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Atlas Culinaire · Espagne · Europe
La nube catalana que se come a pellizcos
La querelle des origines divise depuis longtemps les localités catalanes : la pastisseria Can Català de Vic, implantée carrer dels Argenters et connue pour sa marque au coq moderniste « Kikirikick », a longtemps été présentée comme le berceau incontesté du pa de pessic de Vic. Mais la pastisseria La Piconaire d'Arbúcies revendique une antériorité encore plus ancienne : fondée en 1865 par le berger Ramon Ginesta i Bosch — qui aurait reçu la formule d'un pâtissier royal lors du passage du roi Alphonse XIII — elle a transmis sa recette oralement de génération en génération jusqu'à la mort d'Enric Casals Ginesta (quatrième génération) le 22 mars 2016, emportant avec lui la formule exacte (naciodigital.cat, 2016). Plus profonde encore est la controverse sur la fécule : les tenants de la tradition la plus ancienne — dont la blogueuse culinaire de référence Su Webos Fritos, qui a republié une recette des années 1980 transmise par « El Rincón de la Mariposa » — défendent la fécule de pomme de terre (Santiveri, disponible en herboristerie) comme ingrédient obligatoire, au motif que les vieux recetaris manuscrits des années 80-90 s'accordent sur cette fécule et non sur la maïzena (webosfritos.es) ; en face, Josep Lladonosa i Giró — chef historique des 7 Portes de Barcelone et auteur de la référence canonique La cuina catalana (Rosa Dels Vents, 2022) — prescrit la fécule de maïs (maïzena) dans sa recette de pa de pessic de Vic, version adoptée par la revistadevic.cat et la majorité des pâtissiers contemporains ; cette substitution, jugée anodine par les modernes, est considérée comme une trahison de la texture originale par les défenseurs de la fécule de pomme de terre, qui estiment que la patata apporte une humidité résiduelle et un fondant impossibles à reproduire avec le maïs.
Cava Brut Nature DO Cava (Penedès) — les bulles fines prolongent la légèreté de la mie sans écraser le zeste de citron ; à défaut, un Moscatel DO Catalunya légèrement frais ou un simple café amb llet tiède, accord traditionnel des petits-déjeuners catalans.
Le pa de pessic est omniprésent dans les boulangeries de Vic, de Gérone et du Collsacabra. Il est le gâteau incontournable des petits-déjeuners catalans, trempé dans du café amb llet ou du chocolat chaud. La tradition des processons patronales — où l'on distribuait ce gâteau aux fidèles — est bien vivante dans les fêtes de village d'Osona.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Sortir les œufs du réfrigérateur au moins 30 minutes avant de commencer — les blancs froids foisonnent moins bien et peinent à atteindre des pics fermes stables. Préchauffer le four à 160 °C en mode chaleur haut-bas sans ventilateur : la chaleur tournante assèche le dessus avant que le cœur soit cuit, produisant un gâteau trop sec. Beurrer le fond et les parois d'un moule rond de 20-22 cm, puis fariner légèrement ou tapisser d'un disque de papier sulfurisé.
Tamiser ensemble la fécule de pommes de terre et la farine de blé au moins deux fois : ce double tamisage aère les poudres et supprime les grumeaux qui, lors de l'incorporation, casseraient les blancs en neige par frottement. Si vous utilisez de la levure chimique, la tamiser avec les fécules à ce stade. Réserver ce mélange à température ambiante dans un bol sec.
Séparer les œufs avec soin, en veillant à ce qu'aucune trace de jaune ne contamine les blancs. Fouetter les 4 jaunes avec 60 g de sucre fin pendant 3 à 4 minutes à vitesse élevée, jusqu'à obtenir un mélange pâle, crémeux et triplé de volume : c'est ce qu'on appelle « blanquear » (blanchir). Ajouter le zeste du demi-citron râpé finement et fouetter encore 30 secondes.
Dans un bol parfaitement propre et sec, commencer à fouetter les blancs à vitesse moyenne. Quand ils forment une mousse opaque, ajouter les 65 g de sucre restants en pluie fine tout en continuant à fouetter. Augmenter progressivement la vitesse jusqu'au maximum pour atteindre des pics fermes et brillants : les blancs doivent former un bec d'oiseau droit — ni trop mous (glissent et ne tiennent pas) ni trop fermes et granuleux (difficiles à incorporer et gâteau sec).
Verser le mélange de fécules et farine tamisé sur les jaunes blanchis, en trois ou quatre additions, en incorporant délicatement avec une maryse par des mouvements de bas en haut en raclant le fond du bol. Ne pas mélanger circulairement : ce mouvement casse l'émulsion créée par le battage. La pâte sera épaisse et dense à ce stade — c'est normal.
Incorporer d'abord un quart des blancs dans la pâte de jaunes avec des mouvements énergiques pour la détendre et l'homogénéiser. Ajouter ensuite les blancs restants en deux additions, en utilisant uniquement des gestes enveloppants de bas en haut (mouvements dits « envolventes » en catalan : enveloppants, soulevants). Tourner le bol d'un quart à chaque geste. S'arrêter dès que les blancs sont incorporés — quelques traces blanchâtres au fond valent mieux que des blancs cassés par un malaxage excessif.
Verser délicatement la pâte dans le moule préparé sans la travailler — un seul coulé depuis le bol suffit. Lisser légèrement la surface avec la maryse. Enfourner sur la grille la plus basse du four (éloigné de la résistance du dessus) à 160 °C chaleur haut-bas, sans ventilateur, pendant 30 à 35 minutes. Vérifier la cuisson à 30 minutes : un cure-dent planté au centre doit ressortir propre, et le gâteau doit s'être légèrement décollé des parois.
À la fin de la cuisson, éteindre le four et entrouvrir la porte d'environ 5 cm. Laisser le gâteau reposer dans le four ainsi entrouvert pendant 10 minutes : cette sortie progressive évite le choc thermique qui affaisse la mie. Sortir ensuite le moule et le poser sur une grille à température ambiante pendant 10 minutes supplémentaires avant de démouler. Laisser refroidir complètement sur grille avant de saupoudrer le sucre glace.
Une fois le gâteau totalement froid, le démouler délicatement en passant une spatule fine sur le pourtour. Saupoudrer généreusement de sucre glace à travers un tamis fin juste avant de servir. Le pa de pessic se conserve 2 à 3 jours dans un sac plastique hermétique ou une boîte hermétique à température ambiante : l'humidité résiduelle des œufs entretient la texture nuageuse. Il peut aussi servir de base pour les monas de Pascua catalanes (gâteaux de Pâques) en le trempant d'un sirop léger à la liqueur de coing ou à l'eau de fleur d'oranger.
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Sourcer ou se taire
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