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Atlas Culinaire · Bolivie · Amériques
Le bouillon le plus pur de l'Altiplano â poisson du Titicaca, herbe k'oa et pas une once d'ingrĂ©dient venu d'Espagne.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
On commence par Ă©cailler et vider les karachis (ou leur substitut) sous l'eau froide, en gardant les tĂȘtes qui enrichiront le bouillon â un geste hĂ©ritĂ© des familles aymaras qui ne jettent jamais rien du poisson. Le bouillon final doit rester relativement clair, donc un poisson bien vidĂ© Ă©vite les impuretĂ©s.
Dans une marmite avec un peu d'huile, on fait revenir l'oignon rĂąpĂ© ou finement hachĂ© avec l'ail Ă©crasĂ©, l'ajĂ amarillo moulu et le cumin, en remuant sans arrĂȘt pendant environ 5 minutes. C'est cette base qui donne sa couleur dorĂ©e et sa profondeur au bouillon avant mĂȘme d'ajouter l'eau.
On verse les deux litres d'eau bouillante sur le sofrito, on sale, puis on ajoute la brindille de k'oa lavĂ©e et on laisse infuser 15 Ă 30 minutes Ă petits bouillons. C'est le moment oĂč l'identitĂ© andine du plat se construit â sans le k'oa, on obtiendrait un bouillon de poisson quelconque.
On plonge dĂ©licatement le poisson dans le bouillon frĂ©missant et on laisse cuire 5 Ă 10 minutes maximum selon la taille â le karachi cuit trĂšs vite et se dĂ©fait si on le laisse trop longtemps. On surveille la chair qui doit rester nacrĂ©e et tenir sur l'arĂȘte.
Dans une seconde marmite, on cuit les pommes de terre pelĂ©es Ă l'eau salĂ©e jusqu'Ă ce qu'elles soient tendres sous la pointe d'un couteau, environ 20 minutes. La tradition impose cette cuisson Ă part du poisson â jamais dans le mĂȘme bouillon â pour garder chaque Ă©lĂ©ment net au moment du dressage.
Le chuño préalablement remoué toute une nuit est cuit à l'eau salée dans sa propre casserole jusqu'à devenir tendre, environ 15 à 20 minutes. C'est l'ingrédient le plus ancien de la recette, hérité des techniques de lyophilisation andine pré-hispaniques.
Dans chaque bol creux, on dispose 3 Ă 4 poissons, deux pommes de terre et une portion de chuño, puis on verse le bouillon chaud par-dessus au moment de servir â jamais avant, pour garder chaque Ă©lĂ©ment net et le poisson intact. C'est ce geste de service en trois temps qui distingue visuellement le wallake d'une soupe classique.
On propose à cÎté une llajwa (sauce pimentée fraßche à la tomate) et des quartiers de citron pour que chacun ajuste le piquant et l'acidité selon son goût, une pratique trÚs répandue sur les marchés de La Paz. Ce geste final personnalise un plat par ailleurs trÚs codifié dans sa préparation.
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