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Atlas Culinaire · Colombie · Amériques
Le festin de Santa Fe — poule, bœuf, porc et la vitualla andine dans une seule marmite
La première ligne de fracture porte sur le chorizo versus la longaniza : les versions bogotaines les plus anciennes consignées dans les grandes maisons du centre utilisaient la longaniza (boudin sec non épicé), tandis que les recettes modernes optent pour le chorizo plus facile à trouver — Carmen Fonseca, cuisinière de la Plaza La Concordia à Bogotá, rappelle que « casi en ningún lado lo preparan como en Bogotá » et que la longaniza confère au bouillon une rondeur impossible à reproduire avec le chorizo papriké (bogota.gov.co). La deuxième controverse oppose les familles qui incluent les garbanzos — héritage direct du cocido madrileño colonial documenté dans la Semana et dans colombia.com — à celles qui les excluent, jugeant que la légumineuse alourdit inutilement un plat déjà riche en tubercules andins. Enfin, la question de la volaille divise : la recette historique exige une gallina criolla (poule pondeuse âgée) pour un bouillon plus corsé et une chair fibreuse qui tient la longue cuisson, mais le pollo de granja s'est généralisé depuis les années 1980 faute de disponibilité en milieu urbain, créant de fait deux générations du même plat (cocina-colombiana.com).
Chicha de maíz fermentada o agua de panela con limón — la tradition bogotaine refuse le vin sur ce plat de midi familial ; en contexte contemporain, une bière artisanale colombienne (Bogotá Beer Company Monserrate Roja) s'impose
7/10 — plat emblématique de Bogotá mais en perte de vitesse en milieu urbain : Carmen Fonseca (Plaza La Concordia) témoigne que les jeunes bogotains lui préfèrent le sancocho ou l'ajiaco, plus rapides ; le site Somos Lo Que Comemos note que le puchero est "transmis de génération en génération par les grands-mères" mais menacé par la cuisine industrialisée
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La veille, couvrir les garbanzos d'eau froide et laisser tremper 12 heures au réfrigérateur — cette étape réduit le temps de cuisson de moitié et évite que les légumineuses restent dures au centre. Le jour J, égoutter et rincer les garbanzos. Découper les viandes en portions d'environ 200 g chacune, les rincer à l'eau froide et sécher avec du papier absorbant. Éplucher yuca, arracacha, papas sabaneras et couper en tronçons ; laisser les papas criollas entières pour l'instant. Couper les mazorcas en tronçons de 4 cm, éplucher et couper le plátano verde en biais, et réserver le plátano maduro entier avec sa peau dans une petite casserole à part.
lancer les viandes et les garbanzos — Placer le bœuf, le porc, le poulet et les garbanzos égouttés dans la grande marmite (minimum 10 litres). Couvrir de 4 litres d'eau froide — départ à froid pour un bouillon clair. Porter à ébullition à feu vif puis écumer soigneusement la mousse grise qui remonte en surface pendant 10 à 15 minutes. Ajouter la ciboule entière, les gousses d'ail écrasées avec peau, les tiges de coriandre, le cumin, le color et une première dose de sel. Réduire le feu à moyen-doux, couvrir à moitié et laisser frémir 50 minutes.
Pendant que les viandes frémissent, placer le plátano maduro entier avec sa peau dans une petite casserole, couvrir d'eau et cuire 20 minutes à feu moyen — sa peau le protège et empêche ses sucres de rejoindre le bouillon principal. Simultanément, préparer le hogao dans une poêle : faire revenir l'oignon émincé dans l'huile 5 minutes, ajouter l'ail haché, puis le tomate concassé. Cuire à feu moyen 20 minutes en remuant jusqu'à obtenir une confiture épaisse rouge-orangée. Saler, retirer du feu et réserver au chaud.
Après 50 minutes de cuisson des viandes, vérifier que le bouillon est bien doré et que les garbanzos commencent à être tendres. Retirer la ciboule et les gousses d'ail. Ajouter dans cet ordre précis — d'abord le plátano verde et la yuca (ils ont besoin de 25 minutes), puis après 10 minutes ajouter l'arracacha et le repollo, et après 5 minutes de plus la papa sabanera. Maintenir un frémissement régulier, jamais à gros bouillons qui feraient se défaire les tubercules en purée.
Après 30 minutes d'intégration des légumes, vérifier la tendreté des viandes — le bœuf doit se détacher facilement à la fourchette. Ajouter maintenant la longaniza coupée en tronçons de 3 cm et la mazorca. La longaniza ne doit cuire que 15 minutes — une cuisson excessive lui fait perdre son gras dans le bouillon et durcit sa peau. Simultanément ajouter les papas criollas entières : elles cuisent en 12 à 15 minutes et s'effilocheront légèrement en épaississant naturellement le bouillon.
Goûter le bouillon et rectifier le sel, le poivre et le cumin. Ajouter les feuilles de coriandre fraîche hachées et laisser infuser 3 minutes hors du feu. Retirer les morceaux de viande et les séparer par type sur un grand plat de service (bœuf, porc, poulet, longaniza). Disposer les tubercules et légumes sur un second plat ou autour des viandes, recouverts de deux ou trois grandes feuilles de repollo qui servent de présentoir. Napper le tout de hogao chaud.
caldo et vitualla séparés — Le service du puchero santafereño est sa signature — verser le bouillon doré dans des tasses ou bols individuels garnis de feuilles de coriandre fraîche (c'est le primer plato, le consommé à boire d'abord), puis apporter à table le grand plat de vitualla avec les viandes et les légumes nappés de hogao. Chaque convive se sert selon ses préférences, ajoutant riz blanc, tranches d'avocat et rondelles de plátano maduro cuit. Un citron vert sur la table permet à chacun d'acidifier selon son goût.
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