vers 6 000 av. J.-C.
Premières viticultures au pied de l'Ararat
Les fouilles archéologiques du site d'Areni-1, en Arménie du Sud, ont révélé en 2011 la plus ancienne cave à vin connue au monde, datant d'environ 6 000 ans avant J.-C. Des pressoirs, des jarres de fermentation et des pépins de raisin carbonisés attestent d'une viticulture organisée et d'une culture du vin parmi les plus anciennes de l'humanité. Ces découvertes, publiées dans le Journal of Archaeological Science, font de l'Arménie un berceau mondial de la vinification.
vers 3 000 av. J.-C.
Civilisation d'Urartu et premières agricultures organisées
Sur le plateau arménien, les populations proto-arméniennes développent une agriculture intensive fondée sur la culture du blé, de l'orge et de la vigne, documentée par les sites archéologiques de la région du lac de Van. Le royaume d'Urartu, précurseur de l'Arménie historique, organise des systèmes d'irrigation et des greniers d'État attestés par des inscriptions cunéiformes. Ces pratiques agricoles fondent les bases de la cuisine arménienne traditionnelle encore vivante aujourd'hui.
301 apr. J.-C.
Christianisme d'État et cuisine de carême codifiée
L'Arménie devient en 301 le premier État à adopter officiellement le christianisme comme religion d'État, sous le roi Tiridate III et l'influence de Grégoire l'Illuminateur. Cette conversion profonde structure durablement la cuisine arménienne autour du calendrier liturgique : les nombreux jours de jeûne imposent le développement d'une cuisine végétarienne riche, à base de légumineuses, de boulgour, d'herbes et de légumes marinés. Les recettes de jeûne (beureg, dolma aux légumes, soupe de lentilles) deviennent des piliers culinaires transmis par l'Église apostolique arménienne.
1915-1923
Génocide et dispersion de la cuisine arménienne
Le génocide arménien perpétré par l'Empire ottoman entre 1915 et 1923 entraîne la mort de plus d'un million d'Arméniens et la dispersion forcée du reste de la population vers le Liban, la Syrie, la France, les États-Unis et l'Argentine. Cette diaspora emporte avec elle ses recettes, ses techniques et ses ingrédients, créant des cuisines arméniennes régionales hybrides mais fidèles à l'héritage originel. Des plats comme le manti, le keufta ou le börek arménien s'intègrent ainsi aux gastronomies du Moyen-Orient et de la Méditerranée, influençant durablement ces cuisines.
2014
Le lavash inscrit au patrimoine UNESCO
En 2014, l'UNESCO inscrit le lavash sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, reconnaissant l'importance de ce pain plat dans l'identité culturelle et sociale arménienne. Cette reconnaissance internationale souligne que la fabrication du lavash est bien plus qu'un acte culinaire : c'est un rituel communautaire impliquant plusieurs générations de femmes autour du tonir, le four traditionnel enterré. L'inscription consacre l'Arménie comme gardienne d'un patrimoine alimentaire vivant et menacé par la modernisation.