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Atlas Culinaire · Madagascar · Afrique
Le laoka vĂ©gĂ©tarien de la cĂŽte Est â quand le cocotier transforme le plat du plateau
Le tsaramaso est Ă l'origine un plat des Hauts Plateaux malgaches â haricots secs cuits longuement avec des crevettes sĂ©chĂ©es (patsa), associĂ© culturellement aux hommes et surnommĂ© « plat des hommes ». La version voanio, qui substitue le lait de coco aux crevettes sĂ©chĂ©es, est une adaptation Betsimisaraka de la cĂŽte Est oĂč la noix de coco abonde toute l'annĂ©e. Des puristes des Hauts Plateaux, notamment dans la rĂ©gion Merina autour d'Antananarivo, ne reconnaissent pas ce plat comme un vrai tsaramaso, y percevant une dĂ©rive crĂ©ole-rĂ©unionnaise apportĂ©e par les contacts historiques avec l'Ăźle de La RĂ©union et les populations cĂŽtiĂšres indo-arabes. Ă Toamasina et le long de la cĂŽte Est, au contraire, le voanio est unanimement considĂ©rĂ© comme la version supĂ©rieure du plat â plus douce, plus parfumĂ©e, vĂ©gĂ©tarienne complĂšte â et fait office de marqueur identitaire Betsimisaraka assumĂ©. Cette tension entre cuisine de l'intĂ©rieur (sĂšche, sobre, marquĂ©e par l'altitude et la rigueur du plateau) et cuisine cĂŽtiĂšre (humide, parfumĂ©e, gouvernĂ©e par le cocotier) traverse toute la gastronomie malgache et illustre la fracture culturelle profonde entre les ethnies des Hauts Plateaux et celles de la cĂŽte.
Betsa-betsa (biĂšre de canne fermentĂ©e traditionnelle de la cĂŽte Est, lĂ©gĂšrement sucrĂ©e et peu alcoolisĂ©e) ou eau de coco fraĂźche (voanio maintso â coco vert)
Laoka vĂ©gĂ©tarien de base de la cĂŽte Est malgache, prĂ©parĂ© plusieurs fois par semaine dans les foyers Betsimisaraka de Toamasina et des villages cĂŽtiers. Vendu dans tous les hotely (gargotes locales) pour quelques centimes d'ariary la portion avec le riz. Les ingrĂ©dients â haricots secs, noix de coco, tomates, Ă©pices â sont disponibles sur tous les marchĂ©s locaux toute l'annĂ©e.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Rincer les haricots blancs à l'eau froide, les couvrir de 3 fois leur volume d'eau froide dans un grand saladier. Laisser tremper 8 à 12 heures à température ambiante.
Ăgoutter les haricots trempĂ©s. Les couvrir d'eau froide dans une casserole, porter Ă Ă©bullition et laisser cuire 5 minutes Ă gros bouillons. Jeter cette premiĂšre eau, rincer les haricots Ă l'eau froide.
Remettre les haricots dans la casserole, couvrir de 2 fois leur volume d'eau froide. Cuire Ă feu doux-moyen 60 Ă 80 minutes, en ajoutant de l'eau chaude par petites quantitĂ©s si nĂ©cessaire. Les haricots sont prĂȘts quand ils s'Ă©crasent sans rĂ©sistance entre deux doigts. RĂ©server les haricots avec environ 200 ml de leur eau de cuisson.
torrĂ©faction des Ă©pices â Dans une casserole distincte, chauffer l'huile Ă feu moyen. Faire fondre les oignons Ă©mincĂ©s jusqu'Ă transluciditĂ©, environ 5 minutes. Ajouter l'ail Ă©crasĂ©, le gingembre rĂąpĂ©, le curcuma, le curry doux et le demi-bĂąton de cannelle. Remuer 1 minute.
Ajouter les tomates concassĂ©es et les piments sakay verts entiers. Cuire Ă feu moyen 10 Ă 12 minutes en remuant rĂ©guliĂšrement, jusqu'Ă ce que la tomate fonde complĂštement et que l'huile remonte en surface â ce signe visuel indique que la sauce est « cuite » selon la tradition malgache.
Verser les haricots cuits avec leurs 200 ml d'eau de cuisson dans la sauce tomate. Bien mĂ©langer. Verser le lait de coco. Porter doucement Ă frĂ©missement en remuant â ne jamais laisser bouillir fort. Cuire 10 minutes Ă feu doux. Saler uniquement Ă cette Ă©tape.
Retirer le bùton de cannelle et les piments sakay (ou les laisser pour la présentation). Goûter et rectifier l'assaisonnement. Laisser reposer 5 minutes hors feu. Servir généreusement sur du riz blanc malgache (vary fotsy) nature.
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Sourcer ou se taire
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