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Atlas Culinaire · Guadeloupe · Amériques
Le grand punch de fĂȘte, servi en carafe : lĂ oĂč le ti-punch se dose au verre, le planteur se prĂ©pare pour vingt.
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Prenez des jus de fruits purs, sans sucre ajouté : ananas et orange forment la base consensuelle, la goyave ou le maracudja complÚtent selon les maisons. Un nectar sucré du commerce transformerait le planteur en sirop, l'alcool et le sucre s'additionnant. Goûtez les jus avant : leur douceur naturelle décide de la quantité de sirop qu'il faudra ajouter, souvent aucune.
Versez le jus d'ananas, le jus d'orange et Ă©ventuellement le jus de goyave dans une grande carafe ou un bocal, puis ajoutez le jus des citrons verts pressĂ©s. L'aciditĂ© du citron est ce qui empĂȘche l'ensemble de tourner au sirop : sans elle, le planteur est plat et lourd. MĂ©langez. La base doit ĂȘtre franchement fruitĂ©e avec une aciditĂ© perceptible en finale.
Ajoutez la cannelle moulue, la muscade rùpée, et glissez dans la carafe la gousse de vanille fendue et le bùton de cannelle, qui continueront d'infuser. Les épices sont ce qui distingue un planteur antillais d'un simple mélange rhum-jus de fruits : elles apportent la profondeur que les fruits seuls n'ont pas. Le mélange doit sentir la cannelle autant que l'ananas.
Versez le rhum blanc agricole â comptez environ un volume de rhum pour trois de jus, soit 50 cl pour 1,5 litre â puis goĂ»tez et ajustez en sirop de canne si les jus Ă©taient trĂšs acides. Le planteur doit titrer autour de dix Ă douze degrĂ©s : assez pour se sentir, jamais assez pour dominer les fruits. Le mĂ©lange doit ĂȘtre fruitĂ©, Ă©picĂ©, avec le rhum en soutien et non en tĂȘte.
Fermez la carafe et placez-la au rĂ©frigĂ©rateur au moins quatre heures, idĂ©alement toute une nuit : c'est la seule rĂšgle sur laquelle toutes les maisons s'accordent. Sans ce repos, le rhum reste dissociĂ© des jus et la boisson n'a aucune cohĂ©rence â on goĂ»te l'alcool d'un cĂŽtĂ©, les fruits de l'autre. Le planteur doit devenir homogĂšne en bouche, avec les Ă©pices fondues dans l'ensemble.
Sortez la carafe, retirez la gousse de vanille et le bĂąton de cannelle si vous ne voulez pas qu'ils continuent d'infuser, et servez frais dans de grands verres avec un ou deux glaçons seulement â la boisson est dĂ©jĂ froide, inutile de la noyer. Une rondelle d'orange ou d'ananas sur le verre. C'est le punch des grandes tablĂ©es, servi en apĂ©ritif avec les accras et le boudin crĂ©ole.
La mĂȘme base de jus tropicaux â ananas, orange, goyave, citron vert â Ă©picĂ©e Ă la cannelle, Ă la muscade et Ă la vanille, sans le rhum, fait un excellent punch pour les enfants et pour ceux qui ne boivent pas. Il se prĂ©pare exactement de la mĂȘme façon et gagne autant au repos. Un trait de sirop de groseille-pays lui donne la couleur rouge des punchs de fĂȘte. Il doit ĂȘtre aussi Ă©picĂ© que la version alcoolisĂ©e.
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Sourcer ou se taire
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