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Atlas Culinaire · Nicaragua · Amériques
La boisson-repas ancestrale du peuple miskito : le plĂĄtano (vert ou mĂ»r) bouilli puis Ă©crasĂ© Ă LA MAIN et dĂ©layĂ© dans le lait de coco jusqu'Ă l'atol Ă©pais â le wabul, inscrit Ă l'Arche du GoĂ»t de Slow Food, qui nourrit, console et soigne les communautĂ©s du RĂo Coco depuis toujours.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Pelez les plĂĄtanos (incision sur les arĂȘtes, peau levĂ©e par bandes pour les verts) et coupez-les en tronçons. Plongez-les dans l'eau bouillante et cuisez 20 Ă 25 minutes pour les verts, 15 pour les mĂ»rs â la pointe du couteau doit traverser sans rĂ©sistance. Ăgouttez en gardant une tasse d'eau de cuisson. Les tronçons fumants, tendres Ă cĆur, sont la matiĂšre du wabul â travaillez-les chauds, l'Ă©crasement ne pardonne pas le refroidi.
Dans la marmite Ă©gouttĂ©e, Ă©crasez les tronçons chauds au pilon, au « wabul stick » ou Ă la cuillĂšre de bois ferme â le geste documentĂ© est MANUEL : on cherche une purĂ©e rustique oĂč subsistent grain et fibres courtes, pas une crĂšme. Travaillez en appuyant et tournant, quelques minutes de bras â c'est l'effort qui fait le wabul, et les communautĂ©s le font en cadence Ă plusieurs. La purĂ©e doit ĂȘtre homogĂšne Ă l'Ćil mais vivante Ă la langue.
Versez le lait de coco par vagues sur la purĂ©e chaude, en battant Ă la cuillĂšre entre chaque ajout â la purĂ©e se dĂ©lie progressivement en atol Ă©pais, s'Ă©claircit, prend le parfum du coco. Ajustez la consistance avec l'eau de cuisson rĂ©servĂ©e si votre wabul boit trop : la cible documentĂ©e est un liquide ĂPAIS, buvable Ă la tasse mais consistant comme un atol. Sel en pincĂ©e (version verte) ou rien (version mĂ»re). RĂ©chauffez deux minutes Ă feu doux sans bouillir si l'ensemble a tiĂ©di.
Le wabul se sert CHAUD â si le dĂ©layage l'a tiĂ©di, remontez-le deux minutes Ă feu doux en remuant, sans jamais frĂ©mir. C'est aussi la fenĂȘtre du dernier rĂ©glage : trop Ă©pais pour votre tablĂ©e, une vague d'eau de cuisson chaude ; trop fluide, une minute de feu doux de plus en remuant â l'amidon resserre Ă la chaleur douce. La consistance finale se dĂ©cide au moment de servir, jamais avant : le wabul Ă©volue Ă chaque minute qui passe.
Servez CHAUD, en tasses ou en bols, Ă boire et Ă manger Ă la cuillĂšre selon l'Ă©paisseur de votre main. Dans les communautĂ©s miskitos, le wabul est un repas â petit-dĂ©jeuner, collation des travaux, nourriture des convalescents ; en ville, une douceur d'aprĂšs-midi. Servez-le en disant son statut : inscrit Ă l'Arche du GoĂ»t, transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, il est l'un des rares plats de l'Atlas dont la recette n'a probablement pas changĂ© depuis des siĂšcles. Il ne se garde pas â le wabul se fait et se boit.
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