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Atlas Culinaire · Comores · Afrique
PĂąte levĂ©e coulĂ©e en spirales dans l'huile bouillante, plongĂ©e chaude dans un sirop Ă l'eau de rose â sucrerie-phare des marchĂ©s du Ramadan comorien
La zalbiyi comorienne (nom local de la zlabia/jalebi) se distingue nettement de la version maghrĂ©bine par plusieurs choix techniques. La question la plus dĂ©battue dans la communautĂ© comorienne porte sur le sirop de trempage : l'Ă©cole classique (Ngazidja) utilise un sirop de sucre blanc parfumĂ© Ă l'eau de rose ou Ă l'eau de fleur d'oranger, hĂ©ritage direct de la route commerciale omanaise (IXe siĂšcle, Kitab al-Tabikh). L'Ă©cole insulaire (Ndzuani, Mwali) substitue partiellement ou totalement le sirop au miel local ou au sirop de coco, marqueur de l'ancrage est-africain et malgache. Selon Wikipedia (article Zalabiyeh), la zlabia nord-africaine plonge dans un sirop au miel et Ă l'eau de rose, tandis que la version maghrĂ©bine prĂ©fĂšre la fleur d'oranger et le safran. Aux Comores, la cardamome verte â Ă©pice signature de l'archipel â est ajoutĂ©e dans la pĂąte, choix absent dans les versions algĂ©riennes ou tunisiennes. L'autre point de controverse est la durĂ©e de fermentation : certaines recettes comoriennes prĂ©conisent 1 heure (version rapide de marchĂ©), d'autres 24 heures pour dĂ©velopper une lĂ©gĂšre aciditĂ© (version maison de Ramadan). Les deux donnent des rĂ©sultats diffĂ©rents â la longue fermentation produit une texture plus aĂ©rĂ©e et un profil aromatique lĂ©gĂšrement lactique.
ThĂ© Ă la cardamome (shayi ya iliki), thĂ© vert Ă la menthe ou cafĂ© comorien fort sans sucre â le contraste amer-sucrĂ© est structurant. Un verre d'eau fraĂźche nature convient aussi, contexte islamique comorien oblige.
PopularitĂ© de 8/10 : trĂšs prĂ©sente dans les marchĂ©s de Ramadan aux Comores (Moroni, Mutsamudu, Fomboni), vendue par des marchandes spĂ©cialisĂ©es (souvent des femmes) qui prĂ©parent des centaines de piĂšces par nuit pour le ftour. La zalbiyi est absente des repas quotidiens hors Ramadan â son ancrage saisonnier est total. Wikipedia (article Zlabia) confirme sa prĂ©sence en Afrique de l'Est : Zanzibar, RĂ©union, Comores, Mayotte, toutes zones marquĂ©es par l'influence commerciale omanaise du IXe siĂšcle.
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Dissoudre la levure sĂšche dans 50 ml d'eau tiĂšde (35-38 °C) avec une pincĂ©e de sucre. Laisser reposer 5 minutes jusqu'Ă apparition d'une mousse active â si la levure ne mousse pas, elle est morte, ne pas continuer. Dans un saladier, tamiser ensemble la farine et la fĂ©cule de maĂŻs. Ajouter la cardamome moulue, le sel, le yaourt, puis l'eau restante et la levure activĂ©e. Fouetter vigoureusement du centre vers les bords pendant 3 minutes pour lisser tous les grumeaux. La pĂąte doit ĂȘtre fluide comme une pĂąte Ă crĂȘpe Ă©paisse : elle doit s'Ă©couler en ruban continu du fouet sans se casser.
Couvrir le saladier avec un film alimentaire ou un torchon propre humide. Placer dans un endroit chaud (25-28 °C) et laisser fermenter au minimum 1 heure pour la version rapide de marchĂ©, ou 24 heures au rĂ©frigĂ©rateur puis 30 minutes Ă tempĂ©rature ambiante pour la version maison de Ramadan. La pĂąte doit doubler de volume et prĂ©senter des bulles en surface â signe que la fermentation est active. Plus longue, la fermentation dĂ©veloppe une lĂ©gĂšre aciditĂ© et une texture plus aĂ©rĂ©e. MĂ©langer doucement avant usage pour chasser le gaz carbonique excĂ©dentaire.
MĂ©langer dans une casserole le sucre et l'eau froide. Porter Ă feu moyen en remuant jusqu'Ă dissolution complĂšte, puis laisser frĂ©mir sans remuer 10 Ă 12 minutes jusqu'Ă obtenir un sirop lĂ©gĂšrement collant (115 °C au thermomĂštre, ou test de la nappe sur la cuillĂšre). Ajouter le jus de citron Ă mi-cuisson pour prĂ©venir la cristallisation. Hors du feu, incorporer l'eau de rose â ajouter en cuisson ferait s'Ă©vaporer les arĂŽmes. Facultatif : le miel de la variante Ndzuani s'ajoute aussi hors feu. Maintenir le sirop tiĂšde Ă couvert.
Verser 4 Ă 5 cm d'huile dans une sauteuse large ou une petite friteuse. Chauffer Ă 170-175 °C (vĂ©rifier avec un thermomĂštre de cuisson). Ă dĂ©faut de thermomĂštre, tester avec une goutte de pĂąte : elle doit remonter immĂ©diatement Ă la surface et dorer en 90 secondes. Ne pas dĂ©passer 180 °C. Travailler en petites sĂ©ries de 2 Ă 3 spirales pour maintenir la tempĂ©rature de l'huile stable â une huile surchargĂ©e refroidit et fait gorger les piĂšces.
TransfĂ©rer la pĂąte fermentĂ©e dans une bouteille souple propre avec un trou de 4 Ă 5 mm. Au-dessus de l'huile chaude, presser la bouteille rĂ©guliĂšrement et tracer un cercle du centre vers l'extĂ©rieur en mouvement continu, formant une spirale de 10 Ă 12 cm de diamĂštre. Le geste doit ĂȘtre ferme et constant â toute hĂ©sitation crĂ©e une rupture dans la spirale. La pĂąte se fige presque instantanĂ©ment au contact de l'huile.
Laisser frire chaque spirale 2 Ă 3 minutes d'un cĂŽtĂ© jusqu'Ă coloration dorĂ©e, puis retourner Ă l'aide d'une pince ou de deux baguettes et frire encore 1 Ă 2 minutes. La zalbiyi est prĂȘte quand elle est uniformĂ©ment dorĂ©e, ferme au toucher et lĂ©gĂšrement gonflĂ©e. Elle doit flotter librement dans l'huile â si elle colle au fond, l'huile n'est pas assez chaude. Ăgoutter briĂšvement sur une grille, jamais sur du papier absorbant qui ferait ramollir la croĂ»te.
TransfĂ©rer chaque zalbiyi directement de la friteuse dans le sirop tiĂšde (40-50 °C). La laisser tremper 20 Ă 30 secondes en la retournant dĂ©licatement Ă mi-trempage avec deux fourchettes. Le contraste thermique chaud-tiĂšde force le sirop Ă pĂ©nĂ©trer dans la pĂąte croustillante. Ăgoutter sur une grille posĂ©e au-dessus d'un plat â l'excĂšs de sirop s'Ă©coule mais la pĂąte reste imprĂ©gnĂ©e. Ne jamais tremper dans un sirop froid (le sirop fige en surface sans pĂ©nĂ©trer) ni dans un sirop trop chaud (la zalbiyi se dĂ©fait).
Disposer les zalbiyi sur un grand plateau ou dans un plat commun, encore tiĂšdes. Elles peuvent ĂȘtre saupoudrĂ©es facultativement de noix de coco rĂąpĂ©e â touche insulaire â ou d'une pincĂ©e de cardamome. Servir dans les 20 minutes suivant la prĂ©paration pour conserver la croustillance. Aux marchĂ©s comoriens de Ramadan (notamment Ă Moroni et Mutsamudu), elles sont vendues encore chaudes par dizaines dans des cornets de papier, consommĂ©es debout au moment du ftour (rupture du jeĂ»ne) Ă la tombĂ©e de la nuit.
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