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Atlas Culinaire · Macao · Asie
Tartelettes fromagères de Sintra transplantées à Macao, enrichies au lait concentré et à la cannelle
La querelle centrale des Queijadas de Macao tourne autour de la nature du fromage utilisé : les défenseurs de l'authenticité lusophone, dont le chef macaïs José Borges cité par le portail Macao Tourism, militent pour le requeijão importé de Sintra — un lactosérum frais proche de la ricotta, irremplaçable selon eux pour la texture caramélisée caractéristique —, tandis que les pâtissiers locaux de Santo António lui substituent depuis au moins les années 1980 du cream cheese ou du fromage frais cantonais, produisant une garniture plus dense et moins acide. Un second débat oppose les partisans de la pâte dure (farine + eau + pincée de sel, fine comme du papier, repos 12h selon la tradition de Queijadas da Sapa fondée en 1756) à ceux qui intègrent du beurre dans la pâte pour une coquille plus friable, adaptation assumée au goût cantonais pour les textures onctueuses. Enfin, l'ajout de lait concentré sucré dans la garniture — héritage de l'usage macaïs du lait condensé dans le Serradura et le Bolo Menino — est contesté par les tenants de la recette portugaise orthodoxe, qui y voient une dénaturation sucrée excessive.
Chá de leite (thé au lait condensé style Macao) ou café da manhã portugais (café allongé) ; en option festive, porto tawny 10 ans servi frais
Les Queijadas sont citées par le portail officiel Macao Tourism parmi les desserts emblématiques de la péninsule, aux côtés du Serradura et du pastel de nata. Dans les ruelles de Santo António, quelques pâtisseries familiales les proposent encore en version maison, dans de petits moules en fer-blanc. La production artisanale a reculé face à la popularité massive du pastel de nata depuis les années 1990.
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Tamiser la farine dans un saladier. Ajouter le sucre et le sel, mélanger. Incorporer le beurre froid en morceaux en sablant du bout des doigts jusqu'à obtenir une texture de chapelure fine. Creuser un puits, verser l'eau tiède en filet, amalgamer sans pétrir excessivement. Former une boule lisse, aplatir légèrement, envelopper de film alimentaire. Réfrigérer minimum 1 heure, idéalement une nuit complète.
Préchauffer le four à 200°C (chaleur tournante 185°C). Fariner le plan de travail. Étaler la pâte très finement, à 2 mm d'épaisseur — on doit presque voir sa main en transparence. Découper des disques de 9-10 cm à l'emporte-pièce ou au verre. Foncer des moules à tartelettes de 6-7 cm légèrement beurrés en remontant la pâte sur les bords, rogner l'excédent. Piquer le fond à la fourchette.
Égoutter soigneusement la ricotta 30 minutes sur papier absorbant ou dans un linge fin. La placer dans le bol d'un robot ou d'un mixeur plongeant et réduire en purée lisse sans grumeaux. Ajouter le sucre, le lait concentré, les jaunes d'oeufs, l'œuf entier et mélanger. Incorporer la farine tamisée, la cannelle et le zeste de citron vert. Verser enfin le beurre fondu tiède et fouetter jusqu'à obtenir un appareil lisse, brillant et homogène.
Verser la garniture fromagère dans les coquilles préparées jusqu'aux 3/4 de la hauteur — la garniture gonfle légèrement à la cuisson. Placer les moules sur une plaque de four. Enfourner à 200°C pour 22-25 minutes, jusqu'à ce que le dessus soit doré et que la garniture soit prise sur les bords tout en restant légèrement tremblotante au centre. Une légère caramélisation en surface est normale et souhaitable.
Laisser les tartelettes refroidir 15 minutes dans leurs moules avant de les démouler délicatement — la garniture encore chaude est fragile. Transvaser sur une grille. Servir tièdes ou à température ambiante. Saupoudrer légèrement de cannelle moulue au moment de servir si désiré. Accompagner d'un thé au lait à la macaïse ou d'un café noir portugais.
Pour la version Macanese enrichie, remplacer 30 ml de lait concentré par 30 ml de crème de coco épaisse. La garniture prend un parfum légèrement tropical, plus proche des desserts métissés comme la Batatada ou le Bolo Menino. Cette variante est courante dans les maisons de Santo António où les familles Macanese ont intégré les ingrédients malais et goanais au répertoire portugais ancestral.
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