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Atlas Culinaire · Corée du Nord · Asie
Dans le Hamgyong nordiste où le maïs détrône le riz, la farine de maïs (강냉이가루) prend la place de la farine de riz dans le tteok quotidien — cuit-vapeur, fourré ou nature, couleur or mat et saveur douce
La querelle fondamentale de l'oksusu-tteok touche à sa légitimité même en tant que «tteok» : pour l'orthodoxie culinaire coréenne, le tteok est par définition un gâteau de riz (rice cake), et utiliser de la farine de maïs à la place revient — selon les gardiens de la tradition de Seoul — à nommer «riz» ce qui ne l'est pas. L'encyclopédie culinaire 임원십육지 (Imwon Sibyuk Ji, 1835, Seo Yu-gu) documente déjà la préparation sous le nom 옥수수떡 mais la cantonne à un contexte chinois (région de Yan/Beijing), laissant entendre que le tteok de maïs était perçu comme une préparation «extérieure» à la tradition coréenne du riz gluant. La source de la vraie légitimisation populaire vient du Hamgyong : dans cette province du Nord-Est, la production de riz est quasi-nulle (relief montagneux, climat) et le maïs (강냉이, terme dialectal local) est la céréale principale depuis le XIXe siècle. La 조선무쌍신식요리제법 (Yi Yong-gi, 1936) le documente explicitement comme préparation de montagne et de campagne. La 조선료리협회 (Association culinaire nord-coréenne) le codifie sous deux noms parallèles : 찰강냉이떡 (version gluante, proche de l'injeolmi) et 강냉이골무떡 (version en dé à coudre, sans farce). La tension persiste dans la diaspora du Hamgyong installée au Sud : ces 실향민 (déplacés) le préparent comme plat de mémoire, mais ne le trouvent jamais dans les pâtisseries coréennes officielle (tteokjip) qui refusent d'appeler "tteok" un produit sans riz.
Thé de maïs rôti (옥수수차) chaud, ou makgeolli (막걸리) légèrement acidulé. Traditionnellement servi avec du miel ou du sirop de riz (조청) versé au dernier moment pour les enfants, ou avec du kimchi de radis (깍두기) pour équilibrer la douceur du maïs.
Dans la province du Hamgyong — frontière nord-est de la péninsule, cernée par le relief des monts Paektu et Taebaek — le riz n'a jamais été une culture accessible au quotidien. Le maïs (강냉이, terme dialectal qui vient de «강냉이» dérivation de l'espagnol colonial via le japonais 唐黍/tōkibi), importé par les commerçants durant l'ère Joseon tardif, s'y est imposé comme céréale principale dès le milieu du XIXe siècle. L'oksusu-tteok est donc moins une «invention» culinaire qu'une adaptation de survie : la technique du tteok (vapeur sur linge humide, 시루) transportée vers un grain disponible. Aujourd'hui en Corée du Nord, le maïs représente jusqu'à 40-60% des apports caloriques quotidiens des provinces du nord-est (données ONG + rapports FAO/WFP 2010-2020), et l'oksusu-tteok reste l'un des rares aliments festifs accessibles — préparé pour Chuseok (추석) ou le Nouvel An lunaire (설날) quand le riz reste réservé aux tables d'exception.
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Rincer les 팥 trempés, couvrir d'eau froide et porter à ébullition. Jeter la première eau (retire l'amertume). Recommencer avec eau fraîche et cuire à feu doux 40-50 min jusqu'à tendreté complète — les grains doivent s'écraser facilement entre deux doigts. Égoutter en réservant un peu d'eau de cuisson. Écraser grossièrement au pilon (pas en purée lisse), ajouter le sucre et le sel. Faire sécher légèrement à la poêle à feu doux 5 min en remuant — la farce doit former une boule qui tient.
Dans un grand bol, mélanger la farine de maïs et le sel. Verser l'eau bouillante en filet en remuant vigoureusement à la spatule, puis pétrir à la main (avec précaution, la pâte est chaude). Travailler 5-7 min jusqu'à obtenir une pâte souple, homogène, non-collante. Si trop sèche, ajouter 1-2 cs d'eau bouillante. Si trop collante, saupoudrer légèrement de farine. Envelopper dans un linge humide et laisser reposer 10 min.
Diviser la pâte en portions de 40-50 g. Pour la version nature (강냉이골무떡) : enfoncer le pouce au centre pour former un dé à coudre. Pour la version farcie : aplatir en disque de 8 cm, déposer 1 cs de 팥소 au centre, refermer la pâte en pincant bien les bords, former une boule ovale (형태 : 반달형 ou ovale). Veiller à ce que les bords soient bien soudés sinon la farce s'échappe à la vapeur.
Garnir le panier vapeur (시루) d'un linge humide ou de feuilles de maïs propres. Disposer les tteok en les espaçant de 2-3 cm (ils gonflent légèrement). Porter l'eau à ébullition franche dans la casserole. Placer le panier, couvrir hermétiquement et cuire à la vapeur vigoureuse 20-25 min. Ne pas soulever le couvercle pendant les 20 premières minutes.
Sortir délicatement les tteok du panier — ils sont fragiles chauds. Badigeonner immédiatement d'une fine couche d'huile de sesame (참기름) au pinceau pour empêcher le collage entre pièces et donner le brillant. Servir tièdes, découpés en deux si grande taille pour révéler la farce rouge. Peuvent être saupoudrés de poudre de haricot jaune (콩가루) pour la version injeolmi.
À température ambiante (hiver ou endroit frais) : 1 jour. Au réfrigérateur : 2-3 jours. Surgeler individuellement sur plateau avant de mettre en sachet pour 1 mois. Décongeler à la vapeur 10 min directement. Ne jamais décongeler à température ambiante — la condensation ramollit l'extérieur pendant que l'intérieur reste dur.
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