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Atlas Culinaire · République tchèque · Europe
Le goulasch tchèque au chou fermenté et crème — héritage hongrois naturalisé, plat de brasserie incontournable.
Le nom même du plat est un malentendu historique : le gastronomiste Ondřej Slanina (portal Segedinsky-gulas.cz, 2020) démontre que ce que les Tchèques appellent "segedínský guláš" n'a rien à voir avec la ville hongroise de Szeged — le plat est en réalité le "Székely-gulyás", nommé d'après l'archiviste budapeštois József Székely qui, en 1846, aurait demandé à la cuisinière de mélanger des restes de perkelt avec du chou acide. Le mot "Székely" (peuple sicule de Transylvanie) a été mal entendu ou mal traduit en "Szeged", et le glissement s'est fossilisé dans toutes les langues slaves. Second débat non moins vif : le portail Toprecepty.cz (article "Segedínský guláš vznikl jako znouzectnost", 2019) tranche que la version tchèque authentique NE contient PAS de farine — la liaison est uniquement apportée par la smetana (crème aigre) et le moelleux naturel du porc braisé — alors que la quasi-totalité des recettes modernes ajoutent 1-2 cuillères de farine, trahissant ainsi le plat d'origine. Troisième litige, relevé par la recette de référence Cook Like Czechs (Markéta Kraft, 2023) : le chou fermenté ne doit jamais être rincé sous l'eau froide pour "adoucir" la recette — son acidité naturelle est justement ce qui équilibre la richesse du porc gras et de la crème, et le rinçage produit un résultat fade et trompeur.
Bière tchèque ambrée (Kozel Dark, Bernard) ou Moravský sklep Welschriesling demi-sec — knedlík (houskový) obligatoire pour absorber la sauce
9/10 — Plat de cantine, d'hospoda et de brasserie, présent sur la totalité des cartes de restaurants tchèques traditionnels. Souvent cité parmi les "10 plats tchèques à goûter absolument" par CzechTourism. Plat de fête familiale (Noël, repas du dimanche) et de brasserie, servi systématiquement avec knedlík. Profondément ancré dans la mémoire collective tchèque malgré ses origines hongroises.
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Couper l'épaule de porc en cubes de 3-4 cm : trop petits, ils se défont ; trop grands, ils restent durs. Éponger soigneusement avec du papier absorbant — la viande humide bouille au lieu de rissoler. Émincer finement les 3 oignons. Mesurer le chou fermenté et le conserver avec son jus — ne pas rincer sous aucun prétexte, l'acidité est le cœur du plat.
Dans une cocotte en fonte à fond épais, faire revenir les dés de poitrine fumée à feu moyen sans matière grasse ajoutée, pendant 4-5 minutes, jusqu'à ce que le gras soit rendu et la poitrine légèrement dorée. Réserver la poitrine sur une assiette mais conserver la graisse dans la cocotte. Ajouter le saindoux et laisser fondre à feu moyen : ce double corps gras est la base aromatique du segedín.
Ajouter les oignons émincés dans la graisse chaude et faire revenir à feu moyen-doux pendant 10-12 minutes, en remuant régulièrement, jusqu'à obtenir une couleur or profond (pas blonde, pas brune — or ambré). Cette étape est critique : des oignons insuffisamment cuits restent âcres ; des oignons brûlés donnent de l'amertume. Ajouter l'ail écrasé en fin de coloration si utilisé.
Monter le feu à vif. Ajouter les cubes de porc en une seule couche (en plusieurs fois si nécessaire pour ne pas surcharger). Faire saisir 3-4 minutes sans bouger pour obtenir une croûte dorée, puis retourner. L'objectif est une réaction de Maillard complète : la croûte créée emprisonne les jus et donne la profondeur aromatique du plat. Réduire le feu.
le moment critique — Réduire le feu à moyen-doux. Ajouter le cumin de carvi et mélanger. Retirer la cocotte DU FEU ou réduire à très bas : saupoudrer la paprika en pluie sur la viande et les oignons et mélanger vigoureusement 30 secondes. Remettre sur feu doux, verser immédiatement le bouillon chaud pour stopper la cuisson de la paprika. Ajouter les feuilles de laurier, saler et poivrer. Porter à frémissement, couvrir et laisser mijoter 45 minutes à feu doux.
Après 45 minutes de mijotage, le porc doit être à mi-cuisson (tendre en surface, encore légèrement résistant au centre). Ajouter le chou fermenté avec tout son jus ainsi que la poitrine fumée réservée. Mélanger délicatement pour ne pas émietter la viande. Couvrir et continuer à mijoter 25-30 minutes supplémentaires à feu doux, jusqu'à ce que la viande soit parfaitement fondante et que le chou ait absorbé les saveurs du ragoût.
Retirer la cocotte du feu ou réduire à chaleur minimale. Si liaison à la farine souhaitée : délayer 1 c.à.s. de farine dans 3 c.à.s. de smetana froide, puis incorporer ce mélange à la sauce en fouettant. Verser ensuite le reste de smetana en filet, en remuant doucement. NE PAS faire bouillir après l'ajout de smetana : la crème se sépare irrémédiablement au-dessus de 85°C. Goûter et ajuster le sel — le chou apporte déjà une acidité saline significative.
Laisser reposer le segedín à couvert 5 minutes hors feu — la sauce se stabilise et les arômes s'harmonisent. Trancher les knedlíky en rondelles de 1,5 cm. Dresser dans des assiettes creuses chaudes : disposer les tranches de knedlík, napper généreusement de segedín, déposer une cuillère de smetana fraîche sur le dessus. Servir immédiatement avec une bière tchèque ambrée. Le plat gagne encore en saveur réchauffé le lendemain.
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