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Atlas Culinaire · Rapa Nui (Ăle de PĂąques) · OcĂ©anie
Le pudding rapanui banane-citrouille â accompagnement sacrĂ© du umu, dessert dominical de l'Ăźle
Le débat porte sur la liaison du po'e. La version pré-européenne, attestée par les fouilles archéologiques de Catherine et Michel Orliac (missions Rapa Nui depuis 1988, "Trésors de l'ßle de Pùques" 2008) et par les sources ethnographiques d'Alfred Métraux ("Ethnology of Easter Island", Bishop Museum 1940), reposait sur la pulpe de banane, de patate douce ou de citrouille mélangée à de la fécule d'arrow-root (pia) ou à de la chair de pandanus, le tout enveloppé dans des feuilles de bananier et cuit dans le umu pae. L'introduction de la farine de blé par les missionnaires catholiques (mission SS.CC. à partir de 1864 avec EugÚne Eyraud), puis de la fécule de manioc et du lait en poudre via le ravitaillement Williamson-Balfour (1903-1953), a transformé la recette vers la version actuelle, plus dense et plus sucrée. Les ateliers culinaires du Parc National administré par Ma'u Henua redocumentent la version pré-contact à base d'arrow-root, mais c'est bien le po'e moderne au four (cuit dans des moules au four conventionnel ou en variante umu) qui reste servi pendant le festival Tapati Rapa Nui en accompagnement du umu tahu cérémoniel.
Café noir corsé chilien ou thé noir nature. à défaut, eau de coco fraßche. Surtout pas de vin moelleux qui doublerait la sucrosité.
Dessert et accompagnement totem de Rapa Nui, servi Ă TOUS les umu cĂ©rĂ©moniels â mariages, baptĂȘmes, funĂ©railles, fĂȘtes de saints catholiques apportĂ©es par la mission SS.CC. (SacrĂ©s-CĆurs) depuis 1864. CompĂ©tition gastronomique officielle du festival Tapati Rapa Nui (chaque premiĂšre quinzaine de fĂ©vrier), oĂč le po'e est Ă©valuĂ© sur fluffyness, Ă©quilibre sucrĂ©, et qualitĂ© de la croĂ»te. TrĂšs prĂ©sent dans les bakeries de Hanga Roa, vendu au poids comme pain dominical. MentionnĂ© par UNESCO dans la documentation du Parc National (catĂ©gorie patrimoine culturel immatĂ©riel).
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Peler les bananes trĂšs mĂ»res et les Ă©craser Ă la fourchette dans un grand saladier â laisser quelques morceaux pour la texture, ne pas mixer en purĂ©e lisse. RĂąper le potiron et la patate douce Ă la rĂąpe fine (pas au robot, qui les rend baveux). MĂ©langer fruits et tubercules dans le saladier. La masse doit ĂȘtre humide mais pas liquide.
PrĂ©chauffer le four Ă 180°C (chaleur tournante de prĂ©fĂ©rence). Beurrer gĂ©nĂ©reusement un moule Ă cake rectangulaire de 25 cm ou un moule rond de 24 cm. Pour la version la plus traditionnelle, tapisser le fond et les bords du moule de feuilles de bananier passĂ©es rapidement Ă la flamme (pour les assouplir et libĂ©rer leur parfum) â cela imite la cuisson dans le umu et donne au po'e une saveur fumĂ©e subtile et inimitable.
Ajouter Ă la masse de fruits le sucre roux et la farine de manioc (ou farine de blĂ©) tamisĂ©e. MĂ©langer doucement Ă la cuillĂšre en bois jusqu'Ă obtenir une pĂąte homogĂšne mais encore texturĂ©e â la fluffyness rapanui vient de l'air emprisonnĂ©, ne pas trop travailler. Ajouter une pincĂ©e de sel et les graines de vanille grattĂ©es.
Incorporer le beurre fondu (ou huile de coco fondue) en filet continu en mélangeant. Verser le lait de coco progressivement jusqu'à obtenir une pùte épaisse mais coulante, qui tombe lourdement du fouet. Ajouter la noix de coco rùpée et terminer par un dernier tour à la spatule, de bas en haut, sans casser les bulles d'air.
Verser la pĂąte dans le moule prĂ©parĂ©, lisser la surface Ă la spatule. Saupoudrer d'un peu de noix de coco rĂąpĂ©e et de quelques copeaux de beurre pour la croĂ»te. Enfourner Ă 180°C pendant 50 Ă 60 minutes, position centrale. La surface doit dorer profondĂ©ment (presque caramel foncĂ©). Tester la cuisson Ă 50 min en piquant un cure-dent au centre : il doit ressortir lĂ©gĂšrement humide mais propre â le po'e finit de cuire dans son inertie thermique.
Sortir du four et laisser tiĂ©dir 30 min dans le moule Ă tempĂ©rature ambiante â un po'e dĂ©moulĂ© chaud s'effondre. Passer un couteau fin le long des bords, retourner sur une planche de service, retirer dĂ©licatement les feuilles de bananier (ou papier). La couleur doit ĂȘtre dorĂ©e Ă l'extĂ©rieur, jaune-orangĂ© Ă l'intĂ©rieur, avec une texture fluffy et humide Ă la fois.
Trancher en carrĂ©s gĂ©nĂ©reux (env. 8 portions pour un moule de 25 cm). Servir tiĂšde en accompagnement du umu pae cĂ©rĂ©moniel comme veut la tradition rapanui â les saveurs sucrĂ©es-fumĂ©es du po'e rĂ©pondent au gras du mouton et Ă l'amidon des tubercules. Au festival Tapati, servir sur feuille de bananier individuelle. En dessert seul, napper d'un trait de lait de coco frais et parsemer de noix de coco rĂąpĂ©e.
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