Chargement de l’atlas
Atlas Culinaire · Wallis-et-Futuna · Océanie
Le peke peke mei est l'un des desserts de récolte de Wallis-et-Futuna — celui que les familles préparent quand les mei ('ulu, fruit à pain) tombent en abondance dans les jardins de juin à octobre. «Peke peke» désigne le râpage en wallisien — geste lent, circulaire, sur râpe en bois ou en coco. Le fruit à pain râpé est mélangé à du lait de coco frais et du sucre, puis enveloppé dans des feuilles de bananier et cuit à l'étuvée ou sous les pierres chaudes. Texture mi-gâteau mi-pudding, goût doux de coco sucré avec la légère amertume du fruit à pain mature.
La principale controverse autour du peke peke mei à Wallis-et-Futuna concerne le stade de maturité du fruit à pain utilisé. Les anciens de Wallis, comme le rapporte Cyril Jarnias (2024) dans son guide expatrié, insistent sur le mei bien mûr — presque fermenté, légèrement jaune-orangé sous la peau, à la chair molle — qui donne au peke peke sa douceur naturelle sans adjonction de sucre (la tradition pré-contact ne connaissait pas le sucre de canne). Les familles contemporaines utilisent quasi-systématiquement du fruit à pain mi-mûr (chair blanche ferme) et compensent par du sucre blanc ou du sucre roux en abondance — résultat : un dessert beaucoup plus sucré, plus proche d'un pudding occidental que du goût ancestral. La seconde controverse porte sur la cuisson : les aîné·e·s utilisent les pierres chauffées de l'umu (four polynésien) — 45 min à 1h — ce qui donne une légère note fumée caractéristique. La version contemporaine utilise le bain-marie ou la cocotte vapeur (20-25 min), plus pratique mais sans le parfum de fumée.
Thé noir ou café noir sans sucre — la douceur du peke peke mei se suffit. Eau de coco fraîche frappe (refroidie dans une noix entière). Le peke peke se sert seul comme dessert ou goûter — pas d'accord boisson élaboré dans la tradition wallisienne.
Le peke peke mei est le dessert de récolte par excellence à Wallis-et-Futuna — note 7/10. Il n'est pas servi tous les jours mais uniquement lors des périodes d'abondance de fruit à pain (juin-octobre). TasteAtlas et Barefoot in Jandals le citent parmi les desserts typiques WF. Erhan à Wallis (2011) évoque le peke peke comme « le gâteau de chez nous » pour distinguer les desserts wallisiens des gâteaux français apportés par les fonctionnaires.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Préparation du fruit à pain — Peler, épépiner et râper finement le fruit à pain mûr — Peler le fruit à pain avec un grand couteau, en coupant d'abord les deux extrémités puis en descendant le long des côtes. Couper en 4 quartiers. Retirer le cœur dur central (graines et partie fibreuse). Râper finement sur une râpe métallique (côté fin, pas le côté grilles) — le fruit à pain doit donner une pâte granuleuse-crémeuse légèrement collante. 600 g de fruit à pain pelé donne environ 500 g de masse râpée. Si le fruit à pain rend du jus en abondance (très mûr) : égoutter légèrement en pressant dans un torchon. La cible : pâte granuleuse blanc-crème à légèrement dorée, arôme doux de fruit à pain mûr, sans morceaux grossiers.
Le pourquoiLe râpage fin maximise la surface de contact entre la chair du fruit à pain et le lait de coco : l'amidon du fruit à pain absorbe les lipides du coco pendant la cuisson et forme une texture homogène. Un râpage grossier donne des morceaux qui restent distincts.
Mélange — Mélanger le fruit à pain râpé, lait de coco et sucre — Dans un grand bol, mélanger la pâte de fruit à pain râpé avec le lait de coco. Travailler à la spatule ou à la main jusqu'à obtention d'une pâte homogène — le fruit à pain absorbe le lait de coco progressivement. Ajouter le sucre et le sel. Goûter : la pâte doit être douce mais pas trop sucrée (le dessert va concentrer à la cuisson). Ajuster selon la maturité du fruit — un fruit très mûr nécessite moins de sucre. La cible : pâte lisse, homogène, couleur blanc-crème, consistance de pâte à gâteau épaisse (ni trop liquide, ni trop sèche — elle coule lentement de la cuillère mais ne s'écoule pas).
Le pourquoiL'amidon du fruit à pain et les lipides du lait de coco forment à la cuisson une émulsion qui donne au peke peke sa texture mi-gâteau mi-pudding. La proportion idéale est 2 parts de pâte pour 1 part de lait de coco.
Préparation des feuilles et façonnage — Assouplir les feuilles de bananier, façonner des paquets — Passer rapidement chaque feuille de bananier au-dessus de la flamme vive (2-3 secondes par côté) ou l'immerger 30 secondes dans l'eau bouillante. Elle devient souple et ne se déchire plus à la pliure. Couper en rectangles de 30 × 20 cm. Poser 2-3 c.à.s. de pâte de fruit à pain au centre de chaque rectangle. Replier les côtés longs sur la pâte, puis les côtés courts pour former un paquet rectangulaire hermétique. Ficeler avec de la ficelle de cuisine ou des lanières de feuille de bananier. Chaque paquet doit être hermétique pour que la vapeur ne dilue pas le dessert. La cible : 6 paquets solides, hermétiques, pâte bien enfermée, feuilles sans déchirure.
Le pourquoiLa feuille de bananier est hermétique à la vapeur une fois bien pliée et apporte un arôme végétal légèrement herbacé au dessert pendant la cuisson — arôme absent avec une barquette en aluminium. L'emballage hermétique force aussi la cuisson par expansion de la vapeur interne.
Cuisson à la vapeur — Cuire à la vapeur 35-40 min jusqu'à consistance de gâteau — Disposer les paquets dans un panier vapeur ou un couscoussier. Verser de l'eau dans la casserole (10-12 cm, ne pas toucher les paquets). Couvrir hermétiquement et cuire à la vapeur à feu moyen-vif pendant 35-40 min. L'eau de cuisson ne doit jamais tarir — vérifier toutes les 15 min et rajouter de l'eau bouillante si nécessaire (jamais d'eau froide qui casse la vapeur). Test de cuisson : ouvrir un paquet après 35 min — le peke peke doit être ferme au toucher, ne plus coller, et s'être légèrement décollé de la feuille. La cible : gâteau ferme, légèrement élastique, couleur blanc-crème à légèrement dorée, arôme de coco + fruit à pain cuit.
Le pourquoiLa cuisson vapeur est douce (100 °C max) et homogène — elle gélatinise l'amidon du fruit à pain progressivement, sans le brûler, ce qui donne cette texture mi-gâteau mi-pudding. Une cuisson à la casserole dans l'eau détruirait la structure et dissoudrait le dessert.
Service — Laisser tiédir 10 min, ouvrir à table, servir dans la feuille — Sortir du feu et laisser tiédir 10 min avant d'ouvrir — la texture se stabilise en refroidissant légèrement. Servir les paquets encore tièdes à table, chaque convive ouvre son paquet lui-même. Manger directement dans la feuille (bol naturel). À Wallis, le peke peke se consomme à la cuillère ou avec les doigts. Un filet de lait de coco supplémentaire versé chaud sur le gâteau ouvert est le grand luxe servi lors des katoaga. Le peke peke se conserve 1 jour à température ambiante (dans les feuilles fermées) ou 3 jours au réfrigérateur.
Le pourquoiLes 10 min de repos permettent aux amidons gélatinisés de se rétracter légèrement et de former une texture plus ferme et cohésive — identique au repos d'un gâteau après four.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.