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Atlas Culinaire · Afghanistan · Asie
Le riz collant du pauvre, riz et mung dal fondus en une bouillie réconfortante
La grande confusion entoure ce que « shola ghorbandi » dĂ©signe vraiment. Le blog natif Taste of Afghanistan (tasteofafghanistan.blogspot.com) prĂ©sente son shol-e-ghorbandi coiffĂ© d'un qorma de viande et prĂ©vient que c'est un plat « Ă goĂ»t acquis, qu'on ne trouve pas au restaurant » â donc franchement rustique. Ă l'inverse, les cuisiniers de la diaspora comme Halfghan Kitchen insistent : la shola de base est un plat vĂ©gĂ©tal quotidien de riz et de mung dal, et « dĂšs qu'on y ajoute quroot et viande, c'est un plat entiĂšrement diffĂ©rent ». Le point se tranche par la gĂ©ographie plus que par la recette : « ghorbandi » renvoie au district de Ghorband, c'est-Ă -dire Ă la version paysanne et quotidienne du riz collant salĂ© â distincte du shola-e-goshti, la version de fĂȘte chargĂ©e de viande servie aux mariages. La viande, ici, n'est qu'un qorma d'appoint facultatif, pas le cĆur du plat. Source : http://tasteofafghanistan.blogspot.com/2011/10/shol-e-ghorbandi-or-shola-wa.html
Un grand verre de dogh (yaourt battu à la menthe) ou de yaourt nature liquide, qui coupe la richesse du riz. Thé noir afghan (chai siah) pour terminer.
Le shola ghorbandi porte le nom du district de Ghorband, dans la province de Parwan : c'est le riz collant salĂ© du quotidien, celui des familles modestes qui Ă©tirent une poignĂ©e de riz et de mung dal en un plat nourrissant et bon marchĂ©. Longtemps considĂ©rĂ© comme une nourriture rustique « qu'on ne sert pas au restaurant », il est aujourd'hui revendiquĂ© par la diaspora comme un comfort food identitaire, souvent coiffĂ© de yaourt Ă l'ail et, les jours de fĂȘte, d'un qorma de viande.
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Base â Faire dorer l'oignon â Chauffez l'huile dans une grande cocotte Ă fond Ă©pais et faites-y blondir l'oignon Ă©mincĂ© jusqu'Ă ce qu'il soit dorĂ© et fondant, environ 8 minutes. C'est la base savoureuse du shola : un oignon bien caramĂ©lisĂ© donne de la profondeur Ă un plat par ailleurs trĂšs simple. Ajoutez l'ail en fin et laissez chanter 30 secondes. L'huile parfumĂ©e servira Ă enrober riz et mung dal.
Le pourquoiL'oignon doré construit le fond aromatique salé qui distingue le shola d'une simple bouillie de riz.
Cuisson â Cuire le mung dal â Ajoutez le mung dal trempĂ© (ou prĂ©-bouilli), le curcuma, le cumin, le poivre et l'eau, et laissez mijoter 20 Ă 25 minutes jusqu'Ă ce que les haricots soient Ă moitiĂ© tendres. Le mung dal doit toujours avoir de l'avance sur le riz, car il cuit plus lentement. Ăcumez si nĂ©cessaire. Le liquide doit rester gĂ©nĂ©reux Ă ce stade, le riz en boira une bonne partie ensuite.
Le pourquoiLe mung dal cuit plus lentement que le riz ; le lancer d'abord garantit une cuisson homogĂšne.
Cuisson â Ajouter le riz â Incorporez le riz bien rincĂ© et salez franchement. Ajoutez de l'eau chaude si besoin pour que le riz soit tout juste couvert, portez Ă Ă©bullition puis baissez Ă feu moyen-doux. Le riz va libĂ©rer son amidon et lier peu Ă peu la prĂ©paration en une masse collante, signature du shola. Remuez de temps en temps pour Ă©viter que le fond n'accroche.
Le pourquoiL'amidon du riz est ce qui donne au shola sa texture liée de porridge salé.
Cuisson â Mijoter jusqu'Ă absorption â Couvrez et laissez cuire Ă feu doux 20 minutes, jusqu'Ă ce que le riz ait bu presque tout le liquide et que les grains soient tendres. Ne remuez pas trop pour ne pas briser les grains. C'est le moment dĂ©licat : le fond peut accrocher, tendez l'oreille au grĂ©sillement et baissez encore si besoin. La masse doit devenir Ă©paisse et homogĂšne.
Le pourquoiLa cuisson douce et couverte permet au riz d'absorber le liquide sans brûler.
Finition â Ătuver (dam) pour finir â Couvrez la cocotte d'un linge propre sous le couvercle et laissez Ă©tuver 10 Ă 15 minutes Ă feu trĂšs doux, technique afghane du « dam ». Le linge absorbe la vapeur et rend le riz sec et moelleux plutĂŽt que dĂ©trempĂ©. C'est ce repos vapeur qui parfait la texture du shola. RĂ©sistez Ă l'envie de soulever le couvercle avant la fin.
Le pourquoiLe dam finit la cuisson à la vapeur douce et assÚche l'excédent d'humidité pour une texture aérée.
Finition â PrĂ©parer le qorma (facultatif) â Pour la version enrichie, faites revenir Ă part la viande avec un peu d'oignon, ajoutez la sauce tomate, les piments et un fond d'eau, et laissez mijoter jusqu'Ă ce que l'huile se sĂ©pare et que la viande soit tendre. Ce qorma se dĂ©pose en fin sur le shola, il n'est qu'un accompagnement. La version quotidienne de Ghorband s'en passe totalement et se contente du riz salĂ©.
Le pourquoiSéparer le qorma du shola permet de servir le plat aussi bien en version maigre qu'enrichie.
Service â PrĂ©parer le yaourt Ă l'ail â MĂ©langez le yaourt avec l'ail Ă©crasĂ© et une pincĂ©e de sel, parsemez de menthe sĂ©chĂ©e froissĂ©e et arrosez d'un filet d'huile chaude qui la fait crĂ©piter. Ce yaourt acidulĂ© et aillĂ© est le contrepoint indispensable du shola, gras et dense. Sa fraĂźcheur allĂšge chaque bouchĂ©e. PrĂ©parez-le Ă la derniĂšre minute pour garder l'ail vif.
Le pourquoiLe yaourt acide tranche la richesse du riz gras et rend le plat digeste.
Service â Dresser et servir â Dressez le shola bien chaud dans un plat, creusez un puits au centre pour le qorma si vous en avez fait, et servez le yaourt Ă l'ail Ă part. C'est un plat d'hiver roboratif, celui des jours froids et des bourses modestes de Ghorband, Ă manger en famille. Chacun mĂȘle riz, qorma et yaourt Ă sa convenance. Servez sans attendre, le shola fige en refroidissant.
Le pourquoiServi chaud, le shola reste crémeux ; froid, il durcit en bloc compact.
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Sourcer ou se taire
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