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Atlas Culinaire · Nouvelle-Calédonie · Océanie
L'albacore du lagon taillé au couteau, soja et sésame, coco fraîche en brunoise et combava râpé à la dernière seconde
C'est l'assiette de Nouméa. On la trouve partout autour de l'Anse Vata, et elle tient à trois choses : un thon irréprochable, un couteau bien aiguisé, et le combava râpé au tout dernier moment.
Il faut d'abord démonter un faux débat, parce qu'il circule partout sur ce plat et qu'il repose sur un pur malentendu de traduction.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Séchez le filet au papier absorbant. Retirez au couteau bien aiguisé toute la partie foncée, la ligne de sang le long de l'arête. Taillez ensuite en dés réguliers, à la pointe, sans écraser.
Le pourquoiLa ligne de sang est riche en myoglobine : son goût est nettement plus fort, presque métallique, et elle s'oxyde beaucoup plus vite que le reste. Dans un tartare, où rien ne masque, elle s'entend immédiatement.
Dans un bol, réunissez le jus de citron vert, la sauce soja, l'huile de sésame et la moitié du gingembre râpé. Mélangez jusqu'à homogénéité.
Le pourquoiOn monte la sauce à part et pas directement sur le poisson : versée en une fois sur une sauce homogène, la chair s'enrobe d'un coup au lieu de recevoir du soja pur ici et du citron pur là.
Ouvrez la noix, récupérez l'eau, décollez la chair de la coque au couteau. Taillez-la en brunoise fine.
Le pourquoiC'est la chair fraîche et elle seule qui apporte le croquant : la noix de coco râpée déshydratée boirait le jus du tartare et se ramollirait en quelques minutes.
Versez la sauce sur les dés de thon bien froids. Ajoutez le reste du gingembre et les trois quarts de la brunoise de coco. Mélangez à la spatule, doucement, en soulevant plutôt qu'en remuant.
Le pourquoiLe sel du soja commence à tirer l'eau du thon dès qu'il le touche : chaque minute et chaque tour de cuillère de trop délavent l'assiette. On assemble tard et on brasse peu.
Sortez le tartare du froid. Râpez finement la moitié du combava directement au-dessus du saladier. Mélangez une dernière fois, très délicatement.
Le pourquoiTout le parfum du combava est dans les glandes à huile de sa peau verte, et ces huiles sont volatiles : elles s'évaporent en quelques minutes à l'air libre. C'est la raison pour laquelle cette étape est la dernière et pas la première.
Dressez au cercle à pâtisserie ou en quenelles à la cuillère, dans des assiettes bien froides. Couronnez du reste de brunoise de coco.
Le pourquoiL'assiette froide n'est pas un raffinement : elle retarde le moment où le thon monte en température, s'oxyde et brunit. Vous gagnez plusieurs minutes de fraîcheur pour rien.
Servez dans les trois minutes qui suivent le dressage — c'est une assiette minute, elle n'attend pas. Toasts grillés ou crackers à côté.
Le pourquoiTrois choses courent en même temps contre vous : le combava qui s'évapore, le sel qui tire l'eau, et le thon qui s'oxyde à l'air. Aucune ne se rattrape.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
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