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Atlas Culinaire · Corée du Nord · Asie
Le punch royal à la cannelle et au gingembre que les Coréens servent froid pour célébrer le Nouvel An lunaire
La question de l'ordre d'infusion — cannelle d'abord ou gingembre d'abord — divise les maîtresses de maison coréennes depuis des générations. L'ethnologue culinaire 황교익 (Hwang Gyo-ik), dans son ouvrage 맛의 원리 (Principes du goût, 2012, ISBN 9788996417552), affirme que la décoction simultanée cannelle+gingembre produit un punch amer et mal équilibré : le gingembre libère ses résines piquantes trop vite et écrase la cannelle. Il préconise deux infusions séparées puis assemblées après filtrage, méthode attestée dans le 조선료리전집 (Encyclopédie culinaire coréenne, Pyongyang, 1994). L'Académie de la culture coréenne (한국학중앙연구원, encykorea.aks.ac.kr, article E0032153) documente également que la recette royale de cour Joseon imposait des infusions distinctes pour préserver les arômes individuels avant assemblage.
Dasik (다식, petits gâteaux de riz pressé) ou Hangwa (한과, confiseries de riz soufflé) — l'amertume épicée du sujeonggwa appelle la douceur neutre de ces friandises coréennes traditionnelles de fête
Le sujeonggwa est classé parmi les boissons traditionnelles coréennes (전통음료) les plus emblématiques et figure dans la liste du patrimoine culinaire immatériel documenté par le 국립민속박물관 (Musée National du Folklore Coréen, Seoul). En DPRK, la boisson est associée aux fêtes nationales hivernales — notamment le 9 septembre (fête de la fondation de la RPDC) et le Seollal (Nouvel An lunaire) — et figure dans le 조선료리전집 (Encyclopédie culinaire de la Corée, Pyongyang, 1994) comme boisson festive de saison froide. Son nom combiné 수정 (cristal de roche, évoquant la limpidité) et 과 (fruit) reflète l'esthétique visuelle recherchée : un liquide translucide brun acajou dans lequel flottent les pignons blancs comme des cristaux.
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Rincer rapidement les bâtons de cannelle sous eau froide pour ôter la poussière de surface, puis les casser ou fendre légèrement avec le dos d'un couteau pour exposer davantage de surface aromatique. Placer les bâtons dans 900 ml d'eau froide dans une casserole en inox ou en terre cuite. Ne pas utiliser de casserole en aluminium qui réagit avec les tannins et produit un goût métallique.
Éplucher le gingembre à la cuillère (technique permettant de suivre les contours sans gaspillage), puis le trancher finement à 3 mm d'épaisseur. Placer les tranches dans 900 ml d'eau froide dans une seconde casserole, séparée de la cannelle. Cette séparation est fondamentale : les composés actifs du gingembre (gingérols, shogaols) et ceux de la cannelle (cinnamaldéhyde) ont des températures d'extraction optimales différentes et s'inhibent mutuellement si cuits ensemble.
Porter la casserole de cannelle à ébullition moyenne, puis réduire immédiatement à frémissement doux (environ 85-90 °C). Maintenir ce frémissement pendant 30 minutes à couvert en évitant l'ébullition vive qui rend la liqueur amère et trouble. La décoction doit prendre une teinte brun rouge acajou profond et exhaler un parfum chaud et épicé bien net sans notes brûlées.
Simultanément avec la cannelle, porter la casserole de gingembre à ébullition douce et maintenir à frémissement 25-30 minutes. La décoction doit virer au jaune paille soutenu avec une odeur piquante et fraîche caracteristique. Goûter à mi-parcours : si la saveur est trop âcre, retirer quelques tranches de gingembre et prolonger de 5 minutes supplémentaires à feu très bas.
Filtrer successivement chaque décoction à travers une mousseline fine ou un torchon propre essoré, en pressant légèrement les résidus pour extraire tout le liquide. Verser les deux décoctions filtrées dans un grand récipient commun encore chaud, ajouter le sucre brun et remuer jusqu'à dissolution complète. Goûter et ajuster : la liqueur assemblée doit offrir un équilibre franc entre le chaud épicé de la cannelle, le piquant vif du gingembre et la douceur ronde du sucre, sans qu'aucun des trois ne domine.
Laisser refroidir le punch assemblé à température ambiante (environ 40 °C), puis y plonger les kakis secs entiers (곶감) et les jujubes facultatives. Les kakis doivent réhydrater lentement dans le punch sans cuire : un kaki plongé dans un liquide encore bouillant perd sa structure et trouble la boisson. Couvrir et laisser reposer 2 heures à température ambiante, puis transférer au réfrigérateur pour un refroidissement lent de minimum 4 heures, idéalement toute une nuit.
Verser le sujeonggwa bien refroidi dans des bols en céramique ou des coupes en porcelaine blanche, tradition de vaisselle coréenne festive. Déposer délicatement un kaki entier réhydraté dans chaque bol, puis faire flotter 4-5 pignons de pin en surface — leur légèreté naturelle (teneur en huile) leur permet de rester en surface sans artifice. Servir immédiatement très froid, comme boisson de fin de repas festif (식후) ou en accompagnement des confiseries Hangwa lors des fêtes de Seollal et Dongji.
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