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Atlas Culinaire · Chine · Asie
Les trois piliers hangzhouïens — filet de porc velvété, pousses de bambou croquantes et xuecai piquante — dans un bouillon clair qui chante la simplicité du Jiangnan.
La controverse principale du Pian Er Chuan porte sur le légume mariné utilisé : les puristes hangzhouïens revendiquent l'usage exclusif du 倒笃菜 (dào dǔ cài), une moutarde fermentée locale dont la particularité est que la jarre est retournée pendant la maturation pour éliminer l'excès de liquide, obtenant un produit plus sec et plus concentré que la 雪菜 (xuecài) ordinaire. Le chef de Kuiyuan Guan (奎元馆), la maison fondée en 1867 où le plat est né, publiait encore en 2019 des textes défendant le 倒笃菜 comme seul ingrédient légitime, tandis que la majorité des recettes contemporaines (documentées sur Xiachufang 下厨房 et Woshiji 蜗食记, 2023-2024) se rabattent sur la xuecài de supermarché, plus facile à trouver hors de la région de Hangzhou. Deuxième front : la saison des pousses de bambou. La version hivernale classique utilise des pousses de bambou d'hiver (冬笋, dōng sǔn) de la région de Lin'an (临安), réputées plus tendres et moins fibreuses ; au printemps, les pousses fraîches (春笋, chūn sǔn) sont acceptables mais jugées plus amères par les gardiens du temple. Hors saison, beaucoup de cuisiniers utilisent des pousses en conserve (罐头笋), ce que les habitants de Hangzhou considèrent comme une trahison de l'esprit du plat. Troisième débat : le type de nouille. La recette originale de Kuiyuan Guan utilise la 潮面 ou 碱面 (nouille alcaline fraîche, élastique), dont la texture légèrement jaune et rebondie absorbe idéalement le bouillon ; les versions modernes utilisent des nouilles de Shanghai (上海面) ou même des nouilles sèches, ce que les Hangzhouïens tolèrent à peine. Enfin, le bouillon lui-même divise : certaines maisons utilisent un fond de porc (猪骨汤), d'autres un fond de poulet (鸡汤), et la tendance contemporaine au MSG (味精) dans les gargotes est contestée par les adeptes de la cuisine naturelle.
Thé vert Longjing (龙井茶) de Hangzhou — l'accord inévitable sur les tables hangzhouïennes, ses notes végétales fraîches équilibrant le salé-umami de la xuecai. Eau chaude ou thé léger pour le petit-déjeuner traditionnel. Bière légère Qingdao (青岛啤酒) pour un déjeuner décontracté. À éviter : vins tanniques ou boissons sucrées qui brisent l'équilibre délicat du bouillon clair.
9/10 — Le Pian Er Chuan est le plat identitaire de Hangzhou, consommé quotidiennement par des centaines de milliers de Hangzhouïens au petit-déjeuner et au déjeuner. Kuiyuan Guan (奎元馆), fondé en 1867 à Hangzhou, est inscrit comme patrimoine culturel immatériel de la ville et file régulièrement 1 à 2 heures d'attente aux heures de pointe. La tenniswoman Wang Xinyu (王欣宇), native de Hangzhou, l'a cité publiquement en 2023 comme son plat d'enfance préféré fait par ses grands-parents, relançant un engouement médiatique.
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Couper le filet de porc en tranches très fines (2 mm d'épaisseur), perpendiculairement aux fibres musculaires pour un maximum de tendreté. Dans un bol, mélanger le porc tranché avec la fécule de maïs, le vin de Shaoxing, la sauce soja claire et le poivre blanc. Masser délicatement pour que chaque tranche soit uniformément enrobée. Laisser mariner 15 minutes minimum à température ambiante — la fécule crée un film protecteur qui empêchera le porc de durcir au contact de la chaleur vive.
Si vous utilisez des pousses de bambou fraîches, les éplucher, les couper en lamelles de 3 mm et les blanchir 5 minutes dans l'eau bouillante non salée pour éliminer l'acide cyanhydrique et l'amertume — égoutter et rincer à l'eau froide. Pour les pousses en conserve, rincer abondamment et égoutter. Couper la xuecai (雪菜) en tronçons de 1 cm, la rincer 2-3 fois sous l'eau froide en pressant entre les paumes pour extraire le sel, puis goûter : elle doit être légèrement salée mais pas agressivement. Hacher grossièrement.
Verser le bouillon de porc ou de poulet dans une casserole et porter à frémissement doux (non-ébullition). Ajouter la sauce soja claire pour ajuster la couleur et la profondeur umami. Maintenir au chaud à feu très doux (70-80 °C) pendant la préparation des autres éléments — un bouillon maintenu au chaud s'incorpore mieux aux ingrédients sans choc thermique.
Chauffer le wok à feu très vif jusqu'à légère fumée. Ajouter l'huile ou le saindoux, laisser chauffer 20 secondes. Déposer les tranches de porc en une seule couche sans les superposer — si le wok est trop petit, travailler en deux fois. Laisser saisir sans toucher pendant 45-60 secondes jusqu'à ce que le porc blanchisse et forme une légère croûte. Remuer brièvement 15 secondes puis retirer immédiatement dans un bol : le porc sera légèrement rosé à cœur, ce qui est voulu — il finira de cuire dans le bouillon.
Dans le même wok (sans le nettoyer, les sucs de porc parfument les légumes), ajouter un filet d'huile si nécessaire et faire sauter les pousses de bambou à feu vif pendant 1 minute jusqu'à légère coloration. Ajouter la xuecai hachée et sauter 30 secondes supplémentaires — la xuecai doit 'chanter' (crépiter légèrement) dans le wok chaud pour libérer ses arômes fermentés. Déglacer avec une petite louche de bouillon chaud pour décoller les sucs.
Verser le reste du bouillon chaud dans le wok contenant les légumes sautés. Porter à ébullition franche pendant 2 minutes pour que les saveurs se marient. Remettre le porc velvété dans le bouillon et baisser immédiatement à frémissement doux. Laisser cuire 1-2 minutes : le porc finit de cuire et s'imprègne du bouillon. Goûter et ajuster le sel — attention à la salinité résiduelle de la xuecai. Maintenir chaud pendant la cuisson des nouilles.
Porter à ébullition une grande casserole d'eau non salée (l'eau non salée préserve la texture des nouilles alcalines et évite une sursalure cumulative). Plonger les nouilles fraîches et cuire selon l'épaisseur, généralement 3-4 minutes, en remuant régulièrement pour éviter qu'elles ne collent. Tester la texture : les nouilles doivent être al dente, légèrement résistantes sous la dent. Égoutter dans une passoire et secouer vigoureusement pour éliminer l'excès d'eau — l'eau résiduelle diluerait le bouillon.
Répartir les nouilles égouttées dans les bols préchauffés. Verser le bouillon chaud avec les garnitures par-dessus en répartissant équitablement porc, pousses de bambou et xuecai dans chaque bol — la répartition visuelle des trois composants est un geste de présentation codifié chez Kuiyuan Guan. Finir avec un filet minime d'huile de sésame dans chaque bol (ne pas en abuser : le plat est volontairement simple). Servir immédiatement — les nouilles absorbent le bouillon rapidement et gonflent.
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