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Atlas Culinaire · Bolivie · Amériques
Une mesa entière de bonbons, de laine colorée, de feuilles de coca et d'un fœtus de lama qu'on compose à la main puis qu'on brûle ou qu'on enterre en offrande à la Terre-Mère, chaque 1er août, quand la Pachamama « ouvre la bouche » pour se nourrir.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
On se rend au Mercado Rodríguez ou au Mercado de las Brujas de La Paz (ou dans son quartier pour d'autres villes) pour acheter une mesa déjà pré-assemblée par un yatiri ou une casera, ou pour réunir soi-même chacun des éléments un à un sur les étals spécialisés, papier, laines, dulces, sullu, encens, selon le vœu qu'on souhaite formuler à la Pachamama pour l'année à venir.
Sur un support stable, on étale la feuille de papier blanc qui servira de socle à toute l'offrande, on y dépose un premier cercle de laine d'alpaga blanche, puis un second cercle de laine colorée, un fil différent pour chaque intention, à l'intérieur duquel viendront se loger tous les autres éléments.
Au centre du cercle, on dépose un lit généreux de khoa (wira k'oa) émiettée, puis on parsème encens en grains, copal ou myrrhe et quelques éclats de cannelle et de clous de girofle, qui formeront la base aromatique sur laquelle reposeront ensuite les dulces.
Sur le lit de khoa, on dispose un à un les misterios, ces petites plaques de sucre coloré figurant maison, voiture, cœur, billets, soleil ou lune, en les orientant selon le vœu formulé, puis on ajoute bonbons, sucre candi, noix et amandes tout autour, jusqu'à recouvrir généreusement le centre du cercle.
On dépose ensuite les feuilles de coca en petits tas ou en couronne, deux à trois cigarettes entières, le sullu enveloppé dans un morceau de laine posé au centre ou en bordure, et l'on termine par quelques feuilles d'or et d'argent, des fruits frais et des fleurs disposés en couronne.
Une fois la mesa complète, on l'asperge d'alcool à 96° ou de singani, puis de bière ou de vin, en tournant dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, geste qui suit la logique de rotation de la Terre selon la cosmovision andine, tout en formulant à voix basse ou en aymara les demandes de l'année.
La mesa est portée entière, papier compris, jusqu'à un brasero (mesero), une apacheta (cairn sacré en altitude) ou un petit feu de bois préparé dans la cour ou devant le commerce, où elle est déposée délicatement et laissée se consumer jusqu'à réduction complète en cendres, sans être remuée.
Une fois les cendres refroidies, on les enterre sur place ou on les disperse sur un terrain, parfois au pied d'un arbre ou dans le jardin du commerce concerné, puis les participants se donnent une accolade fraternelle et partagent ensemble le reste de l'alcool, de la bière ou de la chicha de maïs qui n'a pas servi à la ch'alla.
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Sourcer ou se taire
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