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Atlas Culinaire · Trinité-et-Tobago · Amériques
Un bol de pois cassés jaunes qui n'a l'air de rien — jusqu'à ce qu'on verse dessus l'huile brûlante où l'ail vient de noircir, et que toute la maison sache qu'on mange dhal et riz ce soir
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Étale les pois cassés jaunes sur un plateau et trie-les à l'œil : il reste presque toujours un ou deux petits cailloux ou grains décolorés dans un paquet, et un caillou dans un dhal se remarque au premier convive. Rince-les ensuite à l'eau froide en frottant entre les paumes, jusqu'à ce que l'eau sorte à peu près claire — trois ou quatre eaux. Ce lavage retire l'amidon de surface et la poussière, et il évite au dhal de mousser abondamment en début de cuisson.
Mets les pois dans une marmite avec l'eau, le curcuma et l'ail écrasé, et pose le Scotch bonnet **entier** à la surface, sans l'entailler ni le percer. Porte à ébullition, écume la mousse qui monte les premières minutes, puis baisse à feu doux et laisse cuire à couvert. Compte trente à soixante minutes en marmite ordinaire, quinze minutes en autocuiseur. Ne sale surtout pas maintenant. Le dhal est prêt quand les pois se sont défaits d'eux-mêmes et s'écrasent sans résistance entre deux doigts.
Retire délicatement le Scotch bonnet entier à l'écumoire — c'est le moment critique, il ne doit surtout pas se percer. Puis lisse le dhal au **dabla**, ce fouet de bois à branches qu'on plonge dans la marmite et qu'on fait rouler rapidement entre les deux paumes. Le dabla écrase et émulsionne sans jamais réduire complètement : il reste une texture légèrement granuleuse, qui est celle du dhal traditionnel. Un mixeur plongeant fait le travail plus vite mais donne une crème lisse — plat honnête, mais différent.
Sale maintenant, et goûte. Ajuste ensuite la consistance selon l'usage : un dhal destiné à être versé sur du riz reste assez liquide, presque une soupe épaisse ; un dhal servi en bol à côté d'un roti se tient davantage. Rallonge à l'eau chaude ou laisse réduire à découvert quelques minutes. Garde en tête qu'un dhal épaissit encore beaucoup en refroidissant — vise toujours un peu plus liquide que la cible.
Verse l'huile dans une petite louche métallique à long manche — la **kalchul** — ou une très petite casserole, et chauffe à feu moyen. Jette les graines de cumin entières : elles doivent grésiller, gonfler et brunir en une trentaine de secondes. Ajoute alors l'ail en lamelles et laisse-le aller **jusqu'au brun foncé, presque noir sur les bords**. C'est le seul plat trinidadien où on pousse l'ail aussi loin : ici, l'amertume légère du grillé est recherchée, c'est elle qui donne l'odeur d'ail rôti que Zenhealth décrit comme le cœur du chunkay.
Verse l'huile brûlante et ses aromates directement dans la marmite de dhal, en tenant un couvercle en bouclier devant toi de l'autre main. Le contact projette violemment, c'est l'avertissement que donne Zenhealth. Referme le couvercle aussitôt et attends trente secondes avant de mélanger : la vapeur emprisonnée rabat les arômes dans le dhal au lieu de les laisser filer. Puis mélange soigneusement pour répartir l'huile parfumée dans toute la marmite.
Sers le dhal brûlant, versé à la louche sur un riz blanc long grain, ou dans un bol à côté d'un sada roti et d'un choka. Le **dhal and rice** est le repas du quotidien de la Trinité indo-trinidadienne — souvent accompagné d'un bhaji, d'un talkari de légumes, et d'une cuillère de kuchela sur le bord de l'assiette. C'est un plat de tous les jours qui n'a jamais eu de prétention, et c'est probablement pour ça qu'il est le plus universellement aimé du répertoire.
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Sourcer ou se taire
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