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Atlas Culinaire · Arménie · Asie
La saucisse sucrée des vignes arméniennes — des cerneaux de noix enfilés sur corde, trempés dans le doshab chaud épaissi puis séchés pendant des semaines jusqu'à cette texture élastique noir-violette qui éclate sous la dent
Le sujukh arménien est le cousin direct du churchkhela géorgien (Churkhchela), et les deux pays revendiquent la paternité de cette confiserie. Osharak documente la distinction avec rigueur : 'le sujukh arménien utilise traditionnellement du must de raisin non fermenté (meghri, doshab cru) avec de la farine de blé pour épaissir, tandis que le churchkhela géorgien peut utiliser aussi du jus de noix (tatara) et de la farine de maïs. Le résultat est légèrement différent en texture et en couleur — le sujukh est plus foncé et plus sucré, le churchkhela plus souple et parfois plus herbeux'. La controverse PRINCIPALE porte sur les ÉPICES : version arménienne pure (aucune épice, juste raisin-farine), version épicée (cannelle + clous de girofle dans le doshab), et version moderne (noix + amandes mélangées). Heghineh confirme la division : 'ma grand-mère de Vayots Dzor ne mettait jamais d'épices — elle disait que les épices cachent le goût du raisin qui est la star'. Le séchage est une autre pomme de discorde : 2 semaines minimum vs 4 semaines en Arménie rurale (pour une texture plus ferme) vs 6 semaines en hauteur de Lori (pour une conservation hivernale).
Fromage chanakh salé · vin rouge de Vayots Dzor · cognac arménien Ararat · pain lavash
La fabrication du sujukh est l'un des rituels d'automne les plus importants dans les villages viticoles de Vayots Dzor. Après les vendanges de septembre, les familles passent une journée entière à préparer les sujukh pour l'hiver — une activité collective où enfants, parents et grands-parents s'assemblent autour des grandes marmites de doshab fumant. Les sujukh sont ensuite suspendus dans l'obscurité des caves à vin arméniennes pour sécher avec les tonneaux. En hiver, on en coupe un bout pour le café ou le vin chaud — c'est le chocolat de l'Arménie rurale.
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Enfiler les noix (1 jour avant) — Enfiler les cerneaux de noix sur les cordelettes alimentaires — Faire tremper les noix 1h dans l'eau tiède pour les ramollir légèrement. Enfiler les cerneaux entiers (pas concassés) sur les cordelettes, environ 12-15 cerneaux par corde. Laisser 3 cm libres au sommet de chaque corde pour la suspension. Laisser sécher les noix enfilées à l'air libre une nuit.
Préparation du doshab épaissi — Cuire le jus de raisin, épaissir avec la farine délayée — Porter 1350ml de jus de raisin à ébullition, réduire à feu moyen. Délayer les 150g de farine dans 150ml de jus FROID. Verser en filet dans le jus chaud en fouettant constamment. Réduire à feu doux 15-20 min en remuant régulièrement jusqu'à consistance miel épais. La pellicule doit s'accrocher à la cuillère et couler en ruban. Maintenir à feu doux pour garder liquide pendant les tremages.
Trempage 5-7 fois — Tremper chaque corde 5 à 7 fois, sécher 20 min entre chaque trempage — Tremper chaque corde dans le doshab chaud (garder à feu doux entre les trempage). Suspendre au bâton pour égoutter 20 min. Retremper. Répéter 5 fois minimum (7 pour une pellicule plus épaisse). La pellicule doit mesurer au moins 5mm d'épaisseur avant le séchage final.
Séchage 2-4 semaines — Suspendre dans un endroit sec et aéré, sécher 2-4 semaines minimum — Suspendre les sujukh dans un endroit sec, ventilé, à l'abri de l'humidité et des insectes (idéalement filet anti-insectes). Température ambiante 18-22°C, jamais au soleil direct (décolore). Séchage minimal 2 semaines, idéal 4 semaines. Prêt quand la pellicule ne colle plus aux doigts et reste souple sans se fissurer.
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