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Atlas Culinaire · Mexique · Yucatán & Péninsule
Le grand tamal enterré de la Hanal Pixán : masa au saindoux et achiote, poulet et porc en recado, k'ool et espelón, cuit sous terre dans le pib
Le principal débat documenté oppose recado rojo (achiote) et recado negro pour la masa et la garniture, et il divise les sources et les familles. UnoTV, PorEsto et México en mi Cocina décrivent une version au recado rojo / achiote (couleur orangée, parfum d'annatto), tandis que d'autres traditions familiales — relayées notamment dans la description de México Desconocido — emploient le recado negro (chiles brûlés), donnant une masa et un bouillon sombres et plus intenses. Le point tranché par les sources natives : il n'existe pas UNE recette canonique mais des variantes municipales et familiales (« cada familia guarda su receta »), et le marqueur d'authenticité partagé n'est pas la couleur du recado mais (a) l'espelón/xpelón — omis seulement dans les pib « pour enfants » — et (b) la cuisson enterrée dans le pib, dont le nom même vient du maya mukbil, « ce qui doit être enterré ». Le glissement vers le four domestique et la pâtisserie de quartier à Mérida est reconnu comme une adaptation moderne, non comme la forme rituelle d'origine.
Boisson chaude de la Toussaint : atole ou chocolate caliente, traditionnels de la Hanal Pixán. Bière ambrée à table pour les adultes. Sans alcool : atole de maíz, agua de Jamaica, ou le xec lui-même qui sert de contrepoint acidulé.
Cœur culinaire de la Hanal Pixán (« comida de las almas »), préparé exclusivement pour le Jour des Morts yucatèque : Yucatán Today situe la consommation du 31 octobre au 2 novembre et México Desconocido décrit des familles cuisinant jusqu'à une vingtaine de pibes, la première part allant à l'autel des défunts.
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Cuisez d'abord le porc dans un peu d'eau, plus long, puis ajoutez le poulet avec tomates, oignon, épazote et recado rojo dissous, jusqu'à mi-cuisson. Salez. Réservez le bouillon : il servira au k'ool.
Délayez la masa réservée dans le bouillon des viandes en la passant au chinois (colador) pour éviter les grumeaux, et faites épaissir à feu doux jusqu'à une crème nappante. C'est le cœur fondant du pib.
Pétrissez la masa avec le saindoux, le recado rojo et le sel jusqu'à une pâte homogène et colorée orange. Faites fondre un peu de saindoux à l'achiote et incorporez-le progressivement pour la souplesse.
Passez les feuilles de bananier à la flamme jusqu'à ce qu'elles assouplissent et changent de couleur. Retirez les nervures dures. Disposez-les en croix pour pouvoir refermer le tamal entièrement.
Étalez une couche de masa sur la croix de feuilles en formant un puits. Garnissez de viandes effilochées, espelón, tomate et oignon, versez le k'ool, puis recouvrez d'une seconde couche de masa. Refermez hermétiquement les feuilles et ficelez.
Méthode traditionnelle : creusez un trou (pib), chauffez des pierres au rouge avec du bois, déposez le tamal enveloppé, couvrez de sacs et de terre, laissez cuire à la vapeur de terre 1 h 30 à 2 h. À la maison : four à 180-200 °C, ~1 h à 1 h 30 dans un moule.
Lors de la Hanal Pixán, la première part va à l'autel des défunts (offrande aux âmes). On déballe ensuite le pib en famille et on le partage chaud, souvent accompagné du xec (salade d'agrumes-jícama). C'est un événement collectif autant qu'un plat.
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