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Atlas Culinaire · Jordanie · Asie
Le grand mélange d'hiver du Levant : cinq à sept légumineuses et céréales mijotées lentement, couronnées d'oignons caramélisés et d'une pincée de cumin.
Le nom makhlouta signifie littéralement « le mélange », et c'est une revendication assumée : il n'existe pas de liste canonique, chaque foyer jetant ce qu'il a dans le placard, typiquement cinq à sept légumineuses et céréales (blé en grains, lentilles, pois chiches, haricots blancs et rouges, riz rond, boulghour), ce que confirment Mama's Lebanese Kitchen comme Addicted to Tahini. Premier point tranché : il faut distinguer cette soupe SALÉE de son homonyme sucré, la makhlouta halabiyeh, dessert alépien à la crème et au riz remis au goût du jour par le chef syrien Mohamad Orfali, qui n'a rien à voir avec le plat de légumineuses. Second débat, sur l'assaisonnement : l'école minimaliste native (Eva's Lebanese Cooking) s'en tient au sel, à l'oignon frit dans l'huile d'olive et au cumin en garniture, tandis qu'une école plus composée (Plant Based Folk) ajoute mélasse de grenade, coriandre, girofle et poivre — mais les puristes montagnards jugent ces épices facultatives, l'oignon longuement caramélisé restant le seul aromate non négociable.
Pain pita grillé ou frit émietté dessus, salade fattouche ou pickles de navet (kabees), filet d'huile d'olive crue au service.
7/10 — plat de garde-manger d'hiver cuit en grande marmite dans les villages de montagne, pilier des repas de Carême sans viande, symbole de frugalité nourricière ; se congèle et se réchauffe superbement.
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Préparation — Le grand trempage — La veille, faire tremper séparément, dans le double d'eau, les pois chiches, les haricots et les grains de blé toute une nuit, et le boulghour à part, plus brièvement. Rincer et égoutter le lendemain. Les grosses légumineuses et le blé sont indigestes et cuisent trois à quatre fois plus longtemps à sec ; le trempage réhydrate et raccourcit tout.
Le pourquoiLe trempage réduit la cuisson et améliore la digestibilité.
Cuisson base — On lance les durs — Mettre le blé égoutté dans une grande marmite avec 8 à 12 tasses d'eau, porter à ébullition, écumer, puis ajouter les pois chiches puis les haricots à environ 20 min d'intervalle. Le blé et les pois chiches sont les plus longs, on les démarre en tête.
Le pourquoiSéquencer par temps de cuisson évite le riz en purée et les haricots crus.
Aromates — L'oignon, l'âme du plat — Pendant ce temps, faire revenir les oignons émincés dans l'huile 20 à 30 min jusqu'au brun moyen, à feu moyen et en remuant régulièrement. La caramélisation crée le fond sucré-umami qui parfume tout le bol.
Le pourquoiLa réaction de Maillard est la colonne vertébrale aromatique du plat.
Assemblage — On réunit le mélange — Ajouter dans la marmite le riz, les lentilles et le boulghour (et la pomme de terre en option), puis les oignons caramélisés avec leur huile, le sel et, pour l'école composée, la mélasse de grenade. Ces féculents cuisent vite et épaississent : ils entrent dans le dernier tiers.
Le pourquoiLes féculents rapides servent de liant tardif.
Mijotage — La patience — Laisser mijoter couvert 30 à 45 min en remuant de temps en temps et en grattant le fond, jusqu'à ce que tout soit fondant. Les saveurs se marient et le blé finit d'attendrir.
Le pourquoiLe mijotage fusionne les arômes et attendrit le blé.
Finition — Rectifier et servir — Rectifier le sel, servir chaud, garnir de cumin et d'un filet d'huile d'olive, et accompagner de pain pita grillé. Laisser reposer 5 min hors du feu : l'assaisonnement se juge après épaississement, le plat « buvant » le sel.
Le pourquoiLe repos concentre les saveurs.
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