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Atlas Culinaire · Nicaragua · Amériques
La tostada nica nĂ©e de la dĂ©brouille des mĂšres de famille : une tortilla frite croustillante, tartinĂ©e de frijoles molidos, coiffĂ©e de cuajada Ă©miettĂ©e, d'ensalada de repollo, de crema et d'un trait de salsa â l'en-cas qui a nourri des gĂ©nĂ©rations et gagnĂ© un concours ibĂ©ro-amĂ©ricain.
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Tout se prĂ©pare avant la friture, car la repocheta se monte Ă la minute. RĂ©chauffez les frijoles molidos dans une petite poĂȘle avec un filet d'huile en les travaillant Ă la cuillĂšre : ils doivent ĂȘtre Ă©pais et tartinables, gardant leur forme en couche â s'ils coulent, laissez-les rĂ©duire quelques minutes. Montez l'ensalada : chou Ă©mincĂ© fin, dĂ©s de tomate, vinaigre, sel, pressĂ©s une minute Ă la main pour assouplir. Ămiettez la cuajada grossiĂšrement. Alignez le tout en poste de montage : frijoles, salade, fromage, crema, salsa â l'ordre des couches est l'ordre du plan de travail.
Chauffez deux centimĂštres d'huile Ă 175 °C dans une poĂȘle large. Glissez une tortilla Ă plat et maintenez-la dix secondes sous l'Ă©cumoire pour qu'elle reste plane, puis laissez-la frire une Ă deux minutes par face jusqu'Ă un dorĂ© rigide. La tortilla frite doit ĂȘtre croustillante de bord en bord et sonner sec â c'est elle qui porte tout le poids de la garniture sans plier. Ăgouttez verticalement sur papier absorbant. Fritez toute la sĂ©rie avant de monter : mieux vaut des tortillas qui patientent deux minutes que des repochetas qui attendent.
Sur chaque tortilla frite encore tiĂšde, Ă©talez une couche gĂ©nĂ©reuse mais fine de frijoles molidos, jusqu'Ă un centimĂštre du bord. Les frijoles jouent double rĂŽle : le goĂ»t profond et la COLLE qui retient les couches suivantes. Travaillez au dos de la cuillĂšre, d'un mouvement en spirale du centre vers le bord, comme on garnit une pizza. La couche doit couvrir sans surcharger : trop Ă©paisse, elle dĂ©trempe ; trop fine, l'Ă©difice glisse. C'est le moment de vĂ©ritĂ© de Mabel Castrillo : « ma mĂšre prĂ©para une masse, lui ajouta les frijoles moulus, la salade et le fromage frais » â l'ordre est un hĂ©ritage.
Sur les frijoles, dĂ©posez une poignĂ©e d'ensalada de repollo bien Ă©gouttĂ©e (pressez-la dans le poing â le jus reste au saladier), puis une gĂ©nĂ©reuse pluie de cuajada Ă©miettĂ©e, un zigzag de crema, et le trait final de salsa de tomate ou de chilero selon les goĂ»ts. Chaque couche doit laisser voir la prĂ©cĂ©dente sur les bords â la repocheta se lit en strates colorĂ©es : dorĂ©, brun, vert pĂąle, blanc, rouge. Servez immĂ©diatement, deux par personne, avec des serviettes : c'est un plat qui se mange Ă la main, en se penchant en avant, et qui craque Ă chaque bouchĂ©e.
La repocheta se mange debout, Ă la main, dans le quart d'heure â c'est un en-cas de cuisine familiale, pas un plat qui attend. La premiĂšre bouchĂ©e doit traverser toutes les strates : le craquant de la tortilla, le fondant terreux des frijoles, le croquant vinaigrĂ© du chou, le lactĂ© frais de la cuajada, le gras de la crema et la pointe de la salsa. C'est l'Ă©cole buissonniĂšre de la cuisine nica : le plat que les mĂšres improvisaient avec les restes de tortillas et le fond de la marmite de frijoles, devenu assez fier pour gagner un concours international. Servez-la avec cette histoire â elle a le goĂ»t de la dĂ©brouille victorieuse.
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Sourcer ou se taire
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