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Atlas Culinaire · El Salvador · Amériques
Le sandwich-fĂȘte salvadorien : poulet mijotĂ© dans une salsa de tomates et de relajo grillĂ©, glissĂ© dans un pain français avec berro (cresson), tomate, concombre, radis, Ćuf dur et curtido â le pan « con todo » des soirs de dĂ©cembre et des veillĂ©es.
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Frotte les morceaux de poulet avec la moutarde, un peu de sauce Worcestershire, le cube de bouillon Ă©miettĂ©, du sel et du poivre, et laisse-les prendre les saveurs pendant que tu prĂ©pares le reste. On marine parce que cette base moutarde-consomĂ© est exactement ce que recommandent les recettes salvadoriennes pour donner au poulet son fond savoureux avant mĂȘme la sauce. Fais-le ensuite cuire dans une casserole avec un fond d'eau, Ă couvert, jusqu'Ă ce que la chair se dĂ©tache de l'os. Tu sauras que c'est prĂȘt quand une cuisse percĂ©e laisse couler un jus clair et que la viande s'effiloche sans rĂ©sistance. RĂ©serve le poulet et garde prĂ©cieusement le bouillon de cuisson : il servira Ă allonger la salsa. Si le poulet attache, ajoute une louche d'eau, surtout ne le laisse pas sĂ©cher.
Fais griller Ă sec, dans une poĂȘle chaude, les Ă©pices du relajo â sĂ©same, pĂ©pins de courge, chile guajillo Ă©pĂ©pinĂ©, cacahuĂšte, origan, laurier â en remuant jusqu'Ă ce qu'elles dorent et libĂšrent leur parfum de noisette grillĂ©e. On grille d'abord les Ă©pices parce que c'est ce geste, et non la simple tomate, qui donne Ă la salsa salvadorienne sa profondeur fumĂ©e si reconnaissable. Sur la mĂȘme poĂȘle ou au four, rĂŽtis ensuite les tomates, l'oignon, l'ail et le chile vert jusqu'Ă ce que leur peau cloque et noircisse par endroits. Tu sentiras l'odeur sucrĂ©e-grillĂ©e des tomates rĂŽties envahir la cuisine : c'est le signal. Attention Ă ne pas carboniser les Ă©pices â dĂšs qu'elles brunissent, retire-les, car un relajo brĂ»lĂ© rend la sauce amĂšre et gĂąche tout. RĂ©serve sĂ©parĂ©ment les Ă©pices grillĂ©es et les lĂ©gumes rĂŽtis, tu les rĂ©uniras au mixeur juste aprĂšs.
Mixe ensemble le relajo grillé, les tomates et aromates rÎtis, et un peu du bouillon de poulet réservé, jusqu'à obtenir une salsa lisse et parfumée. Pour le corps, ajoute le pain français rassis et mixe encore : on épaissit ainsi parce que la mie absorbe le liquide et donne à la sauce cette texture nappante qui s'accroche au poulet et à la mie du sandwich, sans couler partout. Verse la salsa dans une casserole, ajoute le poulet effiloché et laisse mijoter une trentaine de minutes à feu doux pour que tout se marie. La cible, c'est un poulet enrobé d'une sauce brun-rouge brillante, ni trop liquide ni pùteuse, qui nappe la cuillÚre. Si elle épaissit trop en réduisant, détends avec du bouillon ; si elle reste claire, ajoute un morceau de pain mixé. Remue de temps en temps pour que la salsa n'accroche pas au fond et reste bien brillante.
Plonge le chou Ă©mincĂ© quelques minutes dans l'eau bouillante puis Ă©goutte-le bien : on l'Ă©chaude pour l'assouplir et lui ĂŽter son cĂŽtĂ© trop cru et soufrĂ©, tout en gardant un peu de croquant. MĂ©lange-le ensuite avec de la mayonnaise et de la moutarde, sel et poivre, pour obtenir un curtido crĂ©meux qui apportera fraĂźcheur et aciditĂ© au sandwich. Tu cherches un chou souple mais encore vivant sous la dent, liĂ© par la sauce sans nager dedans. Cette garniture crĂ©meuse est ce qui Ă©quilibre la richesse du poulet en salsa. Si le chou rend trop d'eau, presse-le dans tes mains avant de l'assaisonner. PrĂ©pare aussi les autres garnitures : tranche les tomates, le concombre, les radis et les Ćufs durs, et lave bien le berro.
Ouvre chaque pain français en portefeuille sans le sĂ©parer complĂštement, et tartine l'intĂ©rieur de mayonnaise et d'un peu de moutarde. On commence par le gras parce qu'il impermĂ©abilise lĂ©gĂšrement la mie et porte les saveurs. Dispose ensuite une couche de berro, puis le curtido de chou, et les tranches fraĂźches de tomate, concombre, radis et Ćuf dur, en construisant le « con todo » couche par couche. La cible, c'est un sandwich gĂ©nĂ©reux et colorĂ©, oĂč chaque bouchĂ©e croise le croquant du cresson, la fraĂźcheur du concombre et l'onctueux du curtido. Ne tasse pas trop : le pan con pollo doit rester aĂ©rĂ©. Garde le pain encore un peu croustillant Ă ce stade â il ne reçoit la salsa qu'au dernier moment.
Juste avant de servir, dĂ©pose une belle part de poulet en salsa dans chaque pain et nappe d'une cuillerĂ©e supplĂ©mentaire de sauce â c'est le geste final, exĂ©cutĂ© Ă la derniĂšre minute pour que la mie ne se dĂ©trempe pas, exactement comme l'enseignent les cuisiniĂšres salvadoriennes. Sers immĂ©diatement, tant que le pain craque encore et que la salsa est chaude. On mange le panes con pollo Ă la main, penchĂ© en avant, en laissant la sauce dĂ©gouliner un peu : c'est le signe d'un bon « con todo ». La cible, c'est un sandwich juteux mais tenant, oĂč le pain rĂ©siste sous les doigts. Si tu prĂ©pares une grande fournĂ©e pour une fĂȘte, garde la salsa au chaud Ă part et n'assemble qu'au fur et Ă mesure des convives. Pose sur la table un bol de salsa supplĂ©mentaire, car chacun aime en rajouter Ă sa convenance.
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