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Atlas Culinaire · Comores · Afrique
Les beignets de fĂȘte du Ramadan comorien â makandazi, pĂąte levĂ©e Ă la levure boulangĂšre, parfumĂ©e cardamome verte et vanille des Comores, frite Ă l'huile de coco ou vĂ©gĂ©tale jusqu'Ă gonflĂ©e et dorĂ©e, vendue chaude dans les ruelles de Moroni Ă l'heure de l'iftar.
Le point de friction principal autour des makandazi porte sur le temps de levĂ©e de la pĂąte et la technique de fermentation. FaĂŻna Mkontsi est catĂ©gorique dans Cuisine des Comores : la pĂąte doit lever au minimum 2 heures Ă tempĂ©rature ambiante, idĂ©alement 3 heures, dans un endroit chaud et sans courants d'air â 'une levĂ©e de moins de 2 heures donne des beignets denses et peu aĂ©rĂ©s qui n'ont pas la lĂ©gĂšretĂ© signature des makandazi'. Elle s'oppose ainsi aux recettes 'rapides' d'une heure publiĂ©es sur certains blogs comoriens, qu'elle qualifie de dĂ©gradation du beignet traditionnel. Second point de dĂ©bat : la levure. La levure boulangĂšre fraĂźche (ou sĂšche active) est imposĂ©e par les recettes traditionnelles pour la saveur lĂ©gĂšrement fermentĂ©e caractĂ©ristique ; certains cuisiniers modernes substituent de la levure chimique (baking powder) pour accĂ©lĂ©rer la prĂ©paration, ce que Corine Spagnoli-BĂšgue dans La cuisine comorienne qualifie de 'makandazi de substitution' acceptable en dĂ©pannage mais sans la complexitĂ© aromatique de la fermentation vraie. Enfin, le type de graisse de friture : l'huile de coco vierge est le standard traditionnel des Comores, mais l'huile de tournesol ou d'arachides est dĂ©sormais la plus utilisĂ©e dans les foyers urbains, l'huile de coco Ă©tant devenue plus chĂšre Ă l'importation.
Thé comorien au gingembre. Café arabica de la Grande Comore. Sirop de coco.
8/10 aux Comores â les makandazi sont le street food sucrĂ© du Ramadan par excellence, omniprĂ©sents dans les marchĂ©s nocturnes de Moroni, Mutsamudu et Fomboni Ă l'heure de l'iftar. Leur parfum de cardamome et de vanille annonce la rupture du jeĂ»ne dans chaque quartier de l'archipel.
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Mesurer 280 ml d'eau Ă 38-40°C (tiĂšde au poignet, jamais brĂ»lante). Dissoudre le sucre dans l'eau tiĂšde en remuant. Saupoudrer la levure sĂšche active sur l'eau sucrĂ©e â ne pas mĂ©langer immĂ©diatement. Laisser reposer 8 Ă 10 minutes jusqu'Ă ce qu'une mousse crĂ©meuse et odorante se forme en surface. Cette mousse prouve que la levure est vivante et active. Si aucune mousse aprĂšs 10 minutes = levure morte Ă remplacer.
Dans un grand saladier, mĂ©langer la farine et le sel (bien incorporĂ©s avant d'ajouter la levure). Ajouter la cardamome fraĂźchement moulue et les grains de vanille grattĂ©s. Creuser un puits au centre. Verser le mĂ©lange levure-eau en filet progressif, en mĂ©langeant Ă la fourchette d'abord, puis Ă la main. Ajouter l'Ćuf battu et le beurre fondu refroidi. Incorporer le zeste de citron vert si utilisĂ©.
PĂ©trir la pĂąte sur un plan lĂ©gĂšrement farinĂ© pendant 8 minutes avec la technique du talon de la main â Ă©tirer, plier, tourner d'un quart. La pĂąte Ă makandazi est volontairement plus souple et lĂ©gĂšrement collante qu'une pĂąte Ă pain ordinaire â c'est normal. Ne pas ajouter trop de farine. La pĂąte est prĂȘte quand elle se dĂ©colle proprement du plan, reste lisse et Ă©lastique, et forme un beau dĂŽme sous les mains.
Mettre la pĂąte en boule dans un saladier lĂ©gĂšrement huilĂ©. Couvrir d'un torchon humide chaud ou d'un film alimentaire. Placer dans un endroit chaud et sans courants d'air â prĂšs d'une fenĂȘtre au soleil, dans un four lĂ©gĂšrement chauffĂ© Ă 30°C et Ă©teint, ou sur un radiateur recouvert d'un torchon. Laisser lever 2 heures minimum (idĂ©alement 3 heures selon FaĂŻna Mkontsi) jusqu'Ă ce que la pĂąte ait doublĂ© de volume, voire triplĂ© dans des conditions chaudes.
boules ou allongĂ©s â DĂ©gazer dĂ©licatement la pĂąte levĂ©e d'un poing souple en son centre. Sur le plan lĂ©gĂšrement farinĂ©, diviser en portions de 30 Ă 35 g chacune (environ 20 piĂšces). Former des boules lisses entre les paumes, ou des formes allongĂ©es ovales â les deux formes sont traditionnelles selon les familles. DĂ©poser sur une plaque farinĂ©e, couvrir et laisser reposer 15 minutes supplĂ©mentaires (2Ăšme pousse courte).
Chauffer l'huile dans une casserole haute ou un wok Ă 170-175°C (mesurer au thermomĂštre de friture). Test de la miette de pĂąte : si une petite boulette de pĂąte remonte en surface en 3 secondes en grĂ©sillant doucement = bonne tempĂ©rature. Frire les makandazi par lots de 4 Ă 5 piĂšces â sans surcharger la casserole qui ferait chuter la tempĂ©rature. Cuire 3 Ă 4 minutes de chaque cĂŽtĂ© jusqu'Ă belle coloration dorĂ©e uniforme et gonflement caractĂ©ristique. Ăgoutter sur papier absorbant.
Ăgoutter les makandazi sur plusieurs couches de papier absorbant pendant 2 minutes. Saupoudrer de sucre glace si dĂ©sirĂ© â option plus moderne, non systĂ©matique dans la tradition. Servir chauds â les makandazi sont Ă leur apogĂ©e sortis de l'huile, lĂ©gĂšrement gonflĂ©s, la croĂ»te fine et croustillante, l'intĂ©rieur aĂ©rĂ© et parfumĂ© Ă la cardamome et Ă la vanille. Dans les ruelles de Moroni durant le Ramadan, ils sont vendus chauds emballĂ©s dans du papier journal ou dans une pochette de feuille de bananier.
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