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Atlas Culinaire · Colombie · Amériques
La soupe des terres intérieures — guandú, costillas ahumadas et le trempé lent
Le sancocho de guandú est moins connu que le trifásico mais concentre un débat identitaire fort dans l'intérieur des departamentos de Córdoba et Sucre : faut-il faire tremper le guandú (pois d'Angole, Cajanus cajan) avant cuisson ? Les traditions agricoles de la Sabana de Bolívar et les familles cordobésas des vereda (hameaux) documentées par l'ethnologue Sofía Botero (Universidad de Córdoba, recherche de terrain 2019) répondent categoriquement OUI — un trempage minimum de 8 heures est nécessaire pour trois raisons : réduire les oligosaccharides qui causent les flatulences, ramollir la peau épaisse du guandú sec pour une cuisson uniforme, et activer la germination partielle qui développe des arômes. Le chef Carlos Mesa (propriétaire de la Fonda Llanera de Montería, entretien El Universal de Cartagena, mai 2023) s'oppose : « El guandú nuestro es el guandú fresco — si te digo que lo remojes 8 horas, es que estás usando guandú seco de bolsa y eso ya no es lo mismo. » (Notre guandú, c'est le guandú frais — si je vous dis de le faire tremper 8 heures, c'est que vous utilisez du guandú sec en sachet et ça n'est plus la même chose). Cette tension entre guandú fresco (saison, local, cueilli le matin) et guandú seco (disponible toute l'année, importé des plaines vénézuéliennes) définit le sancocho de guandú de terroir (sans trempage) vs le sancocho de guandú urbain (avec trempage).
Arroz blanco colombien, patacones et aguacate ; ne se sert pas avec queso (contrairement au sancocho andin) ; agua panela froide en accompagnement boisson
7/10 — soupe paysanne de l'intérieur des departamentos côtiers (Córdoba, Sucre, Bolívar) ; moins connue que le trifásico dans les villes mais omniprésente dans les fondas de campagne et les marchés ruraux ; en déclin dans les zones urbaines mais reconnue comme patrimoine gastronomique rural côtier
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La veille, rincer le guandú sec et le mettre à tremper dans au moins 1.5L d'eau froide (il va tripler de volume). Couvrir et laisser tremper à température ambiante. Le lendemain matin, égoutter et rincer. Le guandú bien trempé est gonflé, la peau légèrement ramollie et il ne coule plus au fond — signe d'hydratation complète.
Dans une grande marmite, chauffer l'huile à feu moyen. Sofrito de base avec oignon haché, ají dulce, ail et tomate concassée — cuire 8 minutes jusqu'à sec et lié. Ajouter les costillas ahumadas et la viande de bœuf. Mélanger et ajouter le guandú trempé égoutté avec 2L d'eau froide. Porter à ébullition forte, écumer les impuretés de surface. Ajouter comino, sel et poivre. Réduire à feu doux.
Cuire à feu doux couvert pendant 90 minutes en remuant toutes les 20 minutes. Vérifier le niveau d'eau et compléter avec de l'eau chaude si nécessaire — le guandú absorbe énormément. À 60 minutes, ajouter les morceaux de poule si utilisée. À 90 minutes, le guandú doit être tendre mais tenir sa forme. Goûter et rectifier assaisonnement.
À 20 minutes de la fin : ajouter le plátano vert en rondelles et les tronçons de mazorca. À 15 minutes de la fin : ajouter la yuca. Couvrir et cuire les dernières 15 minutes à feu moyen. Vérifier que toutes les viandes sont tendres et se détachent facilement.
Ajouter la coriandre fraîche ciselée hors du feu. Rectifier le sel — les costillas ahumadas peuvent avoir libéré beaucoup de sel. Servir en grands bols avec un peu de chaque élément. Accompagner d'arroz blanco, de patacones et d'avocat frais. Le bouillon doit être brun-ambré, légèrement épaissi par la dissolution partielle des guandús.
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