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Atlas Culinaire · Bolivie · Amériques
Le ragoĂ»t paceño Ă deux temps qui rĂ©unit agneau, chuño et riz sous un voile d'ajĂ amarillo, servi lors des fĂȘtes patronales et du Carnaval andin.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
La veille du service, plonger le chuño noir sec dans l'eau froide toute la nuit â un geste non nĂ©gociable dans toutes les cuisines paceñas consultĂ©es. Sans ce trempage, le chuño reste dur et caoutchouteux au lieu d'offrir sa texture lĂ©gĂšrement gĂ©latineuse caractĂ©ristique. Le lendemain, presser doucement les tubercules pour Ă©vacuer l'excĂšs d'eau avant de les dĂ©chirer en morceaux.
DĂ©poser l'agneau coupĂ© en morceaux avec ses os dans une grande marmite d'eau froide, ajouter oignon, carotte, sel et cumin, puis porter Ă Ă©bullition avant de baisser Ă frĂ©missement. Ce bouillon est le cĆur du "deuxiĂšme temps" du repas â il sera rĂ©servĂ© et resservi en fin de service. Ăcumer rĂ©guliĂšrement pour garder un bouillon clair et digeste.
Pendant que l'agneau mijote, cuire le chuño rĂ©hydratĂ© Ă part, au bain-marie ou Ă la vapeur, avec un peu de sel, pendant une trentaine de minutes. Le cuire sĂ©parĂ©ment â et non dans le bouillon d'agneau â prĂ©serve son goĂ»t terreux propre sans qu'il n'absorbe la graisse de la viande. RĂ©server au chaud jusqu'au dressage.
Dans une autre casserole, disposer les pommes de terre pelĂ©es entiĂšres, entourĂ©es de feuilles de chou entiĂšres dĂ©coupĂ©es Ă la base du trognon pour qu'elles restent intactes â la technique des "chalas". Cuire Ă l'eau salĂ©e jusqu'Ă ce que les pommes de terre soient tendres Ă la pointe du couteau. Cette double cuisson protĂšge la pomme de terre de l'Ă©clatement tout en parfumant lĂ©gĂšrement le chou.
Rincer le riz plusieurs fois Ă l'eau froide pour retirer l'amidon de surface, jusqu'Ă obtenir un riz bien dĂ©tachĂ©, appelĂ© localement "khaja". Cuire Ă l'eau salĂ©e jusqu'Ă ce que les grains soient tendres mais sĂ©parĂ©s, jamais collants ni pĂąteux. Ăgoutter et rĂ©server au chaud.
Faire revenir l'oignon Ă©mincĂ© en julienne dans l'huile jusqu'Ă ce qu'il devienne translucide, puis ajouter l'ail et l'ajĂ amarillo moulu, en remuant sans cesse. Incorporer une louche du bouillon d'agneau rĂ©servĂ© et laisser rĂ©duire Ă feu doux jusqu'Ă obtenir une sauce Ă©paisse et brillante â c'est cet ahogado qui distingue le thimpu d'un simple pot-au-feu. Rectifier l'assaisonnement en sel juste avant de retirer du feu.
Disposer dans chaque assiette, cĂŽte Ă cĂŽte sans les mĂ©langer, une portion de riz, un morceau d'agneau, une pomme de terre, un morceau de chuño et une feuille de chou, puis napper l'ensemble de l'ahogado sans qu'il ne se mĂ©lange au riz â la rĂšgle d'or de toutes les cuisines paceñas. Parsemer de persil frais. Ce dressage "sec" constitue le premier service du repas.
Une fois le plat sec terminĂ© par les convives, rĂ©chauffer et servir le bouillon d'agneau rĂ©servĂ©, Ă©ventuellement parsemĂ© de persil frais, comme second service â une structure en deux temps caractĂ©ristique du thimpu paceño. Ce bouillon clĂŽt le repas sur une note plus lĂ©gĂšre aprĂšs la densitĂ© du plat principal. C'est cette double prĂ©sentation qui distingue le thimpu d'autres ragoĂ»ts andins servis en un seul temps.
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