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Atlas Culinaire · Afrique du Sud · Afrique
Le plateau-braise communautaire des townships zoulous : on achĂšte la viande chez le boucher, on la grille sur place, on partage au centre.
Le point tranchĂ© par South African Tourism, source officielle, est qu'un shisa nyama n'est pas un simple braai. Le braai est un barbecue domestique et familial, quand le shisa nyama est une institution sociale buy-and-braai : on achĂšte la viande crue chez le boucher attenant, on la fait mariner puis griller sur place, soi-mĂȘme ou par les grilleurs de la venue. C'est un espace dĂ©mocratique de township oĂč affluent des gens de tous horizons, des PDG aux ouvriers, un endroit qui ne vous classe pas selon qui vous ĂȘtes dehors. Les viandes sont volontairement des coupes grasses pour empĂȘcher le dessĂšchement sur la braise vive. La sheba, relish tomate-oignon qu'on mĂ©lange dans le pap chaud, et la chakalaka ne sont pas culturellement optionnelles car elles sont la sauce qui lie le plateau, et il faut les distinguer : la sheba est une simple relish tomate-oignon-ail mijotĂ©e, fondante et sucrĂ©e-acide, quand la chakalaka est plus complexe et Ă©picĂ©e, avec carotte rĂąpĂ©e, haricots et curry. Des lieux comme Mzoli's Ă Gugulethu et Chaf Pozi Ă Soweto en ont fait une carte touristique nationale, le Shisa Nyama Index de Bloomberg en faisant mĂȘme un baromĂštre social. Distinct des piĂšces individuelles dĂ©jĂ en base (sosaties, karoo tjops, lam aan die spit ZA034), c'est le plateau composĂ©. Sources adossĂ©es dans sources[] (southafrica.net, en.wikipedia.org, citizen.co.za).
BiÚre lager sud-africaine (Castle, Black Label) glacée, ou amasi (lait fermenté) ; en non-alcoolisé, un rooibos glacé.
9/10 â institution nationale pan-sud-africaine devenue produit touristique (Mzoli's, Chaf Pozi, Sakhumzi jusqu'Ă 2000 couverts) et mĂȘme indice Ă©conomique (Shisa Nyama Index de Bloomberg, +11 % en 2022) ; rendez-vous social dominical, souvent aprĂšs l'Ă©glise.
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Braise â PrĂ©parer la braise â Allumer un bon lit de charbon ou de bois et le laisser retomber. Le shisa nyama se fait sur braise vive et chaude, pas sur flamme. Les braises doivent ĂȘtre gris-cendrĂ© et rougeoyantes, la main tenue deux secondes Ă dix centimĂštres. Attendre la disparition des flammes ; si c'est trop chaud, Ă©carter les braises ou monter la grille.
Le pourquoiUne braise vive et stable saisit les viandes sans les enflammer.
Accompagnement â Lancer le pap en parallĂšle â Porter l'eau salĂ©e Ă Ă©bullition, verser le mielie-meal en pluie, fouetter puis couvrir et laisser gonfler Ă feu doux. Le pap est long et doit ĂȘtre prĂȘt quand les viandes tombent. On vise une masse ferme qui se dĂ©tache de la casserole pour un stywe pap, en remuant toutes les huit Ă dix minutes. Trop Ă©pais, un peu d'eau bouillante ; grumeleux, fouet Ă©nergique.
Le pourquoiLe pap long doit cuire en parallĂšle pour ĂȘtre prĂȘt Ă temps.
Sheba â Mijoter la sheba â Faire suer l'oignon et l'ail Ă l'huile, ajouter herbes et poivre, puis les tomates, le sel et une pincĂ©e de sucre, et laisser mijoter. C'est la relish fondante qu'on mĂ©lange dans le pap chaud. La sauce doit ĂȘtre nappante, l'huile perlant en surface. Trop acide, ajouter du sucre ; trop liquide, prolonger Ă dĂ©couvert.
Le pourquoiLa sheba fondante lie le pap et parfume le plateau.
Chakalaka â PrĂ©parer la chakalaka â Faire suer oignon, poivron et carotte, ajouter curry et piment, puis les tomates et les haricots, et laisser mijoter court. C'est le contrepoint Ă©picĂ© du plateau, distinct de la sheba. La carotte doit rester un peu croquante. Servir tiĂšde. Trop Ă©picĂ©, rééquilibrer avec des haricots ou de la tomate.
Le pourquoiLa chakalaka épicée apporte le contrepoint relevé du plateau.
Cuisson â Assaisonner et griller les viandes â Enrober les viandes du rub et d'huile en rĂ©servant le baste, sans saler trop Ă l'avance. Poser d'abord les piĂšces lentes, poulet et chuck, puis l'agneau et la wors en dernier, en retournant souvent et en re-badigeonnant de baste Ă chaque tour. Les viandes grasses flambent, donc tourner Ă©vite le brĂ»lĂ© et le baste caramĂ©lise. Compter cinq Ă dix minutes par face, jus clair pour le poulet, la wors qui chante sans ĂȘtre percĂ©e. En cas de flambĂ©e, Ă©carter du feu et laisser retomber.
Le pourquoiL'ordre de cuisson et le basting synchronisent des viandes de temps différents.
Repos â Reposer et dĂ©couper â Laisser reposer les viandes cinq minutes hors du feu, puis trancher le chuck et l'agneau et tronçonner la wors. Les jus se redistribuent pendant le repos. La dĂ©coupe ne doit pas pleurer. Trancher contre le fil pour la tendretĂ©. Une viande un peu sĂšche se rattrape en la nappant de sheba.
Le pourquoiLe repos redistribue les jus et garde les viandes juteuses.
Service â Monter le plateau communautaire â Dresser sur un grand plateau central : un monticule de pap au centre, les viandes mixtes tout autour, des bols de sheba et de chakalaka, du roosterkoek ou du pain et une salade de pommes de terre. On partage au centre, c'est le geste social du shisa nyama, pas des assiettes individuelles. Chacun se sert, trempe le pap dans la sheba puis prend la viande. On sert chaud, Ă la main. Un plateau qui a refroidi se rĂ©chauffe pap et relishes d'abord, viande Ă la derniĂšre minute.
Le pourquoiLe partage au centre est le geste social qui définit le shisa nyama.
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