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Atlas Culinaire · Mexique · Tabasco & Sud-Est
Le poisson-emblÚme grillé à la braise, noyé dans un chirmol chontal lié à la masa et la pepita
Le pejelagarto en chirmol cumule deux revendications identitaires fortes. D'abord le poisson : Larousse Cocina et MĂ©xico Desconocido le dĂ©signent comme « l'un des principaux symboles de la gastronomie tabasqueña », un Lepisosteidae quasi inchangĂ© depuis des dizaines de millions d'annĂ©es, dont l'aire de production majeure est chontale et putĂșn. Ensuite le chirmol lui-mĂȘme : lossaboresdemexico et l'Atlas chontal le dĂ©crivent comme « un guiso gastronomique chontal trĂšs proche du mole », Ă base de masa, pepita, chile dulce et jitomate, « pratiquement sans ingrĂ©dient europĂ©en ». La brigade tranche sur le point le plus dĂ©battu â la cuisson : un sibarita tropical (sdpnoticias) pose la rĂšgle que « la viande du chirmol doit ĂȘtre rĂŽtie au bois sur les braises » avant d'entrer dans la sauce. Ce qui distingue donc le vrai pejelagarto en chirmol d'un simple poisson en sauce, c'est l'Ă©tape braise obligatoire et la liaison Ă la pepita grillĂ©e, hĂ©ritage chontal/olmĂšque direct.
Pozol ou agua de chĂa bien frais pour Ă©quilibrer le fumĂ© et le piquant (option sans alcool). Une cerveza claire pour qui veut alcool.
Plat emblĂšme de Tabasco, vedette de la cuaresma (CarĂȘme) et de la cuisine chontale des humedales ; le pejelagarto est la fiertĂ© gastronomique de l'Ătat.
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C'est la condition du chirmol : la viande doit ĂȘtre rĂŽtie au feu de bois sur les braises. Embrocher le pejelagarto en long sur une estaca et le poser sur les brasas, ou le poser sur la parrilla, aprĂšs l'avoir frottĂ© d'ail, de citron, d'achiote et de sel. Griller jusqu'Ă ce que la peau Ă©cailleuse noircisse et que la chair se dĂ©tache.
Une fois grillĂ©, casser la cuirasse d'Ă©cailles dures du pejelagarto et prĂ©lever la chair en morceaux, en retirant les arĂȘtes. RĂ©server cette chair fumĂ©e : elle sera rĂ©intĂ©grĂ©e dans la sauce ou servie nappĂ©e du chirmol.
Griller à sec sur le comal les chiles, la pepita de calabaza, la tortilla et la moitié de l'oignon, puis broyer le tout (« el espeso »). Délayer avec un peu d'eau et passer au tamis pour une texture lisse. C'est ce mélange grillé-broyé qui fait du chirmol un mole chontal lié, sans ingrédient européen.
Dans une cazuela, faire revenir l'ail, l'orégano negro et le reste de l'oignon. Ajouter le jitomate grillé écrasé et laisser réduire. Ce sofrito parfumé reçoit ensuite l'espeso tamisé.
Verser l'espeso tamisĂ© sur le sofrito, mĂ©langer et porter Ă frĂ©missement en remuant. Si on veut un chirmol plus dense, ajouter un peu de masa de maĂz dĂ©layĂ©e. La sauce doit ĂȘtre « caldosa pero consistente » â brothy mais nappante. Rectifier le sel et le piquant.
DĂ©poser la chair de pejelagarto grillĂ©e dans le chirmol frĂ©missant et laisser quelques minutes pour qu'elle s'imprĂšgne de la sauce sans se dĂ©liter. Le poisson fumĂ© et le mole de pepita-chile se marient ici : c'est le cĆur du plat.
Servir le pejelagarto en chirmol dans un plato hondo, car la sauce est généreuse. Accompagner de tortillas faites main épaisses et croustillantes, ou de riz blanc, et de chile amashito à cÎté. C'est un plat de cuaresma et de fierté tabasqueña.
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