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Atlas Culinaire · Costa Rica · Amériques
Le pot-au-feu dominical du Costa Rica â bĆuf Ă l'os mijotĂ© 3 heures avec yuca, ñampĂ, tiquisque, plĂĄtano vert, ayote, Ă©lote et chayote, servi 'a tres vuelcos' (bouillon, viande-lĂ©gumes, riz sĂ©parĂ©s). Pilier ICT Ă cĂŽtĂ© du gallo pinto et du casado.
Plat NATIONAL costaricain reconnu par l'ICT (Instituto Costarricense de Turismo) comme l'un des trois piliers gastronomiques officiels du pays, aux cĂŽtĂ©s du gallo pinto et du casado. PrĂ©parĂ© depuis plus d'un siĂšcle, c'est LE rituel dominical familial. Multiples controverses techniques et identitaires. (1) ORIGINE â DESCENDANT DE L'OLLA PODRIDA ESPAGNOLE ? ThĂ©orie dominante : l'olla de carne descend directement de l'**olla podrida** ibĂ©rique (cocido madrileño, puchero), apportĂ©e par les conquistadors au XVIe siĂšcle, puis adaptĂ©e au terroir tropical en remplaçant pois chiches/navets par yuca, ñampĂ, plĂĄtano et ayote. ThĂ©orie alternative (Marjorie Ross, *Entre el Comal y la Olla*, 2001) : croisement entre olla podrida espagnole et techniques indigĂšnes chorotega de cuisson en pot de terre cuite avec racines locales. (2) DĂBUT XXe SIĂCLE â PLAT QUOTIDIEN VS DOMINICAL : selon les archives de la Universidad de Costa Rica, l'olla de carne Ă©tait consommĂ©e QUOTIDIENNEMENT par les familles ticas dans les annĂ©es 1920-1940. Avec l'industrialisation du pays et le travail salariĂ©, elle est devenue un plat DOMINICAL ou de week-end (cuisson longue impossible en semaine). Aujourd'hui : 80% des familles ticas la prĂ©parent au moins 2 fois/mois selon une enquĂȘte INEC 2018. (3) LA TROIKA DES TUBERCULES â YUCA / ĂAMPĂ / TIQUISQUE â NON NĂGOCIABLE : la signature absolue de l'olla de carne tica = trio de racines tropicales. **Yuca** (manioc, *Manihot esculenta*), **ñampĂ** (taro malanga, *Xanthosoma sagittifolium*), **tiquisque** (taro Ă©lĂ©phant, *Colocasia esculenta*). Le tiquisque blanco et le tiquisque morado (violet) cohabitent. Sans ces 3 racines : ce n'est PAS une olla de carne tica, c'est un sancocho gĂ©nĂ©rique. (4) AYOTE vs ZAPALLO â DĂBAT BOTANIQUE : l'**ayote** (*Cucurbita moschata*, courge butternut tropicale) est OBLIGATOIRE selon la tradition costaricaine. Certaines familles modernes substituent zapallo (potiron) ou butternut europĂ©en â les puristes refusent. (5) PLĂTANO VERT VS MADURO : controverse forte. Tradition tica = **plĂĄtano VERT** (fĂ©culent, tient la cuisson, donne de la consistance au bouillon). Erreur frĂ©quente des touristes/expats = utiliser plĂĄtano maduro qui se dĂ©sagrĂšge. (6) ĂLOTE EN RONDELLES ĂPAISSES : maĂŻs frais sur Ă©pi (*Zea mays*) coupĂ© en troncs de 4-5 cm, jamais grains dĂ©tachĂ©s. La rafle parfume le bouillon. (7) MORCEAU DE BĆUF â OS Ă MOELLE OBLIGATOIRE : tradition tica = **costilla de res** (cĂŽtes de bĆuf), **murrillo** (jarret), **espinazo** (Ă©chine). L'os Ă moelle (*tuĂ©tano*) est la signature absolue â sans os, pas de gĂ©latine, pas de bouillon corsĂ©. (8) SERVICE 'A TRES VUELCOS' : tradition de la VallĂ©e centrale â service en TROIS plats sĂ©parĂ©s. Vuelco 1 = le bouillon clair en bol (parfois avec un peu de riz blanc dedans). Vuelco 2 = viande + lĂ©gumes + tubercules sur grande assiette. Vuelco 3 = riz blanc Ă part. Le mangeur compose ses bouchĂ©es. Ă LimĂłn (cĂŽte caribĂ©enne, influence afro), tout est servi ensemble. (9) MERCADO CENTRAL DE SAN JOSĂ â TEMPLE DE LA OLLA DE CARNE : la **Soda Tala** (Mercado Central, depuis 1953) sert l'olla de carne tica de rĂ©fĂ©rence, citĂ©e dans Anthony Bourdain *Parts Unknown* (2014). (10) RIVALITĂ NICARAGUA â SOPA DE RES : le Nicaragua a sa **sopa de res** cousine, avec viande de bĆuf et lĂ©gumes. DiffĂ©rence : pas de Lizano, peu de tubercules tropicaux exotiques (yuca seul). L'olla de carne tica reste UNIQUE par sa troika ñampĂ-tiquisque-ayote.
Boisson signature : **agua dulce** (infusion chaude de tapa de dulce, sucre de canne brut, cannelle et citron vert) â accord historique des familles ticas le dimanche midi. Variante froide : **fresco de tamarindo** ou **fresco natural de cas** (Psidium friedrichsthalianum, fruit acidulĂ© endĂ©mique). CafĂ© costaricain TarrazĂș en finale obligatoire. Version festive adulte : biĂšre **Imperial** (la nationale, brassĂ©e par CervecerĂa Costa Rica depuis 1888) ou **Pilsen**. Vin rouge : peu de tradition, mais un Tempranillo Rioja Crianza lĂ©ger ou un CarmenĂšre chilien fonctionnent.
10/10 â pilier officiel ICT (Instituto Costarricense de Turismo) de la gastronomie nationale aux cĂŽtĂ©s du gallo pinto et du casado. Plat dominical familial absolu â 80% des familles ticas le prĂ©parent au moins 2 fois/mois (enquĂȘte INEC 2018). Sodas emblĂ©matiques : Soda Tala (Mercado Central San JosĂ©, depuis 1953, citĂ©e par Anthony Bourdain *Parts Unknown* 2014), Soda Tapia (San JosĂ©, 1948), Soda La Princesa (Mercado Central, 1942). PrĂ©sent dans tous les marchĂ©s centraux des principales villes (San JosĂ©, Heredia, Alajuela, Cartago). Diaspora costaricaine (Miami, Madrid) maintient avec ferveur. Servi lors de rĂ©unions de famille, anniversaires, NoĂ«l, pĂ©riodes de deuil â comfort food tica par excellence.
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Mettre la viande à l'os dans une grande marmite, couvrir largement d'eau froide. Porter à ébullition vive, écumer 5 min toute l'écume grise qui remonte. JETER cette premiÚre eau, bien rincer la viande sous l'eau froide pour retirer toute écume coagulée. Nettoyer la marmite. C'est l'astuce de doña Tala pour un bouillon CRISTALLIN.
Remettre la viande blanchie dans la marmite propre. Couvrir de 4 litres d'eau FROIDE. Ajouter oignon coupĂ© en deux, gousses d'ail Ă©crasĂ©es, tige de cĂ©leri, moitiĂ© du bouquet de coriandre, culantro coyote, origan, cumin, grains de poivre. Porter Ă frĂ©missement DOUX (jamais Ă©bullition forte sinon viande dure). Ăcumer encore si nĂ©cessaire. Couvrir partiellement et laisser mijoter 1h30 Ă feu trĂšs doux.
AprĂšs 1h30 de cuisson de la viande, ajouter dans l'ordre les tubercules durs : yuca en tronçons, ñampĂ, tiquisque, pomme de terre, camote. Saler maintenant (1 c.Ă .s.). Cuire 25 min Ă frĂ©missement doux â les tubercules doivent ĂȘtre tendres mais TENIR LEUR FORME, jamais en purĂ©e.
Ajouter ensuite l'ayote en gros morceaux, le chayote en quartiers, les troncs d'Ă©lote (Ă©pis de maĂŻs), les carottes. Continuer la cuisson Ă frĂ©missement 15 min â l'ayote doit ĂȘtre tendre mais entier, le chayote doit garder sa forme.
Couper le plåtano vert en gros tronçons de 3 cm SANS peler complÚtement (laisser 1/3 de la peau pour qu'il tienne). Ajouter au bouillon les 12 derniÚres minutes de cuisson seulement. Le plåtano vert tient bien et donne corps au bouillon. NE JAMAIS utiliser plåtano maduro.
GoĂ»ter le bouillon, rectifier sel et poivre. Si le bouillon est trop salĂ© (les os ont relĂąchĂ© beaucoup de sel naturel), allonger d'un peu d'eau chaude. Couper le feu, ajouter la moitiĂ© restante de coriandre fraĂźche hachĂ©e. Laisser reposer 5 min couvert â les saveurs s'Ă©quilibrent.
Dans des bols creux, servir une louche gĂ©nĂ©reuse de bouillon clair avec un peu de coriandre fraĂźche par-dessus. Optionnellement, ajouter 2 c.Ă .s. de riz blanc dans le bol. Citron vert Ă presser Ă table selon le goĂ»t de chacun. C'est le PREMIER vuelco â soupe d'attaque.
Sur une grande assiette plate (ou petit plateau familial), disposer harmonieusement les morceaux de viande Ă l'os, les tubercules de la troika tica, les lĂ©gumes (ayote, chayote, carotte, plĂĄtano, Ă©lote), saupoudrer de coriandre fraĂźche. Servir avec quartiers de citron vert, salsa Lizano Ă table, tortillas chaudes en panier. C'est le DEUXIĂME vuelco.
Dans un plat sĂ©parĂ©, prĂ©senter le riz blanc tica chaud (cuit Ă part avec ail et oignon). C'est le TROISIĂME vuelco. Le mangeur compose ses bouchĂ©es en mĂ©langeant Ă la fourchette dans son assiette â bouillon, viande, lĂ©gumes, riz. La salsa Lizano est l'option finale tica.
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