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Atlas Culinaire · Hong Kong · Asie
Côtelette de porc panée puis gratinée sur riz sauté, nappée de sauce tomate aigre-douce : la référence absolue du four de cha chaan teng hongkongais
La paternité du 焗豬扒飯 est disputée entre deux établissements pionniers de Hong Kong. Le Tai Ping Koon (太平館, fondé en 1860 par Chui Lo Ko à Canton, transféré à Hong Kong en 1938) revendique l'invention de la recette originale dans sa succursale de Wanchai des années 1960, et ses archives familiales conservent la première carte avec le plat listée au prix de 1,80 HKD — témoignage rapporté par CNN Travel (Maggie Hiufu Wong, 2019). Mais l'Aux Beaux Arts Café (美都餐室 Mido Café, Temple Street, Yau Ma Tei, fondé 1950) conteste la primauté en invoquant sa « sauce tomate secrète de la maison » documentée sur sa carte de 1955, selon l'enquête de terrain du SCMP (2022). La deuxième controverse porte sur la composition de la sauce tomate : le chef Ken Lo dans son ouvrage "Hong Kong Cookery" (1992) précisait que l'originale contient de la sauce Worcestershire (李派林) en plus du ketchup, pour équilibrer l'acidité avec une note fumée et umami — une pratique qui a presque disparu des versions modernes, devenues trop sucrées selon la critique gastronomique hongkongaise Vivienne Chow (SCMP, 2023). La troisième fracture oppose les tenants du riz sauté (炒飯 complet avec œuf et oignon vert) à ceux du riz vapeur blanc nature en dessous du gratin — le Mido Café utilise exclusivement le riz vapeur pour « laisser toute la place aromatique à la sauce », quand le Tai Ping Koon a toujours prôné le riz sauté pour « apporter une couche de texture entre le grain et la croûte » (South China Morning Post, 2022).
Thé au lait hongkongais froid (凍奶茶) ou Yuan Yang (鴛鴦) glacé pour couper la richesse de la sauce tomate
Le 焗豬扒飯 est l'un des cinq plats les plus commandés dans les cha chaan teng hongkongais selon un sondage SCMP 2022. Il figure sur la liste des « 50 Foods of Hong Kong » de CNN Travel. Le Tai Ping Koon à Wanchai sert environ 200 portions par service de déjeuner depuis les années 1980, selon son propriétaire de 5e génération.
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Poser les côtelettes sur un plan de travail et couvrir d'un film plastique. Pilonner avec un marteau de cuisine ou le fond d'un wok jusqu'à une épaisseur uniforme de 8 mm — c'est l'épaisseur cible pour une cuisson uniforme sous panure. Dans un bol, mélanger la sauce soja légère, le sucre, la fécule de maïs, l'huile de sesame et le poivre blanc. Badigeonner généreusement les côtelettes des deux côtés. Filmer et réfrigérer 30 à 60 minutes (2 heures optimal pour une pénétration maximale). La marinade sauce soja + sucre est non-négociable : elle apporte l'umami et la légère caramélisation qui distinguent la version hongkongaise de la simple côtelette panée.
Dans une petite casserole, mélanger le ketchup, la sauce Worcestershire et le bouillon de poulet. Chauffer à feu moyen-vif jusqu'à frémissement en remuant. Ajouter le sucre. Laisser réduire 5 à 7 minutes jusqu'à ce que la sauce nappe le dos d'une cuillère. Délayer la fécule dans 2 c.à.s. d'eau froide et verser dans la sauce hors du feu en remuant vigoureusement. Remettre 1 minute sur le feu pour lier. La sauce doit avoir une consistance sirupeuse — pas liquide (gratin détrempé) ni trop épaisse (sèche au four).
Préparer trois assiettes creuses : farine dans la première, 2 oeufs battus avec 1 c.à.s. de lait dans la deuxième, chapelure panko dans la troisième. Sortir les côtelettes de la marinade et éponger légèrement l'excès de liquide avec du papier absorbant. Fariner les deux faces en tapotant pour retirer l'excédent. Tremper dans l'oeuf battu 10 secondes sur chaque face. Rouler dans le panko en appuyant fermement pour assurer l'adhérence sur toute la surface — la panure doit être continue sans zone nue.
Chauffer 300 ml d'huile neutre dans un wok à 160-165 °C (un cube de panko plongé doit remonter en 3 secondes avec des petites bulles régulières). Frire les côtelettes 3 à 4 minutes par face, sans les déplacer pendant la première moitié de cuisson. Égoutter sur papier absorbant. Les côtelettes doivent être dorées uniformément mais pas complètement cuites à cœur — elles termineront la cuisson au four pendant le gratinage. Cette étape de pré-cuisson partielle garantit une côtelette moelleuse et non sèche.
Chauffer 2 c.à.s. d'huile dans le wok nettoyé à feu très vif jusqu'à légère fumée. Verser les oeufs battus : remuer 20 secondes jusqu'à une cuisson sèche (pas baveuse). Ajouter immédiatement les parties blanches d'oignon vert. Plonger le riz froid d'un geste sec, écraser et séparer les grains à la spatule pendant 2 minutes. Le riz doit claquer dans le wok (signe que l'humidité s'évapore) — un wok fumant et sec est indispensable. Rectifier le sel. Ajouter les parties vertes d'oignon vert hors du feu.
Préchauffer le four à 220 °C, position gril (broil). Dans un plat de cuisson individuel allant au four (10×15 cm environ), étaler le riz sauté en couche uniforme de 2 cm. Napper généreusement avec la sauce tomate réduite. Poser la côtelette panée sur la sauce. Recouvrir intégralement avec le fromage râpé. Glisser sous le gril à 10 cm de la résistance, 8 à 10 minutes jusqu'à ce que le fromage soit fondu et doré. La croûte doit présenter des taches brun-doré caractéristiques, pas simplement fondue blanc.
Servir immédiatement dans le plat de cuisson, poser sur un dessous-de-plat. Le 焗豬扒飯 ne se transvase jamais dans une assiette — le service dans le plat chaud maintient le fromage fondu et le gratin croustillant. Disposer sur la table la bouteille de sauce Worcestershire et le pot de ketchup : les habitués des cha chaan teng ajustent à convenance. Ne pas découper la côtelette avant de servir — le geste appartient au client.
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