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Atlas Culinaire · Irak · Asie
Ragoût d'agneau et pois chiches versé sur du pain rassis qui boit le bouillon, plat de rassemblement chaldéen
Le tashreeb (ou taghrib) est un ragoût où le pain rassis boit le bouillon — les Chaldéens de Mossoul en font un plat de Noël et de rassemblement, mais sa paternité est partagée avec tout l'Irak musulman, qui le dit « plat préféré du Prophète ». Il ne faut pas le confondre avec la pacha déjà au catalogue, qui repose sur tête et panse de mouton : le tashreeb chaldéen se cale sur l'épaule d'agneau et les pois chiches. Le désaccord porte sur le pain — galette fine séchée déchirée au fond du plat pour les uns, samoun mossouliote pour les autres — et sur l'ajout, contesté, de curry, héritage des routes commerciales qui divise les tables du nord.
Oignon cru et piments verts marinés à croquer à côté ; un verre d'eau citronnée pour la fraîcheur
Plat de rassemblement et de réconfort des Chaldéens de Mossoul et de la plaine de Ninive, servi en grande tablée notamment autour de Noël ; partagé avec tout l'Irak, il est réputé « plat préféré du Prophète ».
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Oignons — Caraméliser les oignons — Fais revenir les oignons émincés dans l'huile jusqu'à ce qu'ils dorent et caramélisent, puis réserve-en une partie. Cette base brune est la fondation du goût : sans elle, le bouillon reste plat et pâle. Prends ton temps, la couleur ambrée vaut tout le reste.
Le pourquoiLes sucres caramélisés donnent corps et couleur au bouillon.
Viande — Saisir l'agneau — Dans la même cocotte, colore les cubes d'agneau sur toutes les faces à feu moyen-vif. La croûte brune scelle les sucs et enrichit le bouillon final. Travaille en plusieurs fois pour ne pas faire bouillir la viande.
Le pourquoiLa saisie construit le fond de goût du ragoût.
Aromates — Ajouter épices et tomate — Remets les oignons, ajoute l'ail, le concentré de tomate, le curcuma, le curry (si tu l'adoptes) et le laurier, remue brièvement. Le curry est ici l'ajout que se disputent les tables du nord : à toi de trancher selon la tradition familiale. Fais revenir jusqu'à ce que les épices embaument.
Le pourquoiCuire les aromates avant le mouillage évite le goût cru.
Mijotage — Cuire longuement — Ajoute les pois chiches et l'eau, porte à ébullition puis laisse mijoter à couvert environ 2 heures jusqu'à ce que l'agneau se détache. La cuisson lente attendrit la viande et concentre un bouillon riche et parfumé. Écume au besoin la première mousse.
Le pourquoiLe temps long fond le collagène et parfume le bouillon.
Assaisonnement — Rectifier le bouillon — Sale et poivre en fin de cuisson, goûte et ajuste. Le bouillon doit être franc et savoureux, car c'est lui qui va imbiber le pain — un bouillon fade donne un tashreeb triste. Retire le laurier.
Le pourquoiUn bouillon bien assaisonné porte tout le plat.
Pain — Tapisser de pain déchiré — Déchire le pain plat rassis en morceaux et dispose-les au fond des assiettes creuses ou d'un grand plat. Le pain rassis, plus poreux, boit le bouillon sans se déliter aussitôt — c'est tout l'art du tashreeb (« trempé »). Ne le mouille surtout pas à l'avance.
Le pourquoiLe pain sec absorbe le bouillon en gardant de la tenue.
Service — Noyer et servir aussitôt — Dispose la viande et les pois chiches sur le pain, puis verse le bouillon brûlant par-dessus au dernier moment. Sers immédiatement, quand le pain est imbibé mais encore un peu ferme sous la dent. C'est le plat des grandes tablées chaldéennes, mangé en commun autour du plat.
Le pourquoiLe service minute garde le contraste pain-bouillon.
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