Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Kenya · Afrique
Le haricot noir sacré des Gikuyu, écrasé avec bananes et pommes de terre : mets de la jeune accouchée et de la dot, adoré ou détesté.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Ătaler le njahi sec sur un plateau clair et le trier Ă la main : les doliques sĂ©chĂ©s au soleil du shamba charrient souvent petits cailloux, grains fendus ou vĂ©reux. Ăcarter tout ce qui n'est pas un beau grain noir Ă l'Ćil blanc intact. Un tri soigneux Ă©vite le « croc » de la pierre sous la dent, dĂ©sagrĂ©ment frĂ©quent des lĂ©gumineuses de marchĂ©.
Trier et rincer les haricots njahi, puis les tremper une nuit complĂšte dans une grande quantitĂ© d'eau froide. Au matin, l'eau est brun-violacĂ© et les grains ont gonflĂ©, leur petit Ćil blanc bien visible : jeter cette eau. Sans trempage, la cuisson dĂ©passe aisĂ©ment quatre heures ; avec, on gagne prĂšs d'une heure et une meilleure digestibilitĂ©.
Couvrir le njahi Ă©gouttĂ© d'eau fraĂźche et cuire Ă frĂ©missement 2 h 30 Ă 3 h, en rallongeant d'eau chaude au besoin pour qu'ils restent immergĂ©s. Ăcumer au dĂ©part. Les haricots sont prĂȘts quand ils s'Ă©crasent sans rĂ©sistance entre deux doigts et que le bouillon a foncĂ©. C'est la patience qui fait tout : un njahi pressĂ© reste dur.
Ăplucher les bananes vertes les mains huilĂ©es (leur sĂšve tache et oxyde), les couper en tronçons, dĂ©tailler les pommes de terre en gros morceaux. Les ajouter aux haricots cuits avec juste assez d'eau pour affleurer, saler, couvrir et cuire 25 Ă 30 minutes jusqu'Ă ce que tout soit fondant. La banane doit virer au jaune pĂąle et la pomme de terre s'effriter.
Ăgoutter l'excĂšs de liquide (le rĂ©server), puis Ă©craser Ă©nergiquement au pilon Ă mukimo (mwiko) haricots, bananes et pommes de terre en une purĂ©e rustique panachĂ©e de brun et de jaune. Garder un peu de mĂąche, ce n'est pas une crĂšme lisse. Ajuster la texture avec le jus rĂ©servĂ© : elle doit se tenir en dĂŽme sans ĂȘtre sĂšche.
Pour la version moderne « stew », faire suer un oignon émincé dans un peu d'huile jusqu'à blondir, puis y replier délicatement la purée de njahi et la réchauffer. Cette étape est facultative : les puristes servent le mukimo wa njahi nature, sans matiÚre grasse ajoutée, comme le veut la tradition post-partum.
Dresser en dĂŽme dans une assiette creuse, Ă©ventuellement nappĂ© d'un peu de son jus. Chaud, dense, terreux et rĂ©confortant, le njahi se sert au petit-dĂ©jeuner des jeunes mĂšres ou en plat de fĂȘte lors des dots. On le mange lentement, Ă la cuillĂšre ou Ă la main. Servir sans attendre : il fige en refroidissant.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.