vers 500 av. J.-C.
PĂȘche et cĂ©rĂ©ales chez les peuples cĂŽtiers
Les populations lĂ©boues Ă©tablies sur la presqu'Ăźle du Cap-Vert pratiquent la pĂȘche en mer et la consommation de mil (Pennisetum glaucum) cultivĂ© dans la rĂ©gion sahĂ©lienne, constituant les bases de l'alimentation qui perdurent jusqu'Ă aujourd'hui. Des fouilles archĂ©ologiques en SĂ©nĂ©gambie attestent de pratiques agricoles et de consommation de cĂ©rĂ©ales sahĂ©liennes datant de la fin du premier millĂ©naire avant notre Ăšre. Les techniques de sĂ©chage et de fermentation du poisson se dĂ©veloppent dĂšs cette Ă©poque pour faire face aux contraintes de conservation dans un climat chaud.
vers l'an 1000
Empires sahéliens et routes commerciales alimentaires
L'essor des empires du Ghana puis du Mali favorise des échanges commerciaux intenses à travers la Sénégambie, diffusant des épices, des céréales et des techniques culinaires entre les peuples wolof, mandingue, toucouleur et sérÚre. Le nététu et d'autres condiments fermentés se généralisent comme conservateurs et exhausteurs de goût dans une cuisine adaptée aux longues caravanes et aux hivernages. Ces échanges posent les fondements d'une cuisine sénégalaise pluriethnique, composite, que les historiens de l'alimentation rattachent à la tradition culinaire soudano-sahélienne.
milieu du XVIe siĂšcle
Arrivée de l'arachide et du manioc
Le commerce transatlantique portugais introduit en Afrique de l'Ouest plusieurs espÚces végétales d'origine américaine, dont l'arachide (Arachis hypogaea), le manioc et le maïs, qui transforment profondément les pratiques agricoles et culinaires sénégalaises. L'arachide est rapidement adoptée par les paysans wolof et devient au XIXe siÚcle la principale culture d'exportation du pays sous l'impulsion coloniale française, structurant toute l'économie rurale. Sur le plan culinaire, elle engendre de nouveaux plats comme le mafé et enrichit durablement les sauces traditionnelles.
années 1850
Saint-Louis et la naissance du ceebu jën codifié
La tradition orale et les récits de voyageurs du XIXe siÚcle attribuent la codification du ceebu jën à Penda Mbaye, cuisiniÚre de Saint-Louis, premiÚre capitale coloniale de l'Afrique occidentale française, qui aurait popularisé la recette associant riz brisé, poisson et légumes dans leur forme aujourd'hui reconnue. L'introduction du riz brisé importé, moins cher que le riz entier, par les réseaux commerciaux de la colonie française joue un rÎle décisif dans la démocratisation du plat. Saint-Louis, carrefour commercial entre communautés maures, wolof et européennes, devient ainsi le berceau documenté de la gastronomie sénégalaise.
2021
Le ceebu jën inscrit au patrimoine UNESCO
En décembre 2021, l'UNESCO inscrit le ceebu jën sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, reconnaissant officiellement son rÎle dans la cohésion sociale, les savoir-faire culinaires et l'identité nationale sénégalaise. Cette inscription consacre des décennies de mobilisation des associations de femmes cuisiniÚres (les tanganas) et des acteurs culturels sénégalais pour faire valoir la dimension patrimoniale de leur cuisine. Elle place le Sénégal parmi les pays africains pionniers dans la reconnaissance internationale de leur gastronomie.