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Atlas Culinaire · Afrique du Sud · Afrique
La bière-libation trouble et aigre-pétillante qui appelle les ancêtres, faible en alcool (~2 % ABV).
Deux points tranchés se croisent. D'abord la levure sauvage contre le raccourci sucré : Slow Food défend la version canonique, une fermentation spontanée portée par la levure native tirée de la racine de moerwortel (Glia gummifera), plus des levures et lactobacilles sauvages qui donnent l'aigreur lactique, tandis que la recette grand public de Dorah Sitole assume un raccourci moderne en ajoutant du sucre roux et deux litres de bière de sorgho industrielle pour aider la fermentation. Le point retenu : malt de sorgho et malt de maïs, dont l'amylase saccharifie l'amidon du maïs cuit, fermentation sauvage de deux à trois jours, alcool faible de 1 à 3 %, et rôle rituel amadlozi premier. Ensuite la sécurité sanitaire : Wikipedia rapporte qu'un tiers des bières de sorgho commerciales contiennent des aflatoxines et que les bières maison peuvent porter d'autres mycotoxines, avec une corrélation étudiée aux taux élevés de cancer de l'œsophage au Cap-Oriental, liée au maïs maison mal conservé. Le point retenu : brasser avec un maïs et un sorgho sains et non moisis, et consommer frais en un à trois jours. Sources adossées dans sources[] (fondazioneslowfood.com, taste.co.za, en.wikipedia.org).
Servi frais, jamais glacé, dans une calebasse ou un récipient partagé passé dans le sens horaire ; accompagne les braai, l'umngqusho et la viande des cérémonies ; la première rasade et la libation reviennent aux ancêtres.
9/10 — incontournable de tout rituel xhosa et zoulou (mariage, funérailles, ulwaluko), brassée dans des millions de foyers du Cap-Oriental et des townships, popularisée jusque dans le tube Umqombothi d'Yvonne Chaka Chaka (1988).
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Cuisson — Cuire le porridge de maïs — Fouetter les 500 g de maize meal dans 3 L d'eau bouillante et remuer vingt à trente minutes jusqu'à épaississement. On gélatinise l'amidon pour le rendre attaquable par l'amylase du malt. La texture est celle d'une bouillie lisse et lourde. Laisser ensuite retomber à 60-70 °C. Des grumeaux se corrigent au fouet énergique avec un filet d'eau chaude.
Le pourquoiLa gélatinisation rend l'amidon accessible à l'amylase du malt.
Empâtage — Saccharifier au malt — Incorporer 250 g de malt de sorgho à 60-70 °C et laisser reposer deux à trois heures. L'amylase convertit l'amidon en sucres fermentescibles. Le porridge s'éclaircit et devient nettement plus sucré, le liquide plus fluide au goût malté-doux. Trop chaud au-delà de 75 °C, l'enzyme meurt : refroidir avant d'ajouter le malt.
Le pourquoiL'amylase du malt transforme l'amidon en sucres fermentescibles.
Ensemencement — Refroidir et transférer — Ajouter 2 à 3 L d'eau froide pour descendre à 25-30 °C, verser dans un seau alimentaire et couvrir d'un linge sans fermer. C'est la température de vie des levures et l'oxygène initial les réveille. Le mélange doit être tiède au dos de la main. Trop chaud, attendre ; sous 20 °C, la fermentation s'endort.
Le pourquoiLa température tiède réveille levures et lactobacilles.
Fermentation — Fermenter en aigre — Placer au chaud et à l'abri de la lumière, couvert d'une couverture pour l'isolation. Lactobacilles et levures sauvages travaillent. À vingt-quatre heures, ça bulle activement avec une odeur aigre plaisante de levain ; à trente-six à quarante-huit heures, le bullage est vigoureux, l'aigreur prononcée et le liquide pétillant. Rien à vingt-quatre heures, réchauffer et ajouter une pincée de levure ; une moisissure de surface s'écume avant de remuer et réchauffer.
Le pourquoiLa fermentation lactique et alcoolique développe aigreur et pétillant.
Cuisson — Réserver le starter et cuire — Prélever deux tasses du brassin fermenté et les garder de côté, puis faire mijoter le reste une heure avec 2 L d'eau. La cuisson stabilise et développe le corps tandis que le starter réservé garde les microbes vivants. Le mélange épaissit et un sédiment, l'isidudu, se dépose au fond. Si ça accroche au fond, remuer sans cesse à feu doux.
Le pourquoiLa cuisson stabilise le brassin et développe le corps.
Fermentation — Relancer la fermentation — Refroidir, remettre le starter réservé avec 250 g de malt de sorgho non cuit et de l'eau froide, plus le sucre ou la bière-starter en version Sitole, et remuer à la louche. On réintroduit enzymes et levures actives pour la mousse finale. Le bullage redémarre. Compter vingt-quatre heures.
Le pourquoiLa relance réintroduit levures et enzymes actives pour le pétillant.
Service — Filtrer et servir — Passer à l'intluzo, le filtre en herbe tressée, ou à une passoire fine et une étamine, en pressant, puis laisser reposer trente minutes. On retire les grosses particules tout en gardant l'opacité crémeuse. Le liquide est opaque, beige, crémeux et granuleux, aigre et pétillant, aux notes terreuses de noisette. On sert frais dans le récipient partagé. Trop aigre, boire dès le deuxième jour plutôt que le troisième.
Le pourquoiLe filtrage retire les grosses particules sans clarifier la bière.
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Sourcer ou se taire
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