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Atlas Culinaire · Corée du Nord · Asie
Losanges dorés à la friture puis laqués de miel et de gingembre, âme sucrée des offrandes de jesa et des fêtes nationales coréennes
La question de l'origine géographique du yakgwa divise les historiens culinaires coréens depuis des décennies. Jang Jae-hong, dans son étude publiée par le National Folk Museum of Korea (2018, 민속원), soutient que le yakgwa est apparu sous Goryeo (918–1392) comme offrande bouddhiste, avant que le bouddhisme soit interdit sous Joseon, ce qui en aurait fait une confiserie laïque de prestige. En revanche, Yi Seong-u (『한국음식문화사』, Gyomunsa, 2015, ISBN 9788963192344) défend une origine confucéenne dès la période proto-Joseon, associée aux rites ancestraux jesa, et conteste que la friture dans l'huile ait existé au niveau bouddhiste avant le XIIIe siècle. L'Encyclopédie de la culture coréenne (encykorea.aks.ac.kr/Article/E0036100) tranche partiellement en situant la première mention écrite dans le Goryeosa (고려사), sans conclure sur l'origine rituelle exacte. En DPRK, les publications officielles comme la 조선료리전집 (1994, Pyongyang) intègrent le yakgwa dans le patrimoine culinaire national sans référence à ses racines religieuses bouddhistes, effaçant délibérément la dimension cultuelle pour valoriser la dimension festive populaire.
Okryu-gwan sungnyung (숭늉, eau de riz grillé) ou thé de chrysanthème (국화차) — la légère amertume équilibre le miel laqué
Le yakgwa figure parmi les confiseries coréennes les mieux documentées sur le plan historique : sa première mention écrite remonte au Goryeosa (고려사, chronique officielle de la période Goryeo, 918–1392), et il est attesté dans de nombreux manuels culinaires Joseon (이조궁정요리통고, 1957). En Corée du Sud, une renaissance du yakgwa artisanal depuis 2019 en a fait un phénomène viral (terme « yakgwa craze » documenté par Korea JoongAng Daily, 2022) avec apparition dans les cafés branchés de Seoulet sur les réseaux sociaux (#약과 dépassant 500 000 publications sur Instagram). En DPRK, sa production est maintenue dans les unités de restauration d'État pour les grandes fêtes nationales (태양절 15 avril, 광명성절 16 février) selon les témoignages de transfuges documentés par Daily NK et le Korea Institute for National Unification (KINU).
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Râper finement le gingembre frais et presser la pulpe dans une petite passoire pour en extraire le jus pur, en écartant les fibres. Mélanger dans un bol l'huile de sesame, le miel, l'alcool de riz et le jus de gingembre jusqu'à obtenir un mélange homogène et légèrement émulsionné. La présence de l'alcool va détendre les protéines du gluten lors du pétrissage, garantissant une texture friable et feuilletée après friture plutôt que dure.
Tamiser la farine et le sel dans un grand bol. Verser le mélange liquide au centre en une seule fois et mélanger avec une spatule en effectuant des gestes enveloppants, sans jamais appuyer ni frotter. La pâte doit se rassembler en masse souple sans être pétrie : travailler le moins possible le gluten est le secret d'un yakgwa qui gonfle et reste aéré après friture. La consistance finale rappelle une pâte sablée légèrement collante mais non humide.
Envelopper la pâte dans du film alimentaire et laisser reposer au réfrigérateur pendant 30 minutes minimum ; ce repos détend le gluten résiduel et facilite l'abaisse sans rétraction. Sortir la pâte, la travailler brièvement à la main pour la rendre souple, puis l'étaler au rouleau sur un plan légèrement fariné jusqu'à une épaisseur régulière de 8 à 10 mm. Une épaisseur uniforme est essentielle pour une cuisson homogène : les zones trop minces brûleront tandis que les zones épaisses resteront crues.
Découper la pâte en losanges ou rectangles de 4 cm × 3 cm à l'aide d'un couteau ou d'un emporte-pièce. Avec une baguette ou un pic en bois, percer 3 à 5 petits trous sur chaque pièce : ces perforations permettent à l'huile chaude de circuler à l'intérieur lors de la friture et facilitent le gonflement de la pâte, tout en laissant ensuite pénétrer le sirop de miel lors du trempage. Cette étape est traditionnellement associée aux motifs floraux de chrysanthème dans les versions Joseon de prestige.
Chauffer l'huile végétale dans une casserole large à parois hautes jusqu'à 140–145°C, mesurés au thermomètre de cuisson. Plonger les pièces de pâte en plusieurs fois sans surcharger la casserole (maximum 8 à 10 pièces simultanément). La cuisson se fait en deux temps : les yakgwa remontent lentement à la surface (signe que la pâte gonfle) et dorent progressivement en 12 à 15 minutes ; retourner à mi-cuisson. La couleur finale doit être brun doré uniforme, jamais brun foncé.
Pendant la friture, préparer le sirop de trempage en portant doucement le miel et l'eau à 60–65°C dans une petite casserole — jamais à ébullition, qui dégraderait les arômes volatils du miel. Ajouter les tranches de gingembre et la cannelle, infuser hors du feu 10 minutes puis retirer les solides. Le sirop doit rester fluide (consistance nappage léger) pour que les yakgwa puissent s'en imprégner jusqu'au cœur : un sirop trop épais enrobe sans pénétrer.
Égoutter les yakgwa frits sur papier absorbant 2 minutes pour retirer l'excès d'huile, puis les transférer directement dans le sirop de miel tiède (50–55°C). Laisser tremper 20 à 30 minutes en retournant délicatement à mi-temps : les yakgwa absorbent le sirop par capillarité à travers les perforations, se gorgeant d'un miel parfumé jusqu'au cœur. Ce trempage prolongé est la signature qui distingue le yakgwa des simples biscuits frits et lui confère sa texture unique, à la fois croustillante en surface et moelleuse-sucrée à l'intérieur.
Sortir les yakgwa du sirop, les disposer sur une grille pour égoutter l'excès de sirop pendant 5 minutes. Déposer sur chaque pièce 2 à 3 demi-pignons de pin en les appuyant légèrement pour qu'ils adhèrent au sirop encore légèrement collant. En contexte nord-coréen de fête nationale (태양절, 광명성절), les yakgwa sont traditionnellement présentés sur des plateaux laqués rouges et noirs en arrangement régulier de rangées parallèles, évoquant l'ordre et la prospérité collectives. Laisser refroidir complètement avant de servir ou d'emballer.
Les yakgwa sont servis à température ambiante, jamais chauds. Dans le contexte des offrandes jesa ancestrales et des fêtes Juche en DPRK, ils sont placés sur la table rituelle (jesa-sang) parmi les autres confiseries d'offrande (dasik, injeolmi, gyeongdan) selon un agencement codifié. La brillance dorée du laquage de miel est considérée comme signe de prospérité et de respect envers les ancêtres ou les figures honorées. Compter 3 à 4 pièces par personne pour une dégustation cérémonielle accompagnée de sungnyung ou thé de chrysanthème.
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