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Atlas Culinaire · Danemark · Europe
Le søndagssteg des familles danoises — oksesteg moelleux braisé dans son jus, nappé d'une brun sovs nationale au roux beurre-farine colorée au sovsekulør.
La première grande controverse porte sur le degré de cuisson du rôti : la tradition danoise classique, défendue par Kogebog.dk et les auteurs du magazine Samvirke (référence culinaire nationale danoise publiée depuis 1927), prescrit un oksesteg cuit à 75-80°C à cœur — soit un bœuf entièrement gennemstegt (bien cuit), découpant en tranches uniformes grises qui se défont à la fourchette, signe d'un braisage réussi. Cette école argue que la coupe traditionnelle — tykkam (macreuse) ou bov (épaule) — exige une cuisson longue pour que le collagène se transforme en gélatine et que la viande devienne moelleuse plutôt que filandreuse. Face à elle, les cuisiniers contemporains comme Henrik Boserup (chef étoilé du restaurant Søllerød Kro, Sjælland) et les blogueurs de Gastromand.dk prônent un oksesteg rosastegt (rosé, 60-65°C) voire rosa-rød (saignant, 55-58°C), arguant que ce degré de cuisson révèle la saveur du bœuf danois et qu'il appartient à l'ère du kulinarisk nybrud (renouveau culinaire) porté par la Nouvelle cuisine nordique — voir https://gastromand.dk/ et https://www.kogebog.dk/525/oksesteg-gammeldags. La deuxième controverse divise les cuisiniers sur le colorant de la brun sovs : la tradition nationale utilise le sovsekulør (caramel ammoniac E150c), industrialisé depuis les années 1890 et adopté massivement dans les foyers danois dans les années 1950-60 quand les cuisinières domestiques ont remplacé les cuisiniers de maison — comme le documente Samvirke.dk. Les partisans du renouveau (dont la cheffe Frederikke Wærens, frederikkewaerens.dk, référence danoise des jeunes cuisinières) optent pour la sauce soja, la sauce Worcestershire ou une réduction de fond très sombre, refusant le kulør industriel. Les puristes du Nord (Jutland) achètent deux fois plus de kulør que les Copenhaguois, signe que la fracture géographique et générationnelle est réelle et documentée par Samvirke.dk (https://samvirke.dk/artikler/brun-sovs-saadan-fremstilles-sovsekuloer). Troisième débat : les pommes de terre rôties dans la graisse de bœuf (stegekartofler i oksefedt) — certaines familles jutlandaises considèrent cette technique indissociable du søndagssteg, tandis que les foyers modernes les remplacent simplement par des kartofler kogte (pommes de terre bouillies), jugeant la graisse de bœuf difficile à maîtriser.
Bière danoise : Tuborg Classic (lager ambrée) ou Jacobsen Old Gambrinus (amber ale) — les notes maltées caressent la brun sovs sans dominer le bœuf. Vin rouge léger : Beaujolais-Villages ou Pinot Noir alsacien. Sans alcool : saft de cassis danois (ribssaft) légèrement dilué à l'eau froide — la groseille noire est l'accord classique avec le bœuf en cuisine danoise, elle reprend la gelée de groseilles de la sauce.
9/10 — L'oksesteg med brun sovs est le plat du dimanche par excellence au Danemark, aussi central dans la culture alimentaire que le rôti du dimanche au Royaume-Uni ou le pot-au-feu en France. Selon une enquête Gallup réalisée pour Samvirke (2019), 68% des Danois interrogés citent le søndagssteg parmi leurs plats traditionnels préférés, et l'oksesteg arrive en tête des viandes servies pour ce repas. La brun sovs est elle-même un symbole national : la marque Kulør (sovsekulør) est vendue à plus de 2 millions d'unités par an au Danemark, avec une consommation per capita deux fois plus élevée dans le nord du Jutland qu'à Copenhague, reflétant la géographie de l'attachement à la cuisine traditionnelle.
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Sortir le rôti du réfrigérateur au moins 1 heure avant la cuisson pour qu'il revienne à température ambiante — une viande froide au cœur ne braise jamais uniformément et allonge inutilement le temps de cuisson. Éponger la surface du rôti sur toutes ses faces avec du papier absorbant : une surface sèche est la condition sine qua non d'une belle coloration de Maillard. Saler et poivrer généreusement de toutes parts, en appuyant sur les assaisonnements pour qu'ils adhèrent à la surface. Préparer les légumes de braisage : oignons en quartiers, carottes en tronçons de 4 cm, céleri en morceaux grossiers. Préchauffer le four à 180°C chaleur statique (ou 160°C chaleur tournante).
Faire fondre le beurre dans une cocotte en fonte ou dans un plat à rôtir allant sur le feu, à feu vif jusqu'à ce que le beurre mousse et commence à chanter. Saisir le rôti sur chaque face pendant 2 à 3 minutes sans le déplacer — la viande se décollera naturellement quand la croûte Maillard sera formée. Retourner avec des pinces (jamais de fourchette qui perfore la viande et fait fuir les jus). Saisir en dernier les deux extrémités. La surface totale doit être dorée brun-caramel uniforme. Retirer le rôti et réserver. Faire revenir les oignons, carottes et céleri dans les sucs de cuisson pendant 2 à 3 minutes jusqu'à légère coloration.
2h à 2h30 — Remettre le rôti sur le lit de légumes dans la cocotte. Ajouter l'eau chaude (ou le fond) pour que le liquide arrive à mi-hauteur du rôti — il ne doit pas être submergé, le braisage se fait dans la vapeur et le liquide à la fois. Poser les feuilles de laurier et le thym. Porter à frémissement sur le feu, mettre le couvercle hermétiquement et enfourner à 180°C. Retourner le rôti à mi-cuisson (après 1 heure) et l'arroser avec le jus de braisage. Pour un bœuf gennemstegt (tradition danoise classique), cuire jusqu'à 75-80°C à cœur — environ 2h à 2h30 selon l'épaisseur. Pour un bœuf rosastegt (moderne), arrêter à 60-65°C.
20 minutes minimum — Sortir le rôti de la cocotte et le poser sur une planche à découper. Couvrir en tente lâche avec du papier aluminium et laisser reposer 20 minutes minimum — cette étape est obligatoire quelle que soit l'école choisie (rosastegt ou gennemstegt). Pendant le repos, les fibres musculaires se détendent, les jus se redistribuent uniformément dans toute la masse de la viande, et la température interne se stabilise. Un rôti coupé immédiatement perd une grande partie de ses jus dans la planche. Pendant ce temps, préparer la brun sovs avec le fond de braisage.
Filtrer le fond de braisage au chinois en pressant bien les légumes pour en extraire toute la saveur — vous devez obtenir environ 5 dl de fond parfumé. Dégraisser en surface avec une cuillère si le fond est trop gras. Dans une casserole à fond épais, faire fondre le beurre à feu moyen jusqu'à ce qu'il mousse légèrement. Ajouter la farine d'un coup et fouetter vigoureusement pendant 1 à 2 minutes sans laisser brunir — le roux doit sentir légèrement la noisette torréfiée. Verser le fond de braisage chaud en filet progressif en fouettant constamment pour éviter les grumeaux. Laisser cuire à feu moyen en remuant pendant 8 à 10 minutes jusqu'à ce que la sauce nappe le dos d'une cuillère. Ajouter la crème, la gelée de groseilles, et assaisonner. Incorporer le sovsekulør cuillère par cuillère en goûtant jusqu'à obtenir la couleur ambre-brun caractéristique de la brun sovs danoise. Laisser mijoter encore 5 minutes.
bouillies ou rôties dans la graisse — Option 1 (tradition classique) — Kogte kartofler : éplucher les pommes de terre, les couper en deux si elles sont grosses, les plonger dans de l'eau froide salée. Porter à ébullition et cuire 20 à 25 minutes jusqu'à ce qu'elles soient tendres à la lame. Égoutter. Option 2 (tradition jutlandaise) — Stegekartofler i oksefedt : récupérer la graisse de bœuf de la cocotte après le braisage. Couper les pommes de terre en quartiers épais. Dans une poêle ou plat à rôtir, faire chauffer la graisse à feu moyen-vif. Ajouter les pommes de terre et les rôtir 25 à 30 minutes au four à 200°C en les retournant à mi-cuisson, jusqu'à croûte dorée croustillante. Saler en sortant du four.
Retirer la ficelle du rôti. Avec un couteau à longue lame bien aiguisée, découper le rôti en tranches fines (5-7 mm) perpendiculairement au fil des fibres musculaires — toujours contre le grain pour maximiser la tendreté des tranches. Si vous avez du mal à identifier le sens des fibres, retourner le rôti et observer la direction des fibres en surface avant de trancher. Disposer les tranches en éventail légèrement superposées sur un plat de service chaud. Verser un filet de brun sovs chaude sur les tranches et servir le reste en saucière séparée. Accompagner des pommes de terre et, selon la tradition, de rødkål braisé (chou rouge à la danoise, vinaigre et sucre) ou de syltede rødbeder (betteraves marinées danoises).
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