons). Retourner et enduire toute la surface extérieure du tiers restant en massant pour que la pâte d'ail pénètre. Filmer et réfrigérer ventre vers le bas pendant 12 à 24 heures.
Le pourquoiAil écrasé, citron et aromates massés la veille pénètrent la chair : c'est ce qui parfume le lechón à cœur.
Mise en four — Sortir du réfrigérateur et préchauffer à 160°C — Sortir le cochon 1 heure avant la cuisson pour qu'il revienne à température ambiante — une chair froide fait chuter brutalement la température du four et génère une cuisson inégale. Préchauffer le four à 160°C (chaleur tournante si disponible). Disposer le cochon ventre vers le haut dans un grand plat à rôtir posé sur une grille. Verser 500 ml d'eau ou de bouillon dans le fond du plat — jamais directement sur la peau. Couvrir les oreilles, la queue et les extrémités des pattes avec du papier aluminium froissé pour éviter qu'ils ne brûlent pendant les 5 premières heures.
Le pourquoiSorti une heure avant, le cochon ne subit pas de choc thermique et cuit régulièrement.
Cuisson lente — 5 heures à 160°C — arrosage et piquage réguliers — Enfourner à 160°C et laisser cuire 5 heures (pour un cochon de 8 kg). Toutes les heures, ouvrir le four, arroser la viande avec le jus de cuisson du fond du plat, et piquer la peau avec une aiguille à brider ou la pointe d'un couteau fin en ciblant chaque bulle ou ampoule visible sous la peau. Ce geste est essentiel : la graisse sous-cutanée du cochon de lait est abondante et si elle reste emprisonnée, elle forme des poches qui rendent la peau molle et caoutchouteuse au lieu de croustillante. Ajouter un peu d'eau dans le fond si nécessaire pour maintenir l'humidité. Retirer l'aluminium des oreilles à mi-cuisson (2h30) pour qu'elles commencent à dorer doucement.
Le pourquoiCinq heures à 160 °C, arrosé et piqué, rendent la chair fondante et le gras : la patience fait le lechón.
Glaçage — Préparer et appliquer le glaçage au miel — Mélanger le miel avec le vinaigre de cidre (et la moutarde si utilisée) dans un bol. La consistance doit être fluide mais pas aqueuse — passer 20 secondes au micro-ondes si le miel est épais. À exactement 30 minutes de la fin de cuisson, monter le four à 220°C. Badigeonner généreusement toute la surface extérieure du cochon avec le glaçage au miel à l'aide d'un pinceau large. La chaleur à 220°C va caraméliser le miel rapidement — retourner au four immédiatement.
Le pourquoiMiel et vinaigre badigeonnés donnent le laquage brillant qui caramélisera le cuero.
Finition cuero crocante — 30 minutes à 220°C — rebadigeonner toutes les 10 minutes — Durant les 30 dernières minutes à 220°C, ouvrir le four deux fois (à 10 min et à 20 min) pour rebadigeonner la peau avec le glaçage restant. La peau doit progressivement prendre une couleur acajou dorée et produire un son craquant au toucher — c'est le signal que le cuero crocante est prêt. Surveiller attentivement : la frontière entre la peau laquée parfaite et le brûlé est de 5 minutes à cette température. Si les oreilles commencent à noircir, les couvrir à nouveau d'aluminium. Retirer du four dès que la couleur est acajou uniforme.
Le pourquoiUn final à haute température, rebadigeonné souvent, fait éclater le cuero en croustillant laqué.
Repos — Repos obligatoire 20 minutes avant de découper — Sortir le cochon du four et le laisser reposer 20 minutes à découvert sur le plan de travail (ne pas couvrir d'aluminium — la vapeur ramollirait immédiatement le cuero crocante si chèrement obtenu). Le repos permet aux jus internes de se redistribuer dans les muscles : un cochon découpé immédiatement perd 30 à 40% de ses jus dans le plat, une perte irrémédiable. Pendant ce temps, préparer la table avec l'ensalada rusa, sortir la sidra du réfrigérateur et trancher le pan dulce.
Le pourquoiVingt minutes de repos à découvert redistribuent les jus et gardent le cuero croustillant.
Découpe et service — Découper et servir avec ensalada rusa et sidra — Découper avec un grand couteau bien aiguisé et des ciseaux de cuisine pour les zones articulaires. La tradition uruguayenne est de présenter le cochon entier à table (sur la table de Nochebuena) avant de le découper devant les invités — moment convivial emblématique de la fête. Commencer par détacher les quatre membres (patas), puis séparer la cavité en deux dans la longueur. Servir en portions avec un morceau de cuero crocante chacun — c'est la partie la plus convoitée. Accompagner d'ensalada rusa (pommes de terre, carottes, petits pois, mayonnaise) froide en contraste avec la chaleur de la viande, et de pan dulce en tranches. La sidra uruguayenne fraîche est le toast de Nochebuena.
Le pourquoiDécoupé au grand couteau et aux ciseaux pour le cuero, le lechón se sert avec l'ensalada rusa et la sidra.
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L'ensalada rusa est la compagne inséparable du lechón navideño : la fraîcheur crémeuse de la salade équilibre la richesse du cochon laqué sur la table de Noël.
Voir la recette →Le cochinillo de Ségovie, cochon de lait rôti à la peau craquante, est l'ancêtre ibérique du lechón navideño rioplatense.
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