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Atlas Culinaire · Chine · Pékin & Nord
La marmite en cuivre à cheminée charbon — tranches de mouton 1.5mm plongées 8 secondes dans le bouillon clair, trempées dans la pâte de sésame májiàng signature de Pékin
Le Shuan Yang Rou concentre QUATRE controverses majeures. ORIGINE MONGOLE OU PÉKINOISE : la légende attribue le plat à Kublai Khan (Yuan, XIIIe siècle), dont les cuisiniers auraient improvisé en tranchant le mouton finement pour le cuire vite avant une attaque ennemie. Mais Wikipedia et Baidu Baike notent que "the story has little historical backing" — un plat similaire est documenté plus tôt sous les Song dans le Shan Jia Qinggong du lettré Lin Hong (拨霞供), et les peintures murales liao montrent les Khitan attablés autour d'une marmite en fer. Les records écrits clairs n'apparaissent qu'à la dynastie Qing, où le shuanyangrou devient un plat impérial d'hiver à Pékin. Conclusion : technique nomade mongole, codification urbaine pékinoise Qing. DISTINCTION DES TROIS FAMILLES DE HOT-POT : (1) Shuan Yang Rou Pékin = bouillon CLAIR à l'eau + gingembre + jujube, mouton uniquement, sauce májiàng-fǔrǔ — pureté du goût mouton ; (2) Hot pot Sichuan/Chongqing = bouillon ROUGE doubanjiang + piments + huile de bœuf + poivre de Sichuan, mala (麻辣), viandes diverses, abats ; (3) Suan Cai Bai Rou (酸菜白肉) mandchou-dongbei = bouillon à la choucroute fermentée + porc en lard, héritage Qing-Mandchou. Confondre ces trois familles = hérésie. DONGLAISHUN 1903 ET STATUT HALAL : Donglaishun (东来顺) est fondé en 1903 à Pékin par Ding Deshan (丁德山), originaire de Cangzhou, musulman Hui — l'établissement est donc HALAL, pas de porc, exclusivement mouton et bœuf. La maison a démarré comme stand de bouillie au marché Dong'anmen avant qu'un eunuque Wei Yan ne finance la reconstruction en 1912 après un incendie. Donglaishun a recruté à grand prix les couteliers du Zhengyanglou (正阳楼, 1854) pour son tranchage. Reconnu Time-Honored Brand par le Ministère du Commerce en 2006, et la technique de tranchage du mouton de Donglaishun a été inscrite au Patrimoine Culturel Immatériel National en 2008 (国家级非物质文化遗产). PARTIES DU MOUTON CODIFIÉES : huit zones canoniques selon Baidu, dont 上脑 shàng nǎo (collier-épaule, la plus prisée), 上排 shàng pái (côtelettes), 后腿 hòu tuǐ (gigot), 磨裆 módāng (cuisseau), 三叉 sānchà. La tradition prescrit du mouton de bélier châtré, tranches de 17-20 cm de long, 1.5-2 mm d'épaisseur, "薄如纸" (fines comme du papier) — viande pré-congelée à -2°C "干而不冻" (sèche mais non gelée). Tranchage main = signe de prestige, machine = standard moderne. SAUCE MÁJIÀNG SACRÉE : la combinaison pékinoise est figée — pâte de sésame pur (麻酱 májiàng, pas tahini occidental dilué), sauce ferment de tofu (腐乳 fǔrǔ ou 酱豆腐 jiàng dòufu), fleur de ciboulette chinoise (韭菜花 jiǔcàihuā), huile de crevette (虾油 xiā yóu), huile de piment (辣椒油), sucre, ail cru écrasé, coriandre, ciboule fine. Cinq saveurs "五味调和" : doux (sésame), salé (soja-fǔrǔ), acide, amer, piquant. Sans májiàng, ce n'est pas Pékin.
Bière Yanjing (燕京啤酒) brassée à Pékin depuis 1980 — la bière du quotidien pékinois en hiver, légère, contraste le gras du mouton. Erguotou (二锅头) — alcool de sorgho clair de Pékin, 50-56° ABV (Niulanshan, Hongxing), servi en petits gobelets ganbei (干杯) pour réchauffer entre les bouchées. Thé jasmin Pékin (茉莉花茶) en alternative non alcoolisée — c'est LE thé pékinois par excellence, dégraissant. Vinaigre de riz noir Shanxi en petits godets pour ceux qui préfèrent une sauce plus aigre.
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Si tranchage maison : placer les morceaux de mouton (shang nao 上脑 et hou tui 后腿) au congélateur 1h-1h30. Critère "干而不冻" (sec mais non gelé dur) : la viande doit être ferme mais pénétrable au couteau. Sortir 5 min à température ambiante si trop dure. Avec un couteau de chef bien affûté, trancher CONTRE LE GRAIN en biais léger, épaisseur 1.5-2 mm, tranches de 17-20 cm de long. Disposer en rosaces sur 2 grandes assiettes plates, en intercalant shang nao (plus persillé) et hou tui (plus maigre). Couvrir film, réfrigérer jusqu'au service. Si vous achetez chez un boucher chinois : commandez "mutton hot pot slices", déjà tranché machine.
Dans la marmite en cuivre traditionnelle (火锅铜锅 à cheminée centrale charbon) ou à défaut une grande marmite à fondue plate sur plaque à induction, verser 2.5 L d'eau filtrée FROIDE. Ajouter le gingembre écrasé au plat du couteau (non pelé), les oignons verts en tronçons de 8 cm, les jujubes rouges entiers, optionnellement 1 anis étoilé et 1 petit bâton de cannelle de Chine. Porter à frémissement doux 15 minutes pour infuser — surface qui tremble, pas d'ébullition violente. Le bouillon doit rester TRANSPARENT, c'est sa signature. Saler très peu (1/2 c.à.c.) ou pas du tout — la sauce májiàng apportera la salinité.
Dans un bol moyen, verser 200 g de pâte de sésame chinoise pure (Wang Zhi He ou Liu Bi Ju). Ajouter PROGRESSIVEMENT 6-8 c.à.s. d'eau FROIDE en remuant patiemment au fouet à main — la pâte commence par épaissir (effet inverse) puis se détend en crème onctueuse. JAMAIS d'huile chaude (sépare la pâte). Texture finale = mayonnaise lourde, lisse, nappante. Dans des petits ramequins individuels disposés sur la table, présenter séparément : ferment de tofu fǔrǔ écrasé en pâte, fleur de ciboulette fermentée jiǔcàihuā, huile de crevette xiā yóu optionnelle, sauce soja, huile de piment, ail cru écrasé, coriandre ciselée, ciboule fine, sucre. Chaque convive compose SON propre bol de dip májiàng + 1 c.à.s. fǔrǔ + 1 c.à.s. jiǔcàihuā + ail + coriandre + ciboule.
Au centre de la table, installer la marmite en cuivre charbon (火锅铜锅) sous hotte de cuisine — la cheminée centrale évacue les fumées du charbon. À défaut, plaque à induction portative + marmite plate à fondue. Disposer en cercle autour : (1) 2 grandes assiettes de mouton tranché ; (2) 2 plateaux de légumes (chou chinois, épinards, chrysanthème, tofu sec, champignons) ; (3) bol de vermicelles fen si pré-trempés ; (4) pain shao bing au sésame ; (5) ramequins individuels de sauces dip et bols vides ; (6) baguettes longues pour hot-pot, petites passoires à manche bambou (pour les vermicelles et légumes). Bols à riz parfumé jasmin optionnels. Bière Yanjing et verres erguotou.
mouton d'abord, 8-10 secondes par tranche — Quand le bouillon bouillonne franchement (PAS un frémissement, une ébullition active), chaque convive prend UNE tranche de mouton avec ses baguettes, la PLONGE-RINCE dans le bouillon en l'agitant 8-10 SECONDES — c'est la technique 涮 (shuàn = rincer). Dès que la tranche change de couleur (rose-grise), la sortir et la tremper immédiatement dans son bol de sauce májiàng personnalisé. Manger directement, brûlante. RYTHME : une à deux tranches à la fois par personne — JAMAIS submerger le bouillon avec dix tranches d'un coup, sinon la température chute et le mouton bout au lieu de shuàn.
Quand le mouton est presque épuisé, le bouillon est désormais enrichi par les sucs du mouton — c'est le moment d'ajouter les légumes. ORDRE STRICT : (1) chou chinois et tofu sec en premier (3-5 min) ; (2) chrysanthème tong hao et épinards (1 min, ils flétrissent vite) ; (3) champignons enoki ou shiitake (2 min). Les légumes se trempent aussi dans la sauce májiàng. À TOUT LA FIN, ajouter les vermicelles fen si pré-trempés — ils absorbent le bouillon enrichi en quelques minutes et constituent la touche finale gourmande. Servir une petite louche de bouillon final à chaque convive dans un bol — le boire avec des morceaux de pain shao bing trempés.
Déchirer le pain plat pékinois au sésame shao bing (烧饼) en gros morceaux. Le tremper dans le bouillon final enrichi pour s'imprégner. Manger entre deux gorgées d'erguotou ou de bière Yanjing froide. Optionnel selon tradition Donglaishun : croquer une gousse d'ail nouveau sucré (糖蒜 tang suan, mariné au vinaigre sucré) comme palate cleanser entre les bouchées de mouton. Vinaigre noir de Shanxi en godets pour ceux qui préfèrent une finition aigre. Le repas dure typiquement 1h-1h30, rythmé par les ganbei (干杯, "vide ton verre") d'erguotou.
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Sourcer ou se taire
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