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Atlas Culinaire · Éthiopie · Afrique
Le « lait » de graines de tournesol, monté citron-tomate-piment, sur injera émiettée — plat de Carême.
Correction d'une idée reçue tenace : suf (ሱፍ) = TOURNESOL en amharique (et « laine »), PAS le niger. La graine de niger/noug se dit nug (ኑግ), confirmé par les dictionnaires amhariques et l'encyclopédie éthiopienne Sewasew ; toutes les recettes de Suf Fitfit utilisent des graines de TOURNESOL. La confusion vient de la ressemblance visuelle et de la proximité botanique (Asteraceae). Anti-doublon net : trois plantes distinctes — tournesol (suf), niger (nug, surtout pressé en huile de noug), lin (telba, déjà en base ET038). Le Suf Fitfit est un plat de Carême : graines bouillies, mixées et FILTRÉES en un « lait » crémeux servi froid, monté citron-tomate-piment, puis injera émiettée incorporée au dernier moment. Plat de jeûne végétalien.
Le suff lui-même en version boisson (graines grillées délayées, façon horchata éthiopienne), miroir liquide du plat. Eau d'orge ou thé éthiopien (shai) épicé. Hors jeûne, un blanc sec nerveux (Sauvignon, Assyrtiko) pour le gras des graines ; éviter les rouges tanniques.
6/10 — plat de jeûne bien identifié et aimé dans la sphère orthodoxe (Carême), documenté côté diaspora et recueils vegan ; reste saisonnier et de niche, moins universel que le shiro ou le kitfo.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Cuisson — Bouillir les graines — Rincez les graines de tournesol, couvrez-les d'eau froide et portez à ébullition jusqu'à ce qu'elles s'écrasent facilement (15 min à 1 h selon les graines). On ramollit et on nettoie. Le repère : des graines tendres sous la fourchette. Prolongez l'eau bouillante si elles restent croquantes. C'est l'étape qui rend possible l'extraction du « lait ».
Mixage — Mixer en lait — Égouttez et mixez les graines cuites avec environ 750 ml d'eau froide. On libère le « lait » gras et nutty caractéristique. Le repère : un liquide laiteux, des graines complètement broyées. Ajoutez de l'eau si la pâte est trop épaisse. C'est la matière première de la sauce.
Filtration — Filtrer la sauce — Passez la purée au tamis fin ou à l'étamine et jetez le marc. On obtient une sauce lisse, débarrassée des fibres amères. Le repère : un liquide soyeux, sans particules, nappant. Repassez le marc avec un peu d'eau pour extraire le reste. C'est cette finesse qui distingue le suf d'une simple bouillie.
Refroidissement — Réfrigérer — Réfrigérez la sauce filtrée : le plat se sert FROID, et le froid concentre les notes nutty. Le repère : une sauce bien froide. Placez le bol sur de la glace si vous êtes pressé. La sauce seule se conserve plusieurs jours au frais — c'est la base à garder sous la main pendant le Carême.
Garniture — Monter la garniture — Mélangez tomates, oignon/cébette, piment, ail, gingembre, citron, huile et sel, puis incorporez à la sauce froide. L'acidité et le piquant réveillent la sauce grasse. Le repère : une sauce assaisonnée, franche et citronnée, équilibre gras/acide. Goûtez et rectifiez citron et sel. C'est cette garniture vive qui empêche le plat d'être plat.
Fitfit — Incorporer l'injera et servir — Émiettez l'injera rassise, imbibez-la de sauce et mélangez JUSTE avant de servir. L'injera doit s'imbiber sans se déliter. Le repère : une injera souple mais encore identifiable, des bouchées moelleuses. Servez aussitôt : trop d'attente et c'est la bouillie. C'est le plat de Carême complet, gras-nutty et frais.
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