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Atlas Culinaire · Mexique · Sinaloa & Pacifique
Le poisson entier ouvert en papillon, mariné et grillé sur braises de mangle — emblème absolu de la côte nayarita
L'origine du zarandeado oppose ouvertement Nayarit et Sinaloa, chacun le revendiquant. Le journal El Sol de Mazatlán titre régulièrement « De Mazatlán o Nayarit ? » et les blogs sinaloenses affirment que Nayarit l'a copié. L'arbitrage historique tranche en faveur d'une origine antérieure aux deux États : à l'époque préhispanique, la région formait le señorío de Chametla peuplé par les Totorames, s'étendant du río Piaxtla (Sinaloa) au río Santiago (Nayarit) — ni Sinaloa ni Nayarit n'existaient. Les sources nayaritas (gob.mx, Visit Nayarit) localisent toutefois le berceau précis sur l'île de Mexcaltitán. Sinaloa a indéniablement popularisé et développé des variantes (Mazatlán), mais l'antériorité totorame retire à la querelle son sens : on peut donc présenter le zarandeado comme un plat totorame préhispanique dont Nayarit garde le foyer historique.
Une cerveza claire bien froide (Pacífico, brassée à Mazatlán) est l'accord canonique. Sans alcool : agua de jamaica (hibiscus) glacée, dont l'acidité fruitée répond au citron et coupe le fumé, ou une agua de pepino-limón.
Sur l'île de Mexcaltitán et à San Blas, le zarandeado se cuit en plein air sous des ramadas (palapas) au bord de l'eau ; les pêcheurs le préparaient avec le poisson tout juste pêché, méthode simple devenue fierté régionale et carte de visite gastronomique de l'État.
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Écaillez et videz le poisson. Ouvrez-le par le dos en suivant l'arête centrale (corte mariposa) pour l'étaler à plat sans le séparer en deux, laissant la peau d'un côté faire charnière. Épongez bien la chair. C'est la coupe canonique qui maximise la surface en contact avec la braise.
Réhydratez les guajillos 10 min à l'eau chaude. Mixez-les avec l'ail, l'achiote, le jus de citron vert, la sauce soja et le beurre fondu jusqu'à une pâte lisse. Salez et poivrez. Cette pâte rouge-acajou est la signature nayarita ; la version Sinaloa la fait souvent plus claire et plus citronnée.
Badigeonnez généreusement les deux faces de la chair ouverte avec l'adobo, en insistant côté chair. Laissez mariner 20-30 min à température ambiante (ou 1 h au frais). Le poisson doit être uniformément teinté de rouge.
Préparez un lit de braises bien rouges, traditionnellement de bois de palétuvier (leña de mangle) qui parfume la côte de Mexcaltitán et San Blas. À défaut, charbon de bois — jamais de gaz pour rester authentique. Évitez le bois trop sec qui enfume à l'excès.
Placez le poisson dans la zaranda, double grille articulée (à l'origine un treillis de tiges) qui enserre le poisson et permet de le retourner d'un seul geste sans le briser. C'est elle qui donne son nom au plat (zarandear = secouer/retourner). Posez côté peau d'abord, à 20-25 cm des braises.
Grillez côté peau 12-15 min, puis retournez et grillez côté chair 8-10 min, en badigeonnant de marinade restante. Retournez encore une à deux fois jusqu'à ce que la chair se détache à la fourchette et que les bords soient croustillants. Le but : juteux dedans, croustillant dehors.
Servez le poisson encore grésillant, ouvert sur sa planche, entouré de tortillas chaudes, concombre, tomate, oignon, citron et salsa. On mange en tacos : on effiloche la chair directement et on la roule. Le poisson doit arriver à table à peine sorti de la zaranda.
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Sourcer ou se taire
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