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Atlas Culinaire · Trinité-et-Tobago · Amériques
Le sucre qu'on laisse mousser, gonfler et foncer au fond de la marmite â et qu'il ne faut surtout pas laisser noircir, sinon on recommence tout
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Frotte les cubes de bĆuf au citron vert, rince et sĂšche soigneusement â le rĂ©flexe trinidadien s'applique Ă la viande rouge comme Ă la volaille. Pare les morceaux en gardant le gras et les parties nerveuses : c'est le collagĂšne qui, aprĂšs deux heures, donnera Ă la sauce son corps gĂ©latineux. Coupe en cubes gĂ©nĂ©reux de quatre centimĂštres, ils rĂ©duiront Ă la cuisson.
MĂȘle la viande au green seasoning, au sel et au poivre, en massant pour que chaque cube soit enrobĂ©. Couvre et laisse mariner au frais **toute une nuit**, ou au minimum quatre heures. Comme pour le baked chicken, c'est la durĂ©e de marinade qui distingue un plat trinidadien d'une imitation : le bĆuf doit ĂȘtre assaisonnĂ© en profondeur avant mĂȘme de rencontrer le caramel.
Chauffe l'huile Ă feu moyen-vif dans une cocotte Ă fond Ă©pais, puis verse le sucre roux. Il va **fondre**, puis **mousser et gonfler** en bouillonnant, puis **foncer**. Ne le quitte pas des yeux. Coupe la caramĂ©lisation au moment oĂč la mousse vire Ă l'**acajou foncĂ©** et qu'un filet de fumĂ©e s'Ă©lĂšve. Les sources trinidadiennes sont unanimes : s'il devient noir, il faut jeter, laver la marmite et recommencer. Il n'y a aucun rattrapage.
Verse immĂ©diatement les cubes de bĆuf Ă©gouttĂ©s dans le caramel et remue vigoureusement. Ăa crĂ©pite fort, la vapeur monte, et le caramel enrobe la viande en la colorant instantanĂ©ment d'un brun profond. La viande est ici le frein d'urgence du burnt sugar : sa masse froide fait chuter la tempĂ©rature et fige la couleur atteinte. Laisse saisir cinq minutes en remuant, jusqu'Ă ce que tous les cubes soient brun foncĂ©.
Ajoute les oignons en quartiers, l'ail écrasé, le céleri en tronçons, le thym et le ketchup, et laisse revenir trois minutes. Verse le liquide de marinade réservé puis l'eau chaude, jusqu'à couvrir la viande aux trois quarts. Gratte le fond pour décoller tous les sucs. Pose le Scotch bonnet entier à la surface, couvre et baisse à feu doux.
Laisse mijoter Ă couvert, Ă tout petit feu, environ **deux heures**, en remuant de temps en temps et en rallongeant d'eau chaude si nĂ©cessaire. La viande doit devenir fondante et le collagĂšne se transformer en gĂ©latine, ce qui donnera Ă la sauce son corps nappant. Ă une heure trente, ajoute les carottes. C'est un plat qui ne se presse pas : Ă une heure de cuisson, le bĆuf est encore ferme et la sauce encore claire.
Ajoute les pommes de terre en gros morceaux **dans les trente derniÚres minutes** seulement. Mises dÚs le départ, elles se délitent complÚtement et transforment la sauce en purée brune. Ajoutées tard, elles cuisent juste, absorbent la sauce et gardent leur forme. Retire le Scotch bonnet entier avant qu'il ne se perce, goûte et rectifie le sel.
Sers le stewed beef brĂ»lant, avec sa sauce abondante, sur du riz blanc Ă©tuvĂ©, avec des provisions bouillies â igname, dasheen, banane verte â ou du macaroni pie. C'est un plat du dĂ©jeuner de semaine autant que du **Sunday lunch**, oĂč il tient la place que le baked chicken ou le stew chicken occupent le plus souvent. La sauce est le cĆur du plat : Ă Trinidad, on en rĂ©clame toujours une louche de plus.
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Sourcer ou se taire
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