Chargement de l’atlas
Atlas Culinaire · Sénégal · Afrique
Le classique des grilladeries dakaroises : poulet mariné au nokoss vert et braisé sur charbon de bois, servi avec la sosu kaani — la sauce piment-tomate sénégalaise incontournable qui accompagne friture, braisé et accara.
La sosu kaani divise les cuisiniers sénégalais sur deux points fondamentaux. Premier débat : la couleur et la nature du piment. La version cuite classique (décrite par le chef Pierre Thiam dans 'Yolélé! Recipes from the Heart of Senegal', 2021) utilise un habanero ou un piment scotch bonnet rouge, cuit à feu doux avec de la tomate et de la pâte de tomate, donnant une sauce épaisse de couleur rouge-orangée. Mais dans les maquis de Dakar, notamment à la Médina, les grillardiers préparent une version fraîche à base de piment vert allongé ('kaani bu weex' en wolof), d'oignon, d'ail et de citron vert mixés à cru — plus verte, plus acidulée, sans cuisson. Cette version crue est proche du nokoss vert et certains cuisiniers dakarois refusent même de l'appeler sosu kaani, préférant 'sauce fraîche'. Deuxième controverse : le cube Maggi dans la marinade. Pour la cheffe Ndeye Fatou Sall (Dakar Maquis, interviewée par Afrik.com 2019), le cube Maggi dans la marinade est 'une tricherie qui masque le goût du vrai poulet fermier' ; pour la majorité des grilladeries populaires, il est indissociable de la recette — il apporte umami et caramélisation en surface. Le charbon de bois africain (khol en wolof) versus le four ou le barbecue à gaz fait également débat : le goût fumé du charbon de bois est irreproductible selon les puristes dakarois.
Bière Flag ou Gazelle glacée (bière locale sénégalaise, accord classique des maquis) ; en version sans alcool : bissap rouge glacé ou jus de gingembre-citron. Pain baguette locale pour saucer la kaani.
8/10 — plat de grilladerie omniprésent à Dakar, servi dans tous les maquis (restaurants populaires), sur les marchés et en street food week-end ; fortement associé aux repas festifs et aux sorties familiales du samedi soir à Dakar.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Mixer finement au blender le persil, le poivron vert, l'ail, l'oignon, le gingembre et le piment vert avec 2 cuillères d'huile d'arachides et très peu d'eau pour obtenir une pâte verte homogène — c'est le nokoss vert sénégalais, base aromatique de toute la cuisine dakaroise. Émietter le cube Maggi dans la pâte si souhaité. Ajouter la moutarde, le jus de citron vert, le sel et le poivre. Entailler profondément la chair du poulet jusqu'à l'os sur chaque morceau. Masser généreusement chaque morceau avec le nokoss en faisant pénétrer la marinade dans les entailles. Couvrir et réfrigérer 1 heure minimum, une nuit idéalement.
Allumer le charbon de bois (khol en wolof) et attendre que les braises soient blanches et uniformes — jamais de flammes vives. Disposer les morceaux de poulet côté peau vers le haut sur la grille, à 15-20 cm des braises pour une cuisson douce et pénétrante. Couvrir si possible (technique des grilladeries dakaroises) les 15 premières minutes. Retourner toutes les 5-7 minutes en badigeonnant avec le reste de marinade à chaque retournement. La peau doit être dorée et légèrement caramélisée, jamais carbonisée. Les pilons et cuisses nécessitent 5 minutes de plus que les blancs. Vérifier la cuisson : jus clair au couteau dans la cuisse = cuit.
Chauffer l'huile d'arachides dans une petite casserole à feu moyen. Faire revenir l'oignon et l'ail 5-6 minutes jusqu'à ce qu'ils soient très tendres et légèrement dorés. Ajouter la pâte de tomate et remuer 2 minutes jusqu'à légère caramélisation. Incorporer les tomates hachées, le piment habanero épépiné et la feuille de laurier. Laisser mijoter à feu doux 10-12 minutes en remuant régulièrement jusqu'à épaississement. Retirer le laurier. Mixer au blender ou au moulin jusqu'à consistance lisse. Ajouter le jus de citron vert, rectifier sel et poivre. La sauce doit être épaisse, légèrement acidulée et très parfumée.
Disposer les morceaux de poulet braisé sur un grand plat. Servir la sosu kaani à part dans un bol — chaque convive trempe ou nappe selon son goût. Accompagner de riz blanc, d'attiéké (semoule de manioc ivoirienne très populaire à Dakar) ou de pain baguette locale pour saucer. Garnir de quelques rondelles de citron vert et de persil frais haché.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.