vers 500 av. J.-C. â Ier siĂšcle apr. J.-C.
PremiÚres migrations austronésiennes, introduction du riz
Les premiÚres populations à s'installer durablement à Madagascar sont venues d'Asie du Sud-Est (actuelle Indonésie et Bornéo), apportant avec elles la riziculture irriguée, les techniques de navigation et des pratiques alimentaires distinctives comme la fermentation et l'usage des épices. Cette vague migratoire, dont la chronologie précise reste débattue par les chercheurs, constitue le socle fondateur de la cuisine malgache. Les données linguistiques et génétiques confirment cet héritage austronésien dominant.
VIIIe â Xe siĂšcle
Influences arabes et swahilies sur les cĂŽtes
Les commerçants arabes et swahilis établissent des comptoirs sur les cÎtes nord et nord-ouest de Madagascar (notamment à Mahilaka, site archéologique majeur), introduisant de nouvelles épices, des techniques de cuisson et le commerce de la viande de zébu. Ces échanges enrichissent la cuisine cÎtiÚre malgache avec des influences islamiques visibles dans certaines préparations de riz épicé proches du pilaf. Les fouilles archéologiques de Mahilaka, menées par des chercheurs comme Henry Wright, attestent de ce commerce actif.
début du XVIe siÚcle
Contact européen, arrivée de nouveaux aliments
Les premiers navigateurs portugais atteignent Madagascar vers 1500, ouvrant l'Ăźle aux Ă©changes avec le monde atlantique. Dans les dĂ©cennies suivantes, des cultures amĂ©ricaines introduites via les routes commerciales portugaises et arabes, comme le manioc, le maĂŻs et la patate douce, commencent Ă intĂ©grer l'alimentation des populations, notamment dans le Sud semi-aride. Ces nouvelles cultures vivriĂšres complĂštent et sĂ©curisent l'alimentation dans les rĂ©gions oĂč la riziculture est difficile.
début du XIXe siÚcle
Royaume merina, codification de la cuisine des hauts plateaux
Sous le rĂšgne du roi Radama Ier et de la reine Ranavalona Ier, le royaume merina des hauts plateaux centralise le pouvoir et affirme une identitĂ© culturelle forte, dont la cuisine est un marqueur. Les grandes cĂ©rĂ©monies royales (fĂȘtes du bain royal, circumcision royale) institutionnalisent des banquets de zĂ©bu et de riz, Ă©tablissant des codes culinaires qui perdurent dans les pratiques festives contemporaines. Les rĂ©cits de voyageurs europĂ©ens de cette Ă©poque, comme ceux de James Hastie, documentent ces pratiques.
fin du XIXe â XXe siĂšcle
Colonisation française, métissage culinaire durable
La colonisation française (1896â1960) introduit de nouvelles techniques culinaires, des lĂ©gumes europĂ©ens (pomme de terre, tomate) et une culture de la boulangerie dans les centres urbains comme Antananarivo. Ce mĂ©tissage donne naissance Ă une cuisine crĂ©ole malgache urbaine, tout en renforçant paradoxalement l'attachement rural au riz et au laoka traditionnel. AprĂšs l'indĂ©pendance en 1960, la cuisine malgache s'affirme comme patrimoine identitaire national distinct des influences coloniales.