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Atlas Culinaire · Guyane française · Amériques
Le crabe de terre z'habitant rencontre le roucou amazonien â riz orangĂ© des plages de PĂąques du littoral guyanais
Le matoutou guyanais est souvent confondu avec le matoutou martiniquais ou le matĂ©tĂ© guadeloupĂ©en, mais il s'en distingue par plusieurs marqueurs fondamentaux que les cuisiniers natifs tiennent Ă dĂ©fendre. La chef Sabrina François-Vincent (Ti Molokoy, Cayenne), figure de rĂ©fĂ©rence de la gastronomie guyanaise contemporaine, insiste sur l'usage du roucou (Bixa orellana) qui teinte le riz en orangĂ© vif â couleur absente du matoutou martiniquais â et du lait de coco en fin de cuisson, apport culturel crĂ©ole guyanais distinct des influences antillaises (https://timolokoy.com/blog/index.php/recipe/riz-au-crabe-au-lait-de-coco-et-au-roucou/). Second point de tension : en Guyane, le plat emblĂ©matique de PĂąques reste officiellement le bouillon d'awara (prĂ©parĂ© dĂšs le Vendredi Saint avec le fruit du palmier awara), ce qui place le matoutou en concurrent culturel plutĂŽt qu'en hĂ©gĂ©mon, contrairement Ă son statut en Martinique â les sources France Info Guyane documentent cette coexistence des deux plats dans les familles crĂ©oles guyanaises (https://la1ere.franceinfo.fr/martinique/bouillon-d-awara-matete-ou-matoutou-a-table-ce-lundi-de-paques-1383782.html). Enfin, le crabe de terre utilisĂ© en Guyane est prioritairement le z'habitant (Cardisoma guanhumi), espĂšce de palĂ©tuviers et mangroves du littoral atlantique, avec une chair plus ferme et plus grasse que les crabes de mer, ce qui justifie le marinage long et la cuisson plus sĂšche â texture de riz distincte du matĂ©tĂ© guadeloupĂ©en plus humide.
Ti punch blanc agricole guyanais ou planteur sans alcool aux jus de maracuja et goyave. Ăviter les vins blancs acides â le roucou et le lait de coco demandent un accord tropical non tannique.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
La veille, placer les crabes vivants dans une caisse aĂ©rĂ©e et les nourrir 48h avec des morceaux de piment, de noix de coco fraĂźche et d''agrumes pour vider leur intestin et parfumer leur chair. Le jour J, tuer les crabes rapidement d''un coup de couteau entre les yeux, les brosser sous l''eau froide courante en insistant sur les pattes et les articulations, retirer les branchies (poumons spongieux â amer et sans valeur) et couper en deux. Mariner 2h minimum avec jus de citron, ail Ă©crasĂ©, piment vĂ©gĂ©tarien, poudre de bois d''inde et girofle, une pincĂ©e de sel.
Dessaler les queues de cochon 12h et le lard 6h dans de l''eau froide changĂ©e rĂ©guliĂšrement. Couper le lard en cubes de 2 cm. Pour le roucou, chauffer 3 c.a.s. d''huile Ă feu doux avec les graines de roucou 5 min jusqu''Ă couleur rouge-orangĂ©e profonde, filtrer et rĂ©server le jus colorĂ© â le jus de roucou ne doit pas bouillir fort au risque de perdre sa couleur. Laver le riz 3 fois Ă l''eau froide jusqu''Ă eau claire.
base umami du plat â Dans une grande cocotte Ă fond Ă©pais, chauffer l''huile Ă feu moyen-vif. Faire rissoler le lard coupĂ© en cubes jusqu''Ă lĂ©gĂšre coloration, ajouter les queues de cochon et faire revenir 5 min. Les graisses porcines fondues deviennent le medium de cuisson et construisent la base umami du plat â Ă©tape non nĂ©gligeable, mĂȘme avec des crabes riches. Couvrir d''eau Ă mi-hauteur et laisser mijoter 25 min Ă couvert.
Retirer les viandes de la cocotte. Dans le mĂȘme fond gras, faire revenir Ă feu vif les oignons, cives, ail et thym 2 min. Ajouter le jus de roucou et les tomates concassĂ©es, mĂ©langer. Incorporer les crabes marinĂ©s et les faire rougir 5 Ă 7 min en remuant. Ajouter les feuilles de bois d''inde et le piment entier. Verser le lait de coco et remettre les viandes. Couvrir et laisser mijoter 15 min Ă feu doux â la chair des pinces commence Ă se dĂ©tacher.
absorption sĂšche â Ajouter le riz lavĂ© directement dans la cocotte avec les crabes et la sauce. Verser l''eau pour couvrir Ă peine (ratio liquide/riz rĂ©duit car le lait de coco et les jus de crabes complĂštent). MĂ©langer une seule fois. Porter Ă Ă©bullition, puis rĂ©duire Ă feu doux, couvrir hermĂ©tiquement et cuire 20 min sans soulever le couvercle. Le riz du matoutou guyanais doit ĂȘtre plus sec que le matĂ©tĂ© antillais â chaque grain orangĂ© doit rester distinct.
AprĂšs 20 min, soulever le couvercle et vĂ©rifier la cuisson du riz avec une fourchette â les grains doivent ĂȘtre orange vif, cuits mais non collants. Retirer le piment entier avant service (il a parfumĂ© le plat sans le rendre trop fort). GoĂ»ter et ajuster le sel. Retirer les feuilles de bois d''inde et les branches de thym.
Couper le feu et laisser reposer la cocotte 5 min Ă couvert â la vapeur rĂ©siduelle termine la cuisson Ă cĆur des grains et la chair des crabes se dĂ©tache naturellement des carapaces. Disperser le persil hachĂ© finement sur le dessus. Disposer les morceaux de crabes bien en vue sur le riz pour le service.
Servir le matoutou avec une sauce chien guyanaise (cives, ail, piment de Cayenne, jus de citron vert, eau chaude), des tranches d''avocat du pays et du couac (semoule de manioc grillĂ©) en accompagnement optionnel. Le plat se dĂ©guste chaud â le lait de coco fige en refroidissant et modifie la texture.
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