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Atlas Culinaire · Colombie · Amériques
Bouillon iodé des palourdes du Pacifique colombien noyé dans la crème de coco et les herbes d'azotea
La Sopa de Almejas del Pacífico est souvent confondue avec la Sopa de Almejas des Caraïbes colombiennes, alors qu'elles sont radicalement différentes : la version Caraïbe (documentée à Cartagena et Santa Marta dans le Gran Libro de la Cocina Colombiana de Carlos Ordóñez, MinCultura 2012) utilise un fond de bouillon clair au tomate, poivron et cumin avec du lait entier en finition — profil aromatique méditerranéen-caribéen. La version Pacifique, analysée par Leonor Espinosa dans son travail de terrain à Guapi et Tumaco (Prix La Liste 2022), substitue systématiquement le cumin par le trio azotea (chillangua, poleo, albahaca negra) et remplace le lait entier par la leche de coco fraîche. La deuxième controverse concerne le corps gras : à Buenaventura, l'huile achiotée (infusée à l'annatto) est obligatoire pour la couleur orangée caractéristique selon Rey Guerrero ; à Guapi (Cauca), les femmes cuisinanières de la Fundación Chiyangua refusent l'achiote et font confiance à la seule couleur naturelle du coco frais pour marquer l'identité visuelle du plat. Les deux positions sont attestées dans des sources primaires contradictoires.
Arroz blanco ou arroz con coco, patacones croustillants, pain de maïs (pandebono ou arepa de chócolo) — ne jamais servir avec du pain de blé qui masque l'iode
7/10 — soupe de fête dans les pueblos côtiers du Chocó et de Nariño ; moins connue que l'encocado ou la sopa de bagre à Bogotá, mais centrale dans les repas familiaux du dimanche à Buenaventura ; demandée comme spécialité locale dans les restaurants de la ville basse (barrio San Luis)
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Trier les palourdes — éliminer toute coquille cassée ou qui ne se ferme pas au toucher. Plonger dans 1 litre d'eau froide salée (2 c.à.s. sel) pendant 1h30 minimum, idéalement 2 heures. Les palourdes vont s'ouvrir légèrement et expulser leur sable interne. Rincer sous eau froide, égoutter. Ce trempage est non-négociable : une soupe de palourdes sableuse est immanquable.
Dans une casserole large, placer les almejas, ajouter 50 ml d'eau, couvrir et cuire à feu vif 3 à 5 minutes en secouant régulièrement. Récupérer les palourdes qui s'ouvrent en les transférant dans un bol. Filtrer soigneusement toute l'eau de cuisson et la réserver — c'est le fumet concentré. Décoquiller la moitié des palourdes (pour le bouillon) et laisser l'autre moitié dans leurs coquilles pour la présentation. Jeter les coquilles fermées après 6 minutes.
Dans une grande casserole à fond épais, chauffer l'huile (achiotée ou neutre) à feu moyen. Faire suer la cebolla larga et l'oignon blanc 4 minutes. Ajouter l'ail, puis les tomates concassées. Cuire en remuant 6 minutes jusqu'à obtenir un sofrito réduit. Hors feu, ajouter la chillangua, le poleo et l'albahaca negra, mélanger 1 minute pour libérer les arômes sans les brûler.
Remettre la casserole sur feu moyen. Verser le lait de coco et le fumet de palourdes filtré dans le sofrito. Porter à frémissement. Ajouter les cubes de pommes de terre. Cuire 15 à 18 minutes à frémissement léger jusqu'à ce que les pommes de terre soient tendres. Goûter et ajuster le sel (le fumet peut être très salé).
Hors feu, ajouter les almejas décoquillées et les almejas en coquilles dans le bouillon chaud. Remuer délicatement pour les enrober. Couvrir 3 minutes — la chaleur résiduelle suffit à finir la cuisson sans durcir les mollusquess. Rectifier le sel et le poivre. Servir immédiatement dans des bols profonds en parsemant de chillangua fraîche ciselée. Porter les patacones et le riz séparément.
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