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Atlas Culinaire · Guadeloupe · Amériques
Le plat le plus typique des Antilles : deux ingrédients de misÚre devenus le goût de l'enfance de tout un peuple.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
La veille au soir, rincez la morue Ă grande eau puis plongez-la dans un grand volume d'eau froide, peau vers le haut, et laissez-la au rĂ©frigĂ©rateur toute la nuit en changeant l'eau deux fois â c'est le protocole que donne Prisca Morjon. La morue doit perdre son agressivitĂ© saline sans devenir insipide. GoĂ»tez un fragment avant de poursuivre : il doit ĂȘtre savoureux, jamais piquant. Si elle reste trop salĂ©e, prolongez de deux heures.
Plongez la morue dessalĂ©e dans une casserole d'eau froide et portez doucement Ă frĂ©missement pendant une quinzaine de minutes, en Ă©cumant : Tatie Maryse conseille cette premiĂšre Ă©bullition pour retirer le sel excĂ©dentaire et la mousse. Ăgouttez, laissez tiĂ©dir, puis retirez peau et arĂȘtes et effilochez la chair Ă la main en gros filaments. La morue doit se dĂ©faire en lamelles nacrĂ©es, jamais en miettes. RĂ©servez.
Huilez-vous lĂ©gĂšrement les mains, coupez les deux extrĂ©mitĂ©s de chaque banane verte, fendez la peau dans la longueur du bout du couteau et dĂ©tachez-la sous un filet d'eau â la sĂšve, extrĂȘmement collante, tache doigts, planches et vĂȘtements de façon tenace, un point sur lequel Leslie Belliot insiste. Coupez ensuite chaque banane en deux ou trois tronçons. La chair doit ĂȘtre blanche, ferme, sans zone brune. RĂ©servez dans l'eau citronnĂ©e pour Ă©viter l'oxydation.
Placez les tronçons de banane dans une grande casserole, ajoutez les feuilles de laurier et un morceau de morue dessalĂ©e â jamais de sel ajoutĂ© â et couvrez d'eau. Portez Ă Ă©bullition et laissez cuire une vingtaine de minutes Ă dĂ©couvert, comme le recommande Tatie Maryse pour Ă©viter le dĂ©bordement. La banane doit s'enfoncer facilement Ă la pointe du couteau tout en gardant sa tenue. Le morceau de morue parfume l'eau et sale la banane de l'intĂ©rieur.
Pendant que les bananes cuisent, Ă©crasez l'ail au pilon avec le poivre et une pointe de piment, ajoutez les cives ciselĂ©es et l'oignon Ă©mincĂ© trĂšs fin, puis versez le vinaigre de vin et le jus de citron vert. Fouettez en incorporant l'huile en filet pour obtenir une vinaigrette liĂ©e. C'est ici que se joue l'Ă©cole choisie : Prisca Morjon fait revenir ses oignons Ă la poĂȘle, Leslie Belliot chauffe sa sauce. La vinaigrette doit ĂȘtre franchement acide et piquer lĂ©gĂšrement.
Ăgouttez les bananes encore brĂ»lantes et disposez-les dans un grand plat creux, ajoutez la morue effilochĂ©e par-dessus, puis versez la vinaigrette pendant que tout est chaud. La chaleur ouvre les fibres qui boivent l'assaisonnement : c'est le moment oĂč le plat se fait. MĂ©langez dĂ©licatement pour ne pas Ă©craser les bananes. GoĂ»tez, poivrez encore si besoin, mais ne salez toujours pas. Laissez tiĂ©dir cinq minutes avant de servir.
Servez tiÚde, à la façon familiale que recommande Prisca Morjon : le plat au centre de la table, tranches d'avocat et rondelles de concombre-pays à cÎté, piment confit pour ceux qui veulent le feu. L'avocat n'est pas un décor mais le contrepoint gras qui équilibre le sel de la morue et l'acidité de la vinaigrette. Le ti-nain lanmori se mange aussi bien au petit-déjeuner qu'au déjeuner. Il se déguste tiÚde, jamais brûlant.
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Sourcer ou se taire
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